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GUSTAFSSON Lars - La CoiffeuseGUSTAFSSON Lars
La Coiffeuse
Titre original : Windy berätter om sitt liv, om de försvunna och om dem som ännu finns kvar
[2] Joëlle Losfeld
 
122 pages - 12 €
ISBN 10: 2-07-078905-5
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ArtsLivres
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 Pagination > 450 p.
 Historicisant
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Un roman intéressant sur le plan technique : au professeur auquel elle coupe les cheveux, une coiffeuse au Texas déclame tout ce qui lui passe par la tête, exprimant ainsi l'opinion populaire de l'Amérique profonde, avec de nombreuses trouvailles.

Ce roman, paru en 1999, se déroule au Texas, un choix peu innocent quand on connaît d'une part les préoccupations et le parcours de Lars Gustafsson, écrivain et philosophe de formation, et d'autre part l'actualité d'alors : tuerie de Waco et peine de mort, correspondant toutes les deux au deuxième mandat de George W. Bush à la tête de l'état.

L'Amérique profonde
Nous voilà donc à Austin, avec nos idées reçues et l'insondable naïveté qu'on prête volontiers à l'Amérique profonde, telle cette réflexion qui a la vie dure : « pensez-vous que les Nations-Unies projettent vraiment d'annexer l'Amérique ? (p.38) ». Il y a aussi les confusions genre 'fracture du myocarde' dont les Américains, pour le coup, n'ont pas le privilège de l'exclusivité : « système nerveux automatique (p.31) » au lieu de l'adjectif autonome….

Mais il y a surtout les amalgames, courants dans la population qui, sans connaître les dossiers, ne retient que les faits marquants qu'elle associe de manière fantaisiste : « la couche d'Ozone écrase toute la ville, et on sent comme une sorte de poids sur la tête (p.40) », « j'ai lu beaucoup de livres, à propos de tout. Mais surtout des catastrophes, comme les changements d'inclinaison de l'axe terrestre, les nouvelles glaciations […] c'est un processus qui va en s'accélérant, chaque mois le ciel devient plus pâle, et les rayons cosmiques qui parviennent ainsi jusqu'à nous libèrent de nouveaux types de virus capables de contribuer à la disparition quasi certaine de l'humanité (p.77-78) ». Illustration s'il en est de la perte d'intérêt pour la rigueur scientifique, sensible en France également, alors même que la coiffeuse étaye ses assertions à grand renfort de références pseudo-scientifiques à Discovery Channel et à d'autres magazines grand public.

La Coiffeuse : baromètre populaire

Car tout ce qui précède, on l'apprend de la bouche du seul narrateur du roman, une coiffeuse bavarde au possible, qui laisse libre cours à sa pensée pendant qu'elle coupe les cheveux à un honorable professeur d'université. L'artifice de la coiffeuse pour décrire l'opinion ( américaine en l'espèce mais l'idée est valable pour les autres pays ) est un exercice littéraire d'autant plus intéressant que l'auteur y mêle les clichés que défend une société donnée, et allégrement colportés par cette digne représentante du peuple. A ma connaissance, c'est même le premier roman qui fait de la coiffeuse le narrateur principal, et même l'unique n'étaient les rares acquiescements de tête et corrections éparses du professeur qui l'écoute déblatérer, sans doute plus amusé et blasé qu'attentif et agacé par tant de futilité… Car il participe peu à la conversation, peu intéressé par l'intense logorrhée de la coiffeuse.

Plus que les propos précédents, ce sont aussi de nombreuses allusions qui signent son engouement pour l'ésotérisme. Elle parle avec les morts, croit à l'au-delà, au destin, aux anges, et elle est même voyante à ses heures… Elle adore aussi les rumeurs, et mentionne les frasques amoureuses de tel magistrat, non sans rappeler les siennes avec le Juge Caldwell…

Il y a aussi des passages plus touchants, sur ces faits concrets qui parsèment la vie d'une personne, tel comment élever ses enfants quand on est famille monoparentale : « ce n'est pas si facile d'être une maman seule […] dans de telles conditions (p.38) ». Ou des passages décrivant un phénomène de société, comme l'omniprésence de la télévision, caractéristique des temps modernes, surtout aux USA, que l'auteur brosse avec maestria : « à la maison, [la télévision] reste allumée des journées entières […] C'est comme un bruit de fond. A peu près comme le ventilateur […] Comme un moulin à prières qui tourne tout seul. De sorte que les filles ne font plus rien d'autre que de regarder des programmes idiots (p.36) ».

Il y a aussi l'attaque en règle contre les Démocrates, lorsqu'on est comme elle Républicain et Texan, avec des propos qui trahissent la banalisation de la peine de mort, le souvenir de tel criminel notoire ou encore, dans un autre registre, l'absence de participation à des activités culturelles : « mon dieu, il y a tellement d'années que je n'ai plus été au théâtre (p.64) »… Accessoirement, la coiffeuse prouve qu'elle a excellente mémoire, même si elle est parfois distraite.

Réserves

Il est dommage cependant que l'auteur ait trop délayé son propos. En effet, la coiffeuse se perd souvent en considérations sans intérêt, preuves de l'ignorance et de la superficialité que l'auteur entendait certes décrire. On a compris l'idée, mais les longueurs stériles dans ce court roman éprouvent autant la portée du texte que la patience du lecteur : un texte plus ramassé aurait gagné en poigne comme en saveur.

Pis, le livre se lit en quelque 90 minutes. Or on sait que tout texte se lit deux à trois fois plus vite qu'il ne se dit, si bien qu'en situation réelle, la coiffeuse a dû parler quelque trois heures d'affilée au bas mot ! C'est trop pour une coupe, et certainement beaucoup trop pour une coupe d'homme… Cette invraisemblance de la durée aurait été parfaitement pardonnable si la qualité du texte comme du propos avaient été constamment à la hauteur, puisqu'il s'agissait de privilégier le fond sur la forme pour illustrer la pensée profonde d'un peuple.

D'ailleurs, l'idée d'utiliser la coiffeuse est originale, géniale même, et l'on peut s'étonner qu'elle n'ait pas été exploitée auparavant, car le baromètre populaire qu'est la coiffeuse bavarde, plus que la fleuriste ou la supérette du coin, a de quoi enrichir la littérature mondiale…

Philippe CESSE

© 2004-2007 - Les Beaux Esprits Se Rencontrent (LBESR) : Archivé édition N°5 : 01.VIII.04

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