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 | CASTELLANOS MOYA Horacio | | Le Dégoût | | Thomas Bernhard à San Salvador | Titre original : El Asco, Thomas Bernhard en San Salvador | [14] Allusifs (Les)
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98 pages - 14 € ISBN 10: 2-922868-12-5
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| Texte | Iconographie | Pertinence | Objet | Informatif/Intéressant
Pagination > 450 p.
Historicisant
Universitaire
Appareil critique
| Cartes
Dessins / Croquis
Photos / Reproductions
Quadrichromie
Griffe originale
| Concision
Cohérence
Esprit / Génie
Pluridisciplinaire
Sujet original
| Cartonné / Relié
Grand format
Papier spécial
Maquette / Typographie
Autres / Cachet
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Un exilé au Canada, revenant au Salvador, livre un monologue pétulant d'une noirceur emplie de haine envers son ancien pays, ses compatriotes, sa famille et ses habitudes, sans jamais donner les raisons de tant de hargne. Une déblatération violente et apparemment gratuite. Edgardo de Vega rentre au Salvador pour les funérailles de sa mère, qu'il n'avait revue depuis son départ au Canada dix-huit ans plus tôt. Il en profite pour retrouver l'auteur de ce court roman et un ancien ami, pour un long monologue de 98 pages, sans chapitres ni paragraphes, sans respiration…
Haine en Fusion Edgardo vomit pêle-mêle son hostilité envers son pays et sa politique, avec le ressentiment envers l'éducation qu'il a reçue et la répugnance envers ceux qui la lui ont donnée. Il crache son aversion pour ses proches, ses voisins et la famille de son frère. On le voit vitupérer contre les produits locaux et ses compatriotes, dans une logorrhée de variations sur un même thème, des répétitions de phrases entières ne variant que par un mot, remplacé par un autre de sens encore plus fort.
Exemple avec un sujet pourtant léger, mais traité avec la même importance que les abus politiciens : « la musique folklorique latino-américaine me paraît spécialement exécrable, Moya, j'ai toujours exécré avec une répugnance particulière la musique folklorique latino-américaine, il n'y a rien de plus exécrable que cette musique larmoyante en provenance des Andes et interprétée par des individus recouverts de ponchos andins, des individus qui se considèrent comme des chantres des justes causes du seul fait qu'ils interprètent cette musique larmoyante déguisés de leurs ponchos andins, en réalité des plaisantins qui se déguisent en Latino-Américains pour embobiner des imbéciles qui se sentent partie prenante des causes justes du seul fait qu'ils écoutent cette musique larmoyante (p.63) »…
Edgardo est ainsi un bloc d'exécration, brute de décoffrage, contre tout ce qu'il trouve au Salvador. Rien ne peut le raisonner : ni la vie difficile sous la récente démocratie, ni l'économie très dépendante des Etats-Unis pour l'embauche des expatriés, ni la tentative malheureuse de son frère pour lui faciliter son séjour. A aucun moment, il ne parlera de ce qu'il aime, ce qu'il a préféré ailleurs et pourquoi il a choisi de s'exiler, si ce n'est pour fuir. Finalement, outre récupérer sa part de la vente de la maison familiale, la seule chose qui lui importe est son passeport canadien. Et lorsqu'il croit l'avoir perdu, il devient encore plus instable et agressif, ne retrouvant son calme qu'en récupérant le précieux sésame.
On découvre ainsi que sa nouvelle identité est l'homonyme d'un auteur autrichien, Thomas Bernhard, dont « le désespoir, l'autodestruction et la haine du monde forment la trame jubilatoire de son œuvre poétique, romanesque et théâtrale ( in Le Petit Larousse) ». On comprend le clin d'œil, mais pourquoi tant dénigrer son pays d'origine de cette manière ? Pourquoi ne pas avoir plutôt orchestré une véritable enquête journalistique avec chiffres à l'appui ? Le résultat aurait certainement été plus probant et n'aurait pas incommodé autant le lecteur… Norah GUENEAU © 2004-2007 - Les Beaux Esprits Se Rencontrent (LBESR) : Archivé édition N°1 : 01.XI.05 * * *
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