N° 49
 
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anonyme - Le Tableau de Cébèsanonyme
Le Tableau de Cébès
 
[9] Grèges
 
60 pages - 11 €
ISBN 10: 2-9519090-3-9
8
2 0
4 2
explication
du barème
ArtsLivres
TexteIconographiePertinenceObjet
 Informatif/Intéressant
 Pagination > 450 p.
 Historicisant
 Universitaire
 Appareil critique
 Cartes
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 Quadrichromie
 Griffe originale
 Concision
 Cohérence
 Esprit / Génie
 Pluridisciplinaire
 Sujet original
 Cartonné / Relié
 Grand format
 Papier spécial
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 Autres / Cachet

Ecrite dans l’Antiquité, cette remarquable allégorie littéraire de la psyché humaine décrit les comportements et errements des uns, face à la discrimination et la sagesse des autres. Pièges de la déraison et voies de la raison sont ainsi personnifiées dans une admirable mise en scène.

Œuvre classique, célèbre jusqu’au XVIIIe siècle et souvent associée au Manuel d’Epictète, on peut saluer l’éditeur d’avoir sorti cet opuscule de l’oubli, avec deux Tabula Cebetis en illustration, non reprises ici. En revanche, les quatre images reproduites dans cette chronique sont une indication de combien ce texte fut en vogue jadis. De plus, cette réédition s’honore de plusieurs textes explicatifs, par lesquels le lecteur gagnera peut-être à commencer, pour mieux en apprécier la richesse et la portée.

Psychologie et Littérature

Littérairement, le Tableau de Cébès est un chef-d’œuvre, ramassé et intelligent. L’auteur, aujourd’hui inconnu, a usé de plusieurs procédés ingénieux. D’abord, le recours au commentaire de tableau permet de ‘dorer la pilule’, et donc de mieux transmettre son message, là où des explications directes auraient tendance à susciter une fermeture d’esprit. Ensuite, humeurs ( Affliction, Détresse, Gémissement, Intempérance, etc. ), défauts ( Débauche, Avidité, Ignorance, Flatterie, Tromperie, Fausse Education, etc. ) et qualités ( Véritable Education, Noblesse, Loyauté, Science, etc. ) sont personnifiée en femmes, qui abusent ou instruisent les hommes autant que les ambiguës Fortune et Opinion. Le narrateur décrit l’évolution vers la sagesse, ou à l’inverse vers la déchéance morale, selon la rectitude ou la velléité du plus grand nombre, qui évolue entre divers obstacles ou paliers vers la connaissance, exemple : « les autres, dans la seconde [enceinte], ne font rien d’autre que de feindre savoir ce qu’ils ignorent. Tant qu’ils ont cette opinion, leur inertie les empêche nécessairement de s’élancer vers Véritable Education […] Il faut souvent approfondir les mêmes paroles, sans relâche, tandis que les autres doivent passer pour accessoires. Sinon ce que vous écoutez maintenant ne vous sera d’aucune utilité (p.29) »…

De fait, l’habile artifice d’un narrateur pour commenter le tableau permet une présentation plus pédagogique de l’enseignement à délivrer. Et celui-ci insiste particulièrement sur l’importance d’une bonne écoute et les bienfaits d’un entendement juste : « la déraison est une Sphinge pour les hommes. Elle dit ainsi à mots couverts ce qui est bien, ce qui est mal, ce qui n’est ni bien, ni mal, dans la vie. Elle tue celui qui ne les comprend pas, non pas d’un seul coup, comme le fait la Sphinge, mais peu à peu, tout au long de l’existence, elle le fait dépérir comme ceux qui sont livrés au supplice. Mais s’il comprend, c’est, en revanche, la déraison qui meurt tandis que lui, il est sauvé, et il passe toute sa vie dans le bonheur et la félicité. Faites donc attention et ne nous méprenez pas sur mes paroles […] si vous comprenez mes paroles et si vous accordez votre manière d’être à ce que vous entendez (pp.10, 21) »… Psychologiquement, cela revient à écouter son Soi, ou encore Dieu dans un registre religieux. Dit autrement, pauvre de celui qui ne s’écoute pas, et béni celui qui se suit, un peu comme dans la sanction biblique « hors de l’Eglise, point de salut »…

A ce sujet justement, écouter son ‘ange gardien’ rappelle le célèbre Daimon socratique. Le narrateur, dont on sait peu du reste, semble en être l’équivalent oral, puisqu’il commente et précise le verbe du Daimon du propre tableau : « Daimon recommande d’être indifférent envers les dons de Fortune […] La véritable science des choses utiles [est] un don stable, constant, que l’on ne regrette pas. Ainsi Daimon invite-t-il à fuir sans tarder vers Education et quand on s’approche des femmes qui se nomment, je vous l’ai dit tout à l’heure, Intempérance et Volupté, Daimon, suggère de s’éloigner d’elles au plus vite, de ne pas, le moins du monde, leur faire confiance à elles non plus jusqu’à de que l’on soit parvenu auprès de Fausse Education. Il conseille alors de rester là quelque temps et d’accepter d’elle ce que l’on voudra, en guise de provisions pour le voyage, puis de repartir, sans tarder, vers Véritable Education. Voilà ce que Daimon leur recommande de faire. Quiconque agit à l’encontre de ces recommandations ou les comprend de travers meurt misérablement (p.27) ».

Toujours sur le plan psychologique, ce passage sanctionnant le succès mal acquis mérite quelque attention : « ils ignorent que le bien ne naît pas du mal. Et on peut voir que beaucoup ont acquis leurs richesses par de honteux forfaits, comme la trahison, le vol, le meurtre, la calomnie, le pillage, et par de nombreuses autres exactions (p.32) ». Loin d’être une simple constatation, la première phrase conclut avec perspicacité sur ce problème sur lequel les théologiens chrétiens allaient verser beaucoup d’encre : pour Saint-Augustin par exemple, le bien était l’absence de mal ( privatio boni ), là où pour d’autres le mal était l’action du Diable, voire de l’ombre en termes Junguiens. Le texte termine ainsi par une admirable dialectique sur le bien et le mal, presque un raisonnement par l’absurde qui conclut ainsi : « la richesse, la renommée, le succès et les autres avantages du même genre, rien n’empêche de les rencontrer chez un homme qui a, par ailleurs, beaucoup de vices. Ainsi ces avantages ne sauraient être des biens ni des maux. Seule la raison est un bien, la déraison, un mal (pp.32-33) »…
A méditer.

L’intéressant appareil critique qui compose la seconde partie de ce livre, compte plusieurs textes brefs qui discutent tour à tour sur l’auteur possible de ce texte, son genre littéraire, les concepts du bien et du mal chez certains auteurs de l’Antiquité, quelques figures allégoriques et ses aspects linguistiques. Rappelons simplement ici qu’en dépit des noms de Daimon et Cébès cités ici, l’œuvre est bien postérieure à Socrate. Plusieurs arguments philologiques sont avancés ( dont deux hapax ) :

« ni les idées stoïciennes ni la forme littéraire ni le vocabulaire trop tardif ne permettent de faire du Tableau de Cébès l’œuvre du disciple de Socrate […] L’étude approfondie du texte grec montre également quelques faits remarquables : deux termes ne sont attestés que dans le Tableau ce qui pose encore la question de la singularité de ce texte ; un adjectif – euperétos, facile à traverser – ne se rencontre que dans notre texte et dans une œuvre de Cyrille d’Alexandrie. Mais le plus étonnant est la présence de faits syntaxiques communs au Tableau et à la langue du Nouveau Testament, notamment celle des Actes des Apôtres ou bien à la traduction grecque de la Septante, l’Ancien Testament traduit de l’hébreu en grec au IIIe avant J.C. par soixante-dix sages à Alexandrie. Des liens étroits unissent donc le Tableau de Cébès à la Septante, à Philon d’Alexandrie et aux textes bibliques. On peut penser que son auteur a pu appartenir à ce milieu littéraire alexandrin où l’on attend, où l’on lit, au Ier siècle et IIe siècle de notre ère, sous la domination romaine, les idées stoïciennes, platoniciennes, néo-pythagoriciennes, les commentaires du judaïsme, les prêches des premiers chrétiens qui empruntent aux cyniques leurs traits contre la luxure, la gloire, les vanités du monde (pp. 34, 46) »…

Philippe CESSE

© 2004-2007 - Les Beaux Esprits Se Rencontrent (LBESR) : Archivé édition N°29 : 11.X.06

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