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 | JAMES Peter | | La Mort leur va si bien | | Titre original : Looking good dead | [3] Panama
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452 pages - 22 € ISBN 10: 9782755701739
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| Texte | Iconographie | Pertinence | Objet | Informatif/Intéressant
Pagination > 450 p.
Historicisant
Universitaire
Appareil critique
| Cartes
Dessins / Croquis
Photos / Reproductions
Quadrichromie
Griffe originale
| Concision
Cohérence
Esprit / Génie
Pluridisciplinaire
Sujet original
| Cartonné / Relié
Grand format
Papier spécial
Maquette / Typographie
Autres / Cachet
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Enquête actuelle et bien menée par le commissaire Roy Grace, policier professionnel et profondément humain. Ne laissant aucune chance au hasard, il analyse chaque indice à la tête d’une équipe de spécialistes de police scientifique. En rouge sur fond noir, la quatrième de couverture accroche : « terrifiante nouvelle affaire du commissaire Roy Grace, le premier officier de police qui admet avoir recours au paranormal ». Mais elle induit un peu en erreur : si l’intéressé en effet court les voyants, vrais ou faux, c’est d’abord pour obtenir des nouvelles de son épouse, disparue le jour de son trentième anniversaire neuf ans auparavant. Grace porte en effet quelques objets sous scellés à un ami médium, mais les révélations ânonnées par ce dernier n’avancent guère plus l’enquête que la dive bouteille ou les aventures féminines chez d’autres détectives ! Tout au plus en a-t-on l’explication en fin de parcours…
De son côté, Tom Bryce est chef d’une petite entreprise qui se bat pour survivre. Marié à Kellie, celle-ci trompe sa solitude en faisant des ‘affaires’ sur des sites d’achats Internet ou en buvant de la vodka pendant quand leur deux enfants sont à l’école. En rentrant sur Brighton par un train de banlieue, Tom ramasse sur le siège un CD oublié par un passager. En le lisant sur son ordinateur portable pour chercher à qui le rendre, le disque le conduit sur un site exclusif diffusant un snuff movie, c'est-à-dire un film d’assassinat en direct et naturellement sans noms de scénariste ou d’acteurs… Ce début de machination évoque les meilleurs Harlan Coben. Ici, l’inspecteur Grace enquête sur la réalité du meurtre de Janie Stretton. La première phrase du roman plante le décor : « la porte d’entrée de ce qui, dans le temps, avait été une élégante maison mitoyenne s’ouvrit et une jeune femme élancée, vêtue d’une courte robe en soie à la fois moulante et flottante, sortit sur le perron, en cette belle matinée de juin, la dernière de sa vie (p.7) ».
Un commissaire mué en Expert
Grace est méticuleux, entouré de spécialistes chevronnés et rompus aux recherches en tous genres, analyse d’ordinateurs par les cybercriminalistes et collecte d’indices par le médecin légiste, premier sur les lieux dès la découverte d’un cadavre : « il avait appliqué cette technique rudimentaire, mais efficace, qui consiste à appliquer du Scotch sur chaque centimètre carré de la peau pour piéger des fibres, avait délogé à la pince à épiler des filaments prisonniers de la toison pubienne, et les avait mis sous scellés, un à un. Il observa les membres et le sol alentour sans relâcher sa concentration, pour vérifier une dernière fois que rien ne lui avait échappé (p.70) ». Lui qui ‘fait parler le corps’, « aucun légiste n’aimait les blessures multiples, car chaque plaie devait être mesurée, et cette tâche était des plus pénibles (p.55) ». Observations et raisonnements sont faits pas à pas, évoquant les logiques et descriptions plus ou moins ragoûtantes de l’excellente série TV des Experts - Las Vegas : tel Gil Grissom, « Tindall éloigna des mouches à viande. D’autres se précipitèrent ; Grace les chassa furieusement. Ces mouches bleues étaient capables de sentir la chair humaine à huit kilomètres à la ronde. Sans caisson hermétique, il était impossible de les éviter. Mais parfois, elles étaient utiles. Elles pondaient des œufs qui devenaient des larves, puis des asticots, puis des insectes. Le processus ne prenait que quelques jours. Sur un corps abandonné depuis des semaines, il était possible de déduire à quelques jours près, la date de la mort d’après le nombre de générations de larves (p54) ».
Connaissant la valeur du travail de ses collègues, Grace leur rend hommage : « et voilà ce qu’elle avait choisi : de longues heures de travail, des gardes de jour, des gardes de nuit, se tenir prête, être appelée d’urgence sur la rive d’un fleuve, dans un entrepôt ravagé par les flammes, auprès d’une tombe creusée à la va-vite, dans un bois, pour récupérer un cadavre ; le préparer pour l’autopsie et lui donner l’apparence la plus décente possible, aussi brûlé, aussi décomposé soit-il, pour que les proches l’identifient, et leur offrir des miettes d’espoir et de réconfort, afin de les convaincre que cet être cher n’avait pas connu une mort aussi violente que son corps semblait l’indiquer (pp.106-107) », surtout quand il en tombe amoureux… Lui-même a sondé l’âme de ses semblables, et sait de quoi ils sont capables : « pour des raisons professionnelles, il avait lu de nombreux essais sur la personnalité des assassins. La plupart des meurtres étaient perpétrés par des gens qui connaissaient leurs victimes. Il s’agissait de crimes accidentels, souvent passionnels, commis dans le feu de l’action. Mais seul un petit pourcentage des meurtriers étaient de vrais pervers, qui tuaient pour se sentir importants, et se croyaient plus malins que les flics. Parfois au point de jouer avec eux (p.112) ».
O tempora, o mores…
Mais Grace doit naviguer sans cesse entre ses supérieurs désireux de gagner des galons : « Grace avait appris avec les années à quel point les gradés voulaient que les citoyens aient l’impression d’une progression dans l’enquête. Il avait parfois la sensation que les supérieurs préféraient mettre un innocent en détention provisoire et montrer ainsi que la police n’était pas désemparée, pour que la populace applaudisse des deux mains, plutôt que de devoir admettre lamentablement devant les journalistes en mal d’information qu’ils n’avaient pas avancé d’un pouce (p.132) ».
Et puis il y a les journalistes, en mal de scoop : « Roy Grace n’aimait pas donner des conférences de presse. Mais il savait que les policiers étaient des fonctionnaires et, qu’à ce titre, ils devaient informer les citoyens de leurs actions. C’était plutôt la façon qu’avaient les journalistes de présenter les choses qu’il détestait. Il avait l’impression que leur boulot était moins d’informer que de vendre du papier, ou d’attirer des téléspectateurs ou des auditeurs […] Et quand il n’y avait rien de scandaleux dans les faits, ils adoraient s’attaquer directement à la police. Quoi de plus vendeur qu’une bavure policière, un acte raciste, une arrestation musclée ? Les courses-poursuites qui tournaient mal faisaient les choux gras de la presse ces dernières années, notamment quand il y avait un blessé ou un mort à la suite d’un imprudence policière (pp.33-34) ». Mais quelquefois, l’actualité le détourne des reporters et de leurs lecteurs : « ils avaient eu de la chance. Un rebondissement dans l’affaire Charles-Camilla occupait presque toutes couvertures. C’était révélateur de l’air du temps : un torse décapité ne faisait l’objet que de quelques lignes dans les pages intérieures, et encore, pas dans tous les journaux. Mais à l’instar de Daily Mail, ouvert sous ses yeux, absolument toute la presse nationale avait titré ‘la course-poursuite des policiers fait deux morts’(p.80) »… Norah Guéneau © 2004-2007 - Les Beaux Esprits Se Rencontrent (LBESR) : Archivé édition N°32 : 12.III.07 * * *
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