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| Texte | Iconographie | Pertinence | Objet | Informatif/Intéressant
Pagination > 450 p.
Historicisant
Universitaire
Appareil critique
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Dessins / Croquis
Photos / Reproductions
Quadrichromie
Griffe originale
| Concision
Cohérence
Esprit / Génie
Pluridisciplinaire
Sujet original
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Grand format
Papier spécial
Maquette / Typographie
Autres / Cachet
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Quel bon titre pour ce recueil que celui de Circulaire : la première histoire narre les suites d’une circulaire administrative, alors que d’autres font le tour du Groenland, avant de gagner l’Islande le long du Cercle polaire, toujours avec humour et amour, situations et images cocasses. Les lieux décrits dans ces racontars, surtout centrés sur la rive orientale du Groenland, débordent cette fois aux façades nord-ouest et septentrionale, avec même une petite échappée vers l’Islande, d’où le protagoniste précise : « certains jours particulièrement clairs, on pouvait distinguer les plus hautes cimes de l’est du Groenland depuis la pointe nordique de l’île, et il conseilla à Sivers de s’y rendre lui-même afin de faire sa propre opinion (p.205) ». Jolie mise en ambiance, qui rappelle ce parallèle que connaissent les Danois orientaux, la vue de la Suède par temps clair depuis leur propre pays…
Les Retrouvailles
Pour cet énième recueil de racontars de l’auteur, en l’occurrence au nombre de neuf, le traducteur a établi en notes (p.253) une sorte d’index des ouvrages où les personnages et faits évoqués ici ont d’abord paru et été développés. Car les racontars de Jørn Riel constituent finalement autant de tranches de vie contemporaines, où ses personnages se croisent et se retrouvent au fil de ses livres.
Par exemple, reparaissent ici deux personnages rencontrés dans Les Ballades de Haldur et autres racontars, Petit Pedersen et Olav ibn Abdullah Frederiksen, ce Scandinave converti à l’Islam confronté au dilemme de l’impossibilité de faire sa prière matinale pour cause de nuit semestrielle dans ses hautes latitudes… La Circulaire précise toutefois les circonstances de la révélation divine, silence et solitude étant propices aux visions et hallucinations : « combien de temps j’ai erré comme ça, mystère, mais au bout de quelques jours j’étais tellement épuisé que je ne ressentais plus rien. Et une nuit où j’étais allongé, essayant de trouver le sommeil, le Prophète m’a parlé. ‘Olav ibn Abdullah Frederiksen, qu’il me dit, tu as été choisi pour répandre la parole d’Allah au sein du groupe groenlandais’. Il tira à nouveau sur son narguilé, toussota, puis continua : ‘D’abord j’ai eu peur. Parce que ce n’est pas tous les jours qu’Un des plus grands s’adresse à un humain tout ce qu’il y a de plus ordinaire (p.33) »…
Dans la même veine, on retrouve dans le périple de Lodvig rassemblées deux idées développées ailleurs : celle du corbeau qui guide ( toujours dans Les Ballades de Haldur… ) et celle de La Balle perdue qui narre les tribulations avec un ours ( cf. Un Safari Arctique, repris dans Le Roi Oscar ). Ici, la scène vire au cocasse avec un don pour l’expressivité : « le corbeau déploya ses grandes ailes et décolla. Il fit une plongée vertigineuse sur Lodvig, puis survola la glace en la rasant au plus près. Il répéta cette manœuvre plusieurs fois, jusqu’au moment où Lodvig comprit qu’il était censé le suivre. Sur la glace, près d’une large fente de marée, il tomba à sa grande surprise sur un vieil ours mâle. Il avait le museau rouge parce qu’il venait de dévorer un phoque, et il grogna de manière peu avenante à l’approche de Lodvig. Lodvig lui retourna son grognement. Il sentit comme une grande fourrure blanche l’envelopper, et son corps se multiplier par quatre. Ses yeux s’injectèrent de sang et il poussa un cri de guerre dépassant de loin celui de l’ours. Ensuite il se mit à balancer sauvagement les bras, poussant un hurlement qu’il tira du plus profond de son ventre. L’ours s’assit sur son gros derrière et plissa les yeux. Il n’avait encore jamais rencontré de gnome comme celui-ci, mais son instinct lui dictait la prudence (p.104) »
Les Amours
Les relations entre couples sont plus présentes ici, un peu comme dans La Maison des Célibataires, sans oublier les romans de l’auteur. Ici, par deux fois, est illustrée la relative incompréhension entre les hommes et les femmes : « toi, qui es venu ici si souvent, tu connais bien les Groenlandaises. Peut-être mieux que moi qui finalement ne suis marié avec l’une d’elles que depuis quelques années. J’ai plus d’expérience avec les Indiennes de mon époque au Canada. Bref, comme tu le sais très bien, juste au moment où on a l’impression de très bien les comprendre, alors, elles changent, et on se rend compte qu’on n’avait rien compris du tout (p.121) ».
Cependant, Riel n’est pas de ces hommes qui disent ‘allez donc comprendre les femmes’, puisque le dialogue suivant illustre subtilement les différences de psychologie et de perception de la vie : « ‘Tu vois, Thyra, mon cœur, il en va ainsi dans la vie lorsqu’on a trouvé quelque chose de bon et de vrai, on doit s’y tenir. C’est comme qui dirait un devoir sacré de se battre pour le conserver’. Thyra sourit, but une gorgée et lui donna un baiser doucereux. Il continua : ‘J’ai vécu des choses auxquelles peu de gens ont eu droit dans ce monde. J’ai été plus heureux que la plupart des gens, et ce bonheur-là, il faut que je me le garde’. Avec un profond soupir, Thyra se blottit contre lui et entreprit de l’embrasser dans le cou. ‘Dis encore des choses’, supplia-t-elle. ‘C’est une passion qu’on ne peut réprimer, dit Herbert, exalté, un amour si profond et sincère qu’on ne peut le mesurer’. Thyra laissa les mains glisser sur son corps. ‘Tu es merveilleux, Herbert. Dis-moi les choses franchement. Tu veux te marier avec moi ?’ ‘Quoi !’ Herbert se redresse sur son séant et la fixa, perplexe. ‘Me marier ?’ ‘C’est de l’amour, soupira-t-elle, et on n’y peut rien’. ‘Oui, c’est exactement ce que je disais. J’aime le Groenland et je dois y retourner’. Il faut dire en faveur de Thyra qu’elle prit cela en grande dame. Sans broncher, elle reposa la tête sur son bras et poussa un grand soupir (p.184-185) »… Erwan L'HELGOUACH © 2004-2007 - Les Beaux Esprits Se Rencontrent (LBESR) : Archivé édition N°31 : 12.XII.06 * * *
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