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 | BANNISTER - NYKKO | | Les Enfants d’Ailleurs T.1-2-3 | | | [55] Dupuis
| [2] Punaise |
138 pages - 28,50 € ISBN 13: 978-2-8001-4130-5
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| Texte | Iconographie | Pertinence | Objet | Informatif/Intéressant
Pagination > 450 p.
Historicisant
Universitaire
Appareil critique
| Cartes
Dessins / Croquis
Photos / Reproductions
Quadrichromie
Griffe originale
| Concision
Cohérence
Esprit / Génie
Pluridisciplinaire
Sujet original
| Cartonné / Relié
Grand format
Papier spécial
Maquette / Typographie
Autres / Cachet
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Triptyque. La petite Rebecca rencontre trois copains qui, poussés par la curiosité, partent explorer l’autre monde. Les différents niveaux de lectures invitent à se replonger plusieurs fois dans les albums antérieurs : une série tout à fait adaptée au goût des 8-10 ans. T.1 : Le Passage ISBN 978-2-8001-3897-8 46 planches – 9,50 €
Le récit démarre vite : les présentations sont courtes, et le lecteur entre dans l’histoire aussi rapidement que les quatre enfants, Rebecca, Noé, Théo et Maxime qui pénètrent dans la mystérieuse maison. Pas de temps mort, l’action continue ménage le suspens tout au long de l’album. Le monde horrifique situé au-delà du portail présage d’aventures mêlant fantastique et quête initiatique.
Si cette BD est accessible dès 6 ans comme le préconise l’éditeur, elle requiert peut-être un peu plus de maturité pour être pleinement appréciée, en grande partie par la profondeur des personnages. Attachants dès les premières pages, le lecteur apprend au fil du récit que certains ont une vie ‘pas toujours rose’ pour des enfants de leur âge : ainsi du petit Théo qui explique à sa camarade, qu’en séchant les cours pour la suivre, la correction qu’il recevra de retour chez lui sera « pour une fois justifiée », contrairement aux autres soirs s’entend… De même, le monde parallèle promet d’être peuplé de monstres. Et la vie de ses habitants n’est guère idyllique dans sa vision de guerre entre forces de la lumière et forces de l’ombre, avec des cases assez éprouvantes comme celles du petit garçon pleurant sur le corps sans vie de sa mère. Si les fantômes de l’ombre plairont aux jeunes amateurs de frissons, ils pourront effrayer les plus jeunes.
On peut souligner l’humour et la vivacité des dialogues, ponctués de mimiques drôles : grands yeux étonnés, cris stridents, sourires narquois. Les enfants sont bien croqués et leur personnalité ressort dès la première visualisation. Le graphisme est plaisant, correspondant au standard de la BD enfantine. Les couleurs donnent sa consistance au trait des dessins qui semblent avoir été esquissés au coin d’un cahier de classe. Si cela dynamise l’ensemble assez bien, l’amateur averti aimerait que le dessinateur prenne davantage d’assurance pour mieux apprécier son style ; de même, certaines planches de scènes nocturnes auraient mérité être éclaircies pour plus de lisibilité. Ces remarques faites, ce premier tome inaugure une histoire attrayante et pleine de rebondissements, servie par un bon graphisme.
 T.2 : Les Ombres ISBN 978-2-8001-3904-3 46 planches – 9,50 €
Rebecca et Maxime sont toujours coincés dans le monde parallèle : malgré l’aide des autochtones, le pays s’avère très hostile et les Ombres qui apparaissent la nuit les guettent inlassablement. Leurs deux amis restés sur place dans la maison mystérieuse n’ont hélas pas plus de chance : suite à un faux mouvement, les voilà eux aussi téléportés ! La petite bande ainsi au complet pourra unir ses forces face aux démons.
Les ‘pouvoirs obscurs’ semblent la clé de ce second volet, qui verse justement dans le typique héroic-fantasy, en puisant dans les poncifs du genre : le monde traversé par les enfants est peuplé de dragons et autres montures aussi étranges que bigarrées. Le groupe, mixte, comprend son intellectuel, sa forte tête, son héroïne vulnérable et son amazone farouche. Les protagonistes sont toujours aussi attachants, notamment Rebecca qu’on découvre un peu plus dans une scène toute d´amitié où elle dévoile à Maxime sa cicatrice d´une enfance commencée tragiquement au Rwanda.
Le scénario est maîtrisé et laisse entrevoir d´intéressantes ressources pour les tomes à venir : un mystérieux seigneur de l’ombre serait-il le grand méchant de l’histoire ? Le suspens reste présent, et le rythme, soutenu. Inversement, on peut lui reprocher un manque d’originalité dans les scènes d’action ( forêt qui attaque, pont qui s’écroule… ), mais il est vrai que cette série s’adresse d’abord aux très jeunes lecteurs ( dès six ans ).
Le style graphique n’offre pas de surprise par rapport au premier tome : le côté esquissé, encore bien présent, perd de son charme et tend vers un fini un peu bâclé. Les ruines de la ville médiévale de Thémar promettait de belles vues, mais elle est très mal exploitée, voire presque inexistante, d´autant que les décors manquent de profondeur. Une bonne initiative toutefois : cette bande dessinée est disponible gratuitement en langue des signes sur le site des éditions Dupuis.
T.3 : Le Maître des Ombres ISBN 978-2-8001-4130-8 46 planches – 9,50 €
Les jeunes héros, perdus dans le monde du maître des ombres, sont enfin sur la piste de retour vers leur foyer. L’histoire reprend au pied de Thémar, la cité hantée, où ils s’amusent avec un appareil photo polaroïd, l’occasion pour l’éditeur de glisser en bonus six ex-libris/photos pris par les enfants au cours de leur périple. Idée amusante. A bord d’un radeau miteux, puis à travers forêts et montagnes, ce ‘Club des cinq’ improvisé part en quête de symboles étranges, indices qui devraient les mener au passage vers le monde réel. Mais le voyage est semé d’embûches : crustacés géants, monstres des mers, et bien sûr les rôdeuses voleuses d’âmes, menées par le mystérieux Maître des Ombres qu’ils devront affronter.
Le graphisme n’a rien perdu de sa vitalité : héros bien campés et dynamiques à souhait. De plus, grimaces et attitudes amusantes allègent cette histoire parfois bien sombre, avec quelques comiques de situation, telles les mésaventures de Maxime chutant lourdement d’un arbre dans l’indifférence quasi générale, pendant qu’au premier plan son ami Théo se lance avec sérieux dans un plan d’attaque d’un scarabée mutant (p.17). Couleurs et lumières sont éclatantes, et la scène finale, qui oppose les ombres malfaisantes aux héros armés de rayons dorés, est particulièrement réussie.
Le scénario pèche toutefois par un manque d’approfondissement : on sent l’impatience des auteurs de finir ce premier cycle. En effet, il y a trop peu de réponses, notamment sur ce monde étrange et son maître démoniaque. On devine du reste les rebondissements que suivra l’histoire dans les albums suivants ( où Rebecca semble destinée à un plus grand rôle ), mais cette fin rapide est un peu frustrante, quoique bien tournée. On est loin des grands éclats de rires façon série TV : le retour à la réalité est grave et morne pour ces enfants qui viennent pourtant d’échapper à la mort. Le jeune Maxime se voit ainsi accueillir d’une paire de baffes par sa mère, sous le regard atterré des autres parents. Dureté de la réalité qu’on combat plus difficilement que les monstres fantastiques…
Séverine Maréchal © 2004-2007 - Les Beaux Esprits Se Rencontrent (LBESR) : Archivé édition N°39 : 24.III.09 * * *
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