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 | ANNE Laurent | | Lecteur es-tu là ? | | | [6] Odin
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151 pages - 14,85 € ISBN 10: 2-913167-52-7
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| Texte | Iconographie | Pertinence | Objet | Informatif/Intéressant
Pagination > 450 p.
Historicisant
Universitaire
Appareil critique
| Cartes
Dessins / Croquis
Photos / Reproductions
Quadrichromie
Griffe originale
| Concision
Cohérence
Esprit / Génie
Pluridisciplinaire
Sujet original
| Cartonné / Relié
Grand format
Papier spécial
Maquette / Typographie
Autres / Cachet
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Tel un Club des Cinq réduit à quatre protagonistes ( Denis, Rodolphe, Louis et Arnaud ), cette bande de copains de collège enquête sur une mystérieuse maison hantée. L’aventure est entrecoupée par les interventions d’un lecteur imaginaire et fort critique… Le concept interpelle d’entrée : couper le narrateur en pleine phrase pour laisser place aux remarques du lecteur ! Ainsi, au milieu d’une description du groupe de copains tombe une question tombe : Et le petit gros ? Quel petit gros ? Il doit y avoir un petit gros, ou alors ce n’est pas vraiment une histoire d’adolescents en quête d’aventures…Il est essentiel le petit gros ! Sinon, qui va rester coincé dans la trappe de la cave de la maison hantée avec un monstre horrible à ses trousses ? (p.11)
L’histoire est vraie : il n’y avait pas de petit gros de la bande et les quatre protagonistes avaient un physique banal :
S’il n’y a pas de petit gros, cette histoire n’a plus d’intérêt. Peu importe la réalité. Je voudrais du vraisemblable. Oui, mais quel personnage voudra faire le petit gros ? Le narrateur par exemple, ça serait original…Ce n’est jamais le narrateur qui est le petit gros de l’histoire, ça changerait. D’accord. Alors reprenons : mes caractéristiques principales, en dehors d’avoir des lunettes, étaient d’avoir des cheveux très bruns et d’être petit et gros. D’ailleurs, tous mes camarades m’appelaient « Babar ». Là, c’est mieux…
Le lecteur devient vite le tyran du narrateur qui, bien que maître du scénario, doit faire force concessions pour plaire au public : encore une illustration de la dictature du lectorat ? Mais à la longue, le principe peut lasser : les remarques tranchant souvent la narration, le rythme est perdu et le lecteur peut avoir envie de ‘zapper’. Reste que ce dialogue entre auteur et critique peut éclairer les mécanismes de l’écriture de manière amusante : l’élaboration d’un scénario, les grandes questions que peut se poser un écrivain, etc. Sachant que ce roman s’adresse à un public adolescent, le concept est louable, mais il mérite d’être peaufiné tant certaines tirades frisent le grandiloquent :
La maison hantée ! J’ai parfois l’impression qu’elle n’est qu’un prétexte ! Evidemment ! Toute histoire est un prétexte ! Un prétexte à faire passer un message, à instruire, à divertir, à convaincre, à dénoncer, et que sais-je encore ! Le principal est que cela soit bien fait. Sans verbiage. Sans se prendre au sérieux, mais avec le respect du lecteur et la conviction que ce qu’on écrit peut avoir quelque intérêt… Cela est très subjectif. Et la démarche peut sembler prétentieuse ! De toute façon, l’acte d’écrire, en ce qu’il consiste à vouloir laisser une trace, est prétentieux. Mais si on lui enlève cette espèce de prestige artistique qu’on lui confère bêtement et béatement depuis des siècles, il ne l’est guère plus que le travail de l’artisan qui façonne un vase ou de l’ouvrier qui fabrique une pièce d’avion. L’écriture n’est pas de l’art ? Je ne sais pas ce qu’est l’art…Le talent existe, la technique également…Et les deux combinés donnent naissance à des œuvres…Quand à savoir si elles sont systématiquement des œuvres d’art (p.112)…
La vacuité d’un tel discours vient surtout du fait qu’il intervient au cœur d’une historiette au scénario sommaire. Entre maison hantée, trésor, et pseudo rebondissements, les jeunes lecteurs trouveront d’avantage de plaisir à se procurer la série Chair de poules chez Bayard, ou pour les plus âgés quelques bonnes nouvelles de Hitchcock en Poche. Peu de frissons donc, et encore moins de fantômes, ce roman est réservé à un public jeune (8-12 ans) et non aux adolescents comme le suggère la collection auquel il appartient. Séverine MARECHAL © 2004-2007 - Les Beaux Esprits Se Rencontrent (LBESR) : Archivé édition N°26 : 07.V.06 * * *
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