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 | MARTIALIS Marcus Valerius, dit MARTIAL | | Epigrammes | | | [27] Arléa
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160 pages - 12,96 € ISBN 10: 2-86959-529-8
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| Texte | Iconographie | Pertinence | Objet | Informatif/Intéressant
Pagination > 450 p.
Historicisant
Universitaire
Appareil critique
| Cartes
Dessins / Croquis
Photos / Reproductions
Quadrichromie
Griffe originale
| Concision
Cohérence
Esprit / Génie
Pluridisciplinaire
Sujet original
| Cartonné / Relié
Grand format
Papier spécial
Maquette / Typographie
Autres / Cachet
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Esprit libre que celui de Martial qui n'eut peur ni des mots ni des images. A ses épigrammes vertement licencieux s'ajoute un sens féroce de la répartie, propre à pourfendre quiconque. Voici une sélection de son oeuvre, avec traductions littérale et versifiée, parfois discutables. Comme Catulle dont il s'est parfois réclamé, cet ami de Juvénal, de Quintilien et de Pline le Jeune, n'avait la langue dans sa poche et savait retourner une situation par simple habilité de la langue. Cela présuppose chez lui un esprit vif et une intelligence peu commune, à en juger par le faible nombre d'auteurs à faire montre de pareil talent.
Le présent Ouvrage
La préface et les notes sur Martial (38 ?/41? - 101 ?/104? ) et l'épigramme, toutes de Dominique Noguez, permettent de mieux situer le personnage et son œuvre, sans viser à l'exhaustivité. A l'image du reste de l'œuvre du Romain ( né en Hispanie, comme Sénèque dont il est contemporain ), la majorité des épigrammes retenues ici portent sous la ceinture, et avaient de quoi irriter ou laisser interdit ses récipiendaires ; exemple :
Ta queue, Léon, est aussi grande Qu'est long ton nez. Ainsi peux-tu, dès que tu bandes, La renifler (VI, 36)
Le principal intérêt de ce recueil est dans la présentation tripartite des épigrammes : la version latine est suivie d'une traduction littérale, avec en belle page la traduction versifiée de l'auteur qui, ici ou là, s'est effacé devant d'illustres prédécesseurs comme Marot ou Voltaire. Ce triple agencement est précieux, car il permet : 1. un bon aperçu de la concision et de la richesse du latin ; 2. une meilleure saisie de l'esprit original ; et 3. une confrontation entre l'original et le rendu du traducteur.
Naturellement, on peut regretter une anthologie au lieu de l'œuvre entier, car pourquoi se priver du reste ? Certes, c'est le privilège de l'éditeur et de Dominique Noguez, mais cela, ajouté à ses libres adaptations, privent cette version de toute prétention éventuelle à devenir une référence, malgré la qualité de certaines traductions telles les deux suivantes, la première précédée de sa traduction littérale :
. « Mais que nos années soient bien comptées et que soit ôté du meilleur de notre vie tout ce qu'en ont enlevé les sombres fièvres ou le lourd abattement ou le méchantes douleurs : nous sommes des enfants et nous semblons des vieillards (p.94) ».
Si nous comptons bien nos années et séparons Les jours que nous ont pris la sombre dépression, Les pénibles fièvres et les douleurs cruelles De ce qui, dans la vie, fut la meilleure part, Nous sommes des enfants dans la peau de vieillard (VI, 70)
. Tu veux, Polla, cacher les rides de tes flancs En les masquant avec de la pâte de fèves. Cet emplâtre peut tromper la vue, pas mes lèvres. Petit mal que l'on cache n'en paraît que plus grand (III, 42)
Passons maintenant aux traductions et adaptations.
. Le célèbre « tu [me] poursuis, je [te] fuis ; tu [me] suis, je [te] poursuis. Tel est mon tempérament : je ne veux pas ton 'je veux [bien]', Dindyme, je veux ton 'je ne veux pas' » a été rendu ainsi :
« Tu me cherches, je fuis ! Tu fuis, Je te cherche ! C'est mon problème : Je n'aime pas quand tu dis oui ; Mais quand tu dis non, ah ! que j'aime ! »
La recherche du quatrain en octosyllabes rimés a inutilement alourdi l'exposé, avec en outre une déplorable scission et d'un renvoi du second élément au vers suivant. S'agissant en traduction de rendre le sens autant que l'esprit de l'original, voici une version toute personnelle, rimée et en alexandrins :
Tu me suis, je te fuis, Tu me fuis, je te suis, Ainsi fait que je n'aime que quand tu me fuis…
Le choix de faire moderne a aussi mené Dominique Noguez a opérer des substitutions pour le moins discutables. En effet, pourquoi remplacer des noms courants ( Quintus, etc. ) par des noms français sans lien étymologique ? Dans certains cas, leur conservation aurait maintenu la saveur ; dans les autres, leur omission aurait été préférable, comme cela a d'ailleurs été fait quelquefois.
Et pire, pourquoi introduire des anachronismes comme « psychanaliste », « harakiri », « Brésil », « Mallarmé » ou « Alain » à la place des référents latins ? La recherche de la simplicité ou de l'aisance pour le lecteur moderne n'avait pas besoin d'artifices aussi frustes ! Et quand bien même le lecteur serait ignare ou ne penserait pas que l'Arménie était perçue des Romains comme aussi loin que le Brésil pourrait l'être de nos jours, une note de bas de page suffisait amplement.
En somme, cette anthologie côtoie le bon avec beaucoup de mauvais, et on peine à lui trouver une justification vraiment valable… Erwan L'HELGOUACH © 2004-2007 - Les Beaux Esprits Se Rencontrent (LBESR) : Archivé édition N°3 : 03.VII.04 * * *
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