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 | COCKEY Tim | | Le Croque-Mort à Tombeau ouvert | | Titre original : The Hearse Case Scenario | [2] Alvik
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408 pages - 18 € ISBN 10: 2-914833-32-6
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| Texte | Iconographie | Pertinence | Objet | Informatif/Intéressant
Pagination > 450 p.
Historicisant
Universitaire
Appareil critique
| Cartes
Dessins / Croquis
Photos / Reproductions
Quadrichromie
Griffe originale
| Concision
Cohérence
Esprit / Génie
Pluridisciplinaire
Sujet original
| Cartonné / Relié
Grand format
Papier spécial
Maquette / Typographie
Autres / Cachet
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Humour cocasse pour Hitchcock Sewell, croque-mort et détective à ses heures, dans le but d’innocenter une amie d’enfance. L’écriture fourmille de détails, tant sur les environnements que sur les personnages, sans parler des situations burlesques où ils se retrouvent parfois. Tim Cockey n’en est pas à son coup d’essai : les habitués retrouveront Hitchcock Sewell dans son milieu de Baltimore, au volant de son corbillard et entouré de ses amis, dont son ex-femme Julia. Quelques flash-back permettent de faire connaissance avec ce héros attachant et de mieux comprendre ses réactions. Ce jeune orphelin recueilli par Billie, sa tante et co-fondatrice de l’entreprise funéraire, perfectionne avec elle le fonds de commerce :
« Billie et moi avions récemment décidé de faire poser des étagères où exposer des urnes cinéraires. Ces trucs-là, il en existe de toutes les formes et de toutes les couleurs, comme vous l’imaginez peut-être. Sans parler des ridicules urnes branchées, celles qui rendent hommage au dada, à la vocation ou à l’obsession du défunt. Ou aux trois en une, pour ceux qui ont eu cette chance-là. Nous vivons dans un monde idiosyncrasique. Billie et moi avons vu des femmes de fous de golf capables de gaspiller des centaines de dollars pour une urne représentant un sac de golf miniature […] Certaines de ces urnes fantaisie ressemblent à de petits coffres à bijoux. D’autres à des boîtes à cigares. Il en existe même une en forme de pierre percée, comme celle où l’on planque le double des clés de chez soi. Nous pouvons proposer des châteaux miniatures, un certain nombre de modèles d’automobiles, des quilles de bowling, des tourtereaux enlacés, des mains en prière ; il y en a même une à l’image d’Elvis Presley ( jeune ) marquée de l’inscription : Return to sender. Ça ne s’invente pas ( p.149) ».
Cette fois, Hitchcock s’investit pour sortir Lucy du pétrin, une amie d’enfance qui n’a jamais eu de chance : « Julia me jure que Lucy Taylor a toujours été comme ça, une sorte de Miss-La-Poisse. Elle dit que Lucy est venue au monde avec un karma peau-de-banane bien trempé, déjà parfaitement évident avant que je ne la blesse. Pour preuve, Julia évoque ce jour de Noël où Lucy, sept ans, se promenant le long de la jetée, était tellement dans la lune, qu’une fois arrivée au bout, elle avait continué à avancer et plouf, droit dans l’océan. Ou encore un an plus tard, lorsque, courant après un chat errant, elle s’était retrouvée coincée dans un collecteur d’égout d’où il avait fallu la libérer à coups de pioche. Le fait est que tout le quartier avait toujours été d’avis que Lucy était une fille gentille et généreuse […] mais qu’elle était simplement née avec une ou deux cartes en moins dans son jeu (p.14) ». Certes, elle a depuis tiré sur son amant qui, envoyé à l’hôpital pour blessure bénigne, est égorgé dans la soirée… Avec Julia et Munger, un détective connaissant de sérieux problèmes conjugaux, Hitchcock mène l’enquête, naviguant entre une séduisante chanteuse de blues, et divers escrocs qui auraient financé le club où travaillait la victime. Bonne occasion de retrouver des ambiances tardives, enfumées et enivrées, autour de paris et de matchs truqués.
Un scénario complet
Tim Cockey écrit avec une pointe d’humour saugrenu qui permet au lecteur de lui emboîter le pas, comme une ombre au héros. Ainsi de la description d’un embaumement : « Billie portait des gants de caoutchouc et une blouse grise. Une tasse de thé fumait dans le plateau métallique suspendu, à côté des pinces et tubes propres à notre profession. La pompe ronronnait par terre. Le pauvre homme que Sam nous avait envoyé était étendu sur la table métallique. Muet comme une carpe. Tout ce qu’il y a de plus mort. Plus désiré sur cette terre. Billie est capable d’embaumer les yeux fermés. C’est une pro. Ses mimines sautillaient en pilotage automatique, piquant, poussant, tirant, dévissant les bouchons, mesurant et mélangeant. On sort le vieux, on rentre le neuf. Billie a un toucher tranquille, délicat, mais assuré. Très proche de quand elle prépare ses cocktails, maintenant que j’y pense. Billie termina son travail et tapota la tête du mort. - Bonsoir, roucoula-t-elle. Elle retira ses gants d’un coup sec et attrapa sa tasse de thé […] Nous montâmes au premier et prîmes le petit-déjeuner. Biscuits et jus de viande faits maison. Jambon. Tomates frites au sucre. Embaumer, ça ouvre l’appétit. C’est empirique (pp.224-225) ».
Quelques erreurs grossières, toutefois, à moins qu’elles ne reflètent la version originale : « le coupable, qui qu’il soit, a utilisé une arme blanche (p.39) », « tu dis qu’il est au moins possible que quelqu’un ait chopé Arthur et essayer de faire cracher les Martin (p.129) » ou « avant de partir, Morris me dit qu’il pensait que le corps n’avait pas été tué là on l’avait trouvé (p.147) » !
Norah GUENEAU © 2004-2007 - Les Beaux Esprits Se Rencontrent (LBESR) : Archivé édition N°33 : 16.V.07 * * *
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