Millésime N°32 : EnJin Sentai GŌ-ONGER ( 2008 ) :
Pour fixer les idées, définissons les sentai en une phrase : « escadrons de cinq justiciers qui combattent le mal en se métamorphosant, avec un vaste attirail d’armes, véhicules, nefs et robots hébergés dans une base ». Les saisons sentai sont sans rapports entre elles : il n’y a pas de continuité scénaristique entre les sentai ou entre leurs ennemis, sauf entre Denjiman et Sunvulcan ( et encore seulement par la reine Hedrian ), et dans les cross-overs systématiques depuis Oh-ranger (N°19, 1995).
En 2006, trente ans après leur création, la saga sentai compte pas moins de 30 millésimes, soit 30 escadrons et 162 héros très exactement, sans parler des personnages annexes et secondaires, robots, des méchas et nefs, des ennemis (+200) et monstres (+1500), et de toutes ces particularités propres à chaque série. En voici la liste complète, avec ordinal et année de début de diffusion ( en général de février an N à janvier N+1 ) :
N°1 • 1975-76 : Himitsu Sentai GORANGER N°2 • 1977 : JAKQ Dengeki Tai N°3 • 1979 : BATTLE FEVER J N°4 • 1980 : Denji Sentai DENJIMAN N°5 • 1981 : Taiyō Sentai SUNVULCAN N°6 • 1982 : Dai Sentai GOGGLE FIVE N°7 • 1983 : Kagaku Sentai DYNAMAN N°8 • 1984 : Chō Denshi BIOMAN N°9 • 1985 : Dengeki Sentai CHANGEMAN N°10 • 1986 : Chō Shinsei FLASHMAN N°11 • 1987 : Hikari Sentai MASKMAN N°12 • 1988 : Chōjū Sentai LIVEMAN N°13 • 1989 : Kōsoku Sentai TurboRANGER N°14 • 1990 : Chikyū Sentai FIVEMAN N°15 • 1991 : Chōjin Sentai JETMAN N°16 • 1992 : Kyōryū Sentai JŪRANGER N°17 • 1993 : Gosei Sentai DAIRANGER N°18 • 1994 : Ninja Sentai KAKURANGER N°19 • 1995 : Chō riku Sentai OH-RANGER N°20 • 1996 : Gekiso Sentai CARRANGER
N°21 • 1997 : Denji Sentai MEGARANGER N°22 • 1998 : Seijū Sentai GINGAMAN N°23 • 1999 : Kyukyu Sentai GOGO FIVE N°24 • 2000 : Mirai Sentai TIMERANGER N°25 • 2001 : Hyakkuju Sentai GAORANGER N°26 • 2002 : Ninja Sentai HURRICANGER N°27 • 2003 : Bakuryū Sentai ABARANGER N°28 • 2004 : Tokusō Sentai DEKARANGER N°29 • 2005 : Mahō Sentai MAGIRANGER N°30 • 2006 : Gō Gō Sentai BŌKANGER N°31 • 2007 : Jūken Sentai GEKIRANGER N°32 • 2008 : EnJin Sentai GŌ-ONGER
Goranger et JAKQ furent créées par Ishinomori Shotarō (1938–1998), alors en pleine lancée créative chez Tōei : • les Kamen Rider depuis 1971, tous en tons verts, noirs et ocres ; • héros solo, en dominante bleue, Kikaider (1972) ; Kikaider-01, Robotto Keiji et Inazuman tous en 1973 ; Inazuman Flash en 1974 ; • groupes de héros : Robocon (1974) ; Uchū Tetsujin Kyōdain et Akumaizer-3 (1975) ; Chōjin Bibyūn (1976)…
LE COCKTAIL SENTAI
Avec plusieurs milliers de personnages, une petite typologie historique sentai est bienvenue en sus des nombreux sites et publications spécialisées ( amateurs ou professionnels ) qui regorgent de présentations détaillées où le fan trouvera son bonheur. Ce dossier s’est concentré sur les trois points suivants : 1. différences et similitudes entre les différents sentai ; 2. détail des voitures, bases, nefs, méchas et robots ; 3. influences d’autres anime et tokusatsu antérieurs. En effet, et c’est une des valeurs ajoutées de ce dossier, on verra que les sentai n’auraient jamais vu le jour les séries qui leurs sont antérieures, et comment au fil des ans les sentai ont synthétisé ou copié tout l’attirail développé pour les séries destinées à la jeunesse nippone, en particulier celui des propres studios Tōei.
1. Le Club des Cinq Hormis Sunvulcan (N°5, 1981), et les premiers épisodes de Liveman (N°12, 1988) et Hurricanger (N°26, 2002), tous les escadrons sentai comptent cinq justiciers à la base, respectant le nombre initial de la première série Goranger (1975) ; un sixième membre est parfois introduit depuis Maskman (N°11, 1987). L’idée de cinq date de 1972 par la célèbre série Kagaku Ninjatai Gatchaman ( Tatsunoko ), la première série animée de groupe et connue en Occident sous les noms de Bataille des Planètes et G-Force ; Jetman (N°15, 1991) lui rend hommage :
 
Autrement, jusqu’à l’explosion des héros tokusatsu à partir de 1975, les justiciers n’étaient que des héros en solo, à l’exception des triades Triple Fighter (1972) et Akumaizer 3 (Tōei, 1975). Pour plus de details, cf. Panorama Tokusatsu 1970s.
  2. Couleurs
Pour se démarquer de tous ses autres héros, le prolifique Ishinimori opta pour un style et des combinaison déclinées en cinq couleurs ‘primaires’, facilement reconnaissables : rouge, bleu, jaune, vert et rose. Là encore, Gatchaman semble avoir été un précédent fécond avec, pour chacun des protagonistes, son casque et sa visière, ses bottes et ses gants, tous assortis à une couleur donnée qui symbolise un caractère ou le sexe du personnage.
Ainsi chez les sentai, le chef est toujours en rouge ( couleur qui attire l’œil le plus ), les noirs ou bleus jouant souvent les seconds rôles juste après le chef. La femme de l’équipe est presque toujours en rose, voire jaune, bleu ou blanc quand il y en deux. Jusqu’à MagiRanger (N°29, 2005), cela fait 162 protagonistes, avec une fréquence de couleur décomposée comme suit : 31 Rouges : 19,1% ; 30 Bleus : 18,5% ; 27 Jaunes : 17% ; 22 Roses : 13,6% ; 17 Verts : 10,5% ; 17 Noirs : 10,5% ; 9 Blancs : 5,6% ; 2 Argents : 1,2% ; 1 or : 0,6% ; 1 orange : 0,6% ; 1 pourpre : 0,6% ; 4 varia : 2,5 %.
3. Casques & Costumes Les héros masqués datent de Gekko Kamen (1958) : comme pour les guerriers du Japon féodal, le casque est la partie la plus emblématique des héros sentai, car les humains se reconnaissent entre eux par le visage. Mais les années passant, et avec 162 personnages créés, il est difficile de se renouveler ; alors on reprend périodiquement les bonnes vieilles recettes, comme le montre la typologie suivante : • les motifs originaux de GoRanger et de JAQK n’ont jamais été repris ; • au Japon, normal de s’inspirer de l’électronique, avec circuits visibles au-dessus de la visière : Denjiman (N°4, 1980) ; Bioman (N°8, 1984) ; Megaranger (N°21, 1997). ( la fenêtre à la jonction front/crâne figure dans bien d’autres sentai )
 

• au Japon, pays de l’automobile, quoi de plus normal que les gentils sentai défendent son industrie ( Mazda fut longtemps le sponsor officiel, cf. logo dans les génériques ). Exemples de TurboRanger (N°13, 1989) et CarRanger (N°20, 1996) :
 
• au Japon, quoi de plus normal aussi que de s’inspirer des ninjas et des arts martiaux, dont tous les sentai pratiquement ont des armes dérivées et modernisées. Pour l’apparence ninja, voir en particulier : Maskman (N°11, 1987) ; Kakuranger (N°18, 1994) ; Hurricanger (N°26, 2003) :
 
• la pharmacopée sino-japonaise puisant chez les animaux qui symbolisent souvent force ou habilité, les motifs animaliers sont très présents chez les sentai : Sunvulcan (N°5, 1981) ; Liveman (N°12, 1988) ; Jetman (N°15, 1991) ; Dairanger (N°17, 1993) ; Gingaman (N°22, 1998) ; Gaoranger (N°25, 2001) ; Magiranger (N°29, 2005) :
 




Et puis avant l’ère quaternaire, il y avait eu d’autres règnes animaux. Donc eux sentai à motifs dinosauriens : Jūranger (N°16, 1992) et Abaranger (N°27, 2003)
 
On peut aussi distinguer les casques selon d’autres critères : • motif géographique et/ou mythologique : Goggle V (N°6, 1982) ; Changeman (N°9, 1985) ; Dairanger (N°17, 1993) ; Oh-Ranger (N°19, 1995) • lèvres figurées ou non : outre ceux de Denjiman (N°4, 1980), Bioman (N°8, 1984), Jūranger (N°16, 1992), Carranger (N°20, 1996) et Gingaman (N°22, 1998), il y a aussi Battle Fever (N°3, 1979), Goggle V (N°6, 1982) et Timeranger (N°24, 2000) :
 
4. Métamorphose Contrairement à Clark Kent qui doit se déshabiller en cachette avant s’envoler en Superman, les sentai se métamorphosent par henshin ( l’idée apparaît en 1971 avec Kamen Rider ), souvent à l’aide d’un petit appareil ( montre, téléphone portable, gadget, etc. ). Exemple de Dairanger (N°17, 1993), sens de lecture japonais :

5. Monstres
Il y en a trois types principaux : • la fine fleur que sont les dirigeants et lieutenants du clan ennemi, qui ne disparaissent généralement qu’en fin de série ; • les monstres proprement dits, qui s’attaquent individuellement chaque semaine au monde humain ; • et la soldatesque, en plusieurs exemplaires et en costumes simplifiés.
Lar Deus dans Flashman (N°10, 1986) et Bandora dans Jūranger (N°16, 1992) :
 
Exemples de monstres dans JAKQ (N°2, 1978) et Goggle V (N°6, 1982) :
 
Autre idée tirée des Kamen Rider, les ennemis sosies (quasi) des sentai. Exemples des Nejiranger contre les Megaranger (N°21,1997), Shadow Jetman et Neo Jetman contre Jetman (N°15,1991), Hana Ninja contre les Kakuranger (N°18, 1994):

  
Exemples de soldats dans Dairanger (N°17, 1993) et Kakuranger (N°18, 1994), passablement inspirés de la toile Le Cri du peintre norvégien Edvard Munch :
  
Le scénario de base de chaque épisode est le combat des sentai contre un ou plusieurs monstres hideux, souvent tirés de l’univers dantesque de Go Nagai ( cf les monstres de la série Devilman et des divers Mazinger et Getter ) ou du prototype Godzilla. Godzilla est un tokusatsu célèbre (Tōhō, 1954), un dinosaure cracheur de feu comme conséquence de la bombe atomique, et qui de ce fait a toute la sympathie des Japonais : ce parangon de l’imaginaire nippon a ensuite fait beaucoup d’émules, et constitue aussi une saga de longs-métrages qui sortent périodiquement au cinéma encore aujourd’hui :
 
En dépit de son apparence, Godzilla n’est pas un ennemi des Humains, et comme les séries sentai sont destinées à la jeunesse, les méchants monstres qui lui ressemblent plus ou moins ne font jamais de mal aux gentils héros, du moins pas longtemps. Ils monstres explosent donc hebdomadairement à la fin chaque épisode, selon la formule initiée par un autre tokusatsu, Marine Kong (1960).
Mais à partir de Battle Fever (N°3, 1979), après combattre les sentai, les monstres deviennent furax et grandissent homothétiquement en géants ( daikaijū ), façon Ultraman (Tsuburaya, 1966), 1ère saga japonaise de super héros par la chronologie :
 
Dans les séries ultérieures, les sentai combattent parfois des personnages annexes, sans liens avec l’ennemi identifié à la série. »»» Suite dossier Super SENTAI Saga INTRO 2/3 : Super Robots
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