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 | DO-HA Kang | | Catsby | | Titre original : Great Catsby | [14] Casterman
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224 pages - 12,75 € ISBN 10: 9782203377134
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| Texte | Iconographie | Pertinence | Objet | Informatif/Intéressant
Pagination > 450 p.
Historicisant
Universitaire
Appareil critique
| Cartes
Dessins / Croquis
Photos / Reproductions
Quadrichromie
Griffe originale
| Concision
Cohérence
Esprit / Génie
Pluridisciplinaire
Sujet original
| Cartonné / Relié
Grand format
Papier spécial
Maquette / Typographie
Autres / Cachet
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Pauvre Catsby, prototype du ‘pote loser’ : 26 ans et chômeur, galères affectives et commensal chez son meilleur ami, le brave Hound. On comprend qu’il n’aie pas le matin toujours envie de quitter sa couette. Manhwa sur les turpitudes des jeunes, dans un style proche des blogs. Ce premier volume présente ses déboires sentimentaux : planté par une séduisante peste, Persoue, le père de Catsby le pousse vers les agences matrimoniales, où il décroche un rendez-vous avec l’excentrique Sun. Mais le souvenir de la belle Persoue le hante toujours, d’autant qu’elle l’a quitté pour se marier avec un veuf riche… Ces quatre personnages, les principaux, sont bien campés, certes un peu caricaturaux mais sympathiques, voire attachants. Au long de ces pages, Catsby notamment gagne une certaine sincérité dans sa détresse de célibataire. Etrangement, si ces protagonistes ont des faciès de chats et de chiens, comme cela est devenu courant en BD, tous les figurants sont des humains et ils sont loin d’avoir les plus beaux rôles : invités de mariage pompeux, deux cocottes en manque d’affection, une conseillère matrimoniale… On devine ainsi que la tendresse de l’auteur va plutôt vers ses ‘animaux’ qui peut-être possèdent encore la part d’humanité qu’il manque aux autres.
Le scénario cependant n’a rien d’original : la vie de Catsby ressemble à celle de tous les jeunes un peu paumés. Mais l’auteur décrit avec humour et détachement cette pression sociale qui pousse vers les standards à atteindre : travail prestigieux, couple équilibré, et force de caractère. Rien d’étonnant donc à ce que le pauvre Catsby soit évincé pour un vieux senior, assez odieux au demeurant. Rien d’étonnant non plus à ce qu’une agence matrimoniale lui attribue la note C, synonyme de piètre sex appeal ; la scène est d’ailleurs fort drôle, et la harpie de conseillère souligne tous les points faibles de la candidature de son client : licence de littérature, parents agriculteurs, pas un proche placé haut en société, bref, rien de quoi séduire une ‘jeune fille bien’… ça fait froid dans le dos (pp.147~153) ! Le titre original, Great Catsby, semble être un jeu de mots et un clin d’œil à The Great Gatsby, roman de F. Scott FitzGerald porté à l’écran avec Robert Redford et dont l’histoire présente quelques traits communs.
Le ton est globalement léger et drôle, même si les nombreuses introspections du héros parfois frisent le surréalisme, telle cette scène où l’on devine que Catsby couche entre deux portes avec une inconnue, dont on ne voit que le museau crispé du premier et des ailes de papillons d’on ne sait qui… Les dialogues du reste sont relativement sibyllins : « je vais… le mettre… Je suis devenu insensible ? Il est clair que j’ai perdu la sensation de cette joie de me heurter… à un corps inconnu… Tu peux me regarder dans les yeux… pas la peine d’éviter mon regard puisqu’on ne va jamais se revoir. C’est un luxe que je ne peux pas me permettre… pour l’instant… Si tu veux te libérer, c’est maintenant ! Sinon effondre-toi… ou nourris-toi de ton être… fais ton choix ! L’un ou l’autre !!! Envole-toi… ou effondre-toi… (pp. 116~119) ».
Le style graphique de Doha est hérité de la formule blog BD, de plus en plus présente sur Internet. Les pages contiennent peu de cases, souvent non cadrées, tandis que l’attention porte principalement sur des mimiques et attitudes très ‘cartoon’ : les nombreuses grimaces participent énormément au comique des situations. Par des contours encrés par un trait noir et franc, les personnages sont plaqués sur des décors aux couleurs numériques atténuées, procédé dérivé de l’animation : de fait, certaines cases évoquent des cellulos, comme dans la scène de rendez-vous dans le café avec un même fond répété six fois ( pp. 152~154). Comment donc s’étonner de la décision prise de porter cette série à l’écran ? Aussi ce premier volume séduit-il par sa simplicité de ton, et par son humour graphique qui se savoure en feuilletant rapidement les pages, comme lorsqu’on parcourt un blog. En revanche, le scénario le dessert, tant il verse dans les banalités du quotidien. Les tomes suivants gagneraient à avoir plus de profondeur…
Séverine MARECHAL © 2004-2007 - Les Beaux Esprits Se Rencontrent (LBESR) : Archivé édition N°32 : 18.V.07 * * *
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