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 | YOSHINAGA Fumi | | All my Darling Daughters | | Titre original : Ai subeki musume tachi | [14] Casterman
| [3] Sakka |
204 pages - 9,95 € € ISBN 10: 2-203-37383-0
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| Texte | Iconographie | Pertinence | Objet | Informatif/Intéressant
Pagination > 450 p.
Historicisant
Universitaire
Appareil critique
| Cartes
Dessins / Croquis
Photos / Reproductions
Quadrichromie
Griffe originale
| Concision
Cohérence
Esprit / Génie
Pluridisciplinaire
Sujet original
| Cartonné / Relié
Grand format
Papier spécial
Maquette / Typographie
Autres / Cachet
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Chroniques de mœurs autour d’une famille recomposée, avec d’intéressants portraits croisés de jeunes japonaises en proie au mal de vivre actuel. Le graphisme manque un peu d’originaliré. Ce manga n’a rien à voir avec le film américain homonyme de D.L Rich (1972). Yukiko, une ‘Tanguy’ assumée de 30 ans, ne se remet pas du remariage de sa mère avec un jeune acteur de vingt ans de moins qu’elle, d’où les petites crispations au domicile et le grand éclat de larmes final du premier chapitre… Cette introduction peut rebuter, car les 40 pages servent avant tout à présenter le décor principal ( le foyer de Yukiko ) et les personnages centraux : Marie, la mère complexée et revêche, l’adorable jeune mari, et l’héroïne, têtue et caractérielle. La suite heureusement s’avère bien plus attractive.
Les personnages sont intéressants : anciennes amies de collège ou de fac, collègue de boulot, et grand-parents qu’on découvre au fil des chapitres et dont les histoires personnelles s’entrecroisent autour de cette famille. Chaque cas est plus ou moins celui d’un ratage affectif, telle l’histoire de cette charmante amie de Yukiko qui s’était fait un leitmotiv de ne jamais se donner exclusivement à quelqu’un et toujours partager son amour à parts égales avec ses proches. Or, incapable de tomber amoureuse de peur que cela ne la pousse à la discrimination sentimentale, elle passe systématiquement à côté du bonheur.
Les portraits, teintés de tristesse et de renoncement, sont autant de vies ancrées dans une réalité grise, loin du shōjo ( manga pour filles ) à l’eau de rose. Les héros sont trop âgés pour pousser des cris hystériques à tout bout de cases, mais cependant pas assez pour maîtriser leurs frustrations d’adolescents. Sans réussir à devenir attachant ils restent très vrais, engoncés dans leur passé mal digéré. Mais on comprendre ces jeunes femmes en mal d’affection, qui ne savent vraiment comment l’obtenir. Présentée sous cet angle, la société japonaise paraît bien stricte pour le beau sexe, entre mariages arrangés et époux tyranniques.
Style yaoi
Yoshinaga Fumi, connue pour ces œuvres yaoi ( qualificatif désignant des histoires d’amours homosexuelles entre jeunes éphèbes ), a marqué le genre avec sa parodie du célèbre manga Slam Dunk. On en retrouve d’ailleurs quelques poncifs : le jeune mari androgyne si galant avec les femmes et fou de séries de samouraïs ( où les hommes apparaissent très charismatiques ), des jeunes femmes masculines ou en working girls assumées.
Un bémol cependant : même si la qualité de ce titre est dans la bonne moyenne des publications actuelles, mais on peut déplorer son manque d’originalité graphique : le peu de manque de détails et la pauvreté des décors sont certes récurrents dans le genre, cependant une plus grande expressivité des visages aurait mieux servi ces subtils portraits. Séverine MARECHAL © 2004-2007 - Les Beaux Esprits Se Rencontrent (LBESR) : Archivé édition N°28 : 01.IX.06 * * *
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