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 | ZOLMA | | Mistral cinglant | | | [4] Krakoen
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245 pages - 10 € ISBN 10: 9782916330174
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| Texte | Iconographie | Pertinence | Objet | Informatif/Intéressant
Pagination > 450 p.
Historicisant
Universitaire
Appareil critique
| Cartes
Dessins / Croquis
Photos / Reproductions
Quadrichromie
Griffe originale
| Concision
Cohérence
Esprit / Génie
Pluridisciplinaire
Sujet original
| Cartonné / Relié
Grand format
Papier spécial
Maquette / Typographie
Autres / Cachet
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En vacances pour soigner sa déprime, Lily Verdine enquête. Avec humour et cohérence, les événements se suivent sur un rythme de mistral cinglant ( clin d’œil au chanteur Renaud ? ) en suivant la piste d’un incendiaire pour innocenter un ami d’enfance. Suite de Croisière jaune : éjectée de la police officielle, Lily Verdine avait créé son agence de détective, vivotant de filatures pour adultère ou d’enquêtes pour escroquerie aux assurances. Son médecin et voisin Victor lui conseille alors de prendre un peu de repos, pour fuir ses angoisses : « bien entendu, on ne pouvait pas laisser les gens attachés à une chaise dans une pièce capitonnée ou sous neuroleptique violent pendant un lustre. On devait bien les délivrer un jour. Et lorsqu’on les libérait, le problème avait toutes les chances de réapparaître en moins de temps qu’il n’en faut à un banquier pour ruiner un honnête citoyen… Victor savait que j’appréciais cette modeste raillerie. La remarque m’avait d’ailleurs arraché un sourire, le premier en deux lunes. Le toubib avait perçu ce petit signe d’allégresse. Certes, rien à voir avec le soulagement du parachutiste qui réussit à décoincer la fermeture éclair du ventral, mais quand même (p.20) ». Elle revient ainsi en Provence dans le village de son adolescence, où son père nourricier mais désormais veuf fait tourner l’ancienne exploitation maraîchère transformée en gîte. Ce début décembre avec un mistral ‘à renverser les couleuvres’ maintient chacun chez soi : c’est donc un peu la morte-saison pour les chambres d’hôtes…
Mais lorsque l’usine voisine de cagettes part en flammes, elle brûle d’y mettre le nez. Or le représentant de la compagnie d’assurances l’engage, et elle a tout loisir de fouiner et remonter le temps : « au bourg, parmi les jeunes de mon époque, il y avait trois clans. Le premier, celui des ‘Taurins’, majoritaire en quantité. En qualité, je me prononce pas. Les locaux de souche qui s’amusaient dans les fêtes locales à courir après les taureaux lâchés dans les rues pour leur toucher les testicules. Apparentés à ce clan, les gonzesses, qui, dans les mêmes fêtes, se fringuaient en Arlésienne avec coiffe, jupons et tout. Et qui couraient après les mecs qui couraient après les taureaux, pour leur toucher les testicules. Euh, gaffe où tu mets les virgules, quand tu penses, Lily. Deuxième clan, les ‘venus d’ailleurs’, un peu bourges, arrivés d’Aix, Lyon voire Paris, légèrement méprisants pour le bas peuple, ‘Panem et circenses, c’est pas pour nous’. En lutte larvée avec le premier. Troisième clan, ultra-minoritaire, les ‘Ni l’un, ni l’autre’. Le mien, naturellement. Incapable de s’affranchir à quiconque. Exécrant tout autant les Taurins allumés au pastaga tous les samedis soirs que les richards pleins de morgue. Et haïs par tous. Ne pas choisir son camp, rien de pire. ‘Opposant, je te préfère en uniforme plutôt qu’électron libre et ingérable. Au moins je te reconnais’ (pp.50-51) ».
L’aventure aurait gagné à être développée davantage, car l’écriture est savoureuse et le ton acéré, l’enchaînement juste et l’humour caustique. Lily Verdine a sa place dans le polar, une personnalité fragile sous des dehors contestataires, avec des répliques des tirades qui sonnent comme des slogans : « chômedu, intérim, chômedu, intérim. L’alternance dans l’activité, mais la continuité dans la précarité (p.101) ». Enfin, les descriptions permettent d’apprécier certaines évolutions de la ‘France d’en bas’, des situations troubles mais oubliées, étayées de l’humanité ( ou du manque d’humanité ) de certains protagonistes. Norah Guéneau © 2004-2007 - Les Beaux Esprits Se Rencontrent (LBESR) : Archivé édition N°33 : 28.V.07 * * *
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