N° 49
 
ACCUEIL - SOMMAIRE

dossier :

confluences :

ARTICLES    ENTRETIENS
A VOIR    LIVRES
CD    DVD
 
AIDEARCHIVES
ArtsLivres EDITION
ECRIVAINS
SALON
ARTS
EXPOS
MUSEO
ARCHEO
HISTOIRE
PIONNIERS
ANTHROPO
MYTHES
PSYCHO
SF
BD-MANGA
TOKUSATSU
culture/politique/sciences
   
KOUNEN Jan - Carnets de voyages intérieurs GIMENO-PONS Vincent - Marché de la Poésie – Entretien N°2 CHAUVIN Marie-Agnès - Devenez Androgyne, ça ira mieux DORST Tankred - Moi, Feuerbach RICHARD Mathias - Machine dans tête LONGUESPE Bertrand - Le temps de rêver est bien court BOUHLAL Siham - Anefgou ou la mort subite du nourrisson STROH Olivier - Qui dirige le monde ?
 
Enregistrez vos MENUS
THEMATIQUES
Nos SPECIALITES
MONDE SYNOPTIQUE
AMERIQUES
LITTERATURES / pays
LIVRES
DISQUES
META-RUBRIQUES
 
 
 
 


 
 
 
GARDES Joëlle - Jardin sous le GivreGARDES Joëlle
Jardin sous le Givre
 
[7] Aden
 
121 pages - 15 €
ISBN 13: 978-2-84840-094-5
4
1 0
2 1
explication
du barème
ArtsLivres
TexteIconographiePertinenceObjet
 Informatif/Intéressant
 Pagination > 450 p.
 Historicisant
 Universitaire
 Appareil critique
 Cartes
 Dessins / Croquis
 Photos / Reproductions
 Quadrichromie
 Griffe originale
 Concision
 Cohérence
 Esprit / Génie
 Pluridisciplinaire
 Sujet original
 Cartonné / Relié
 Grand format
 Papier spécial
 Maquette / Typographie
 Autres / Cachet

Récit d’une relation qui s’étiole, entre accusations et incompréhension mutuelles. D’une plume juste et sans artifice, sûre et sans concessions, l’auteur dépeint une situation fréquente hélas, dont l’évolution peut servir de bonne chronique de ce qu’un couple ne doit pas faire …

David contemple sa femme dormir qui, après les émois enflammés, ces derniers temps garde ses distances et lui fait des scènes : voilà l’ambiance dès le premier chapitre. Lucie de son côté le trouve mollasson et étouffant à force de la couvrir de son amour : « ‘si tu crois que c’est agréable de vivre avec quelqu’un d’aussi casanier. Dire que je me suis préparée pour toi ! ( Elle arrache ses bijoux et les jette par terre ). Tu ne me vois même plus. Tu ne m’aimes plus. Tu ne m’as d’ailleurs jamais aimée. Je sais bien pourquoi tu m’as épousée, pour que je te serve de cuisinière et de paillasse’. Tout aussi soudainement, la colère l’abandonne, mais elle reste raide et refuse tout geste de tendresse (p.41) ».
 
De plus, elle jalouse la complicité qui le lie à sa mère et à son sage ami, Claude, divorcé et revenu de ses illusions : sa femme l’a quitté pour un homme plus riche et un monde plus miroitant. C’est que David est resté le petite garçon de sa mère, ce qui a le don d’exaspérer Lucie qui a besoin d’une force de caractère, ‘d’un homme, un vrai’… Or les femmes pardonnent rarement la faiblesse masculine, surtout leurs tendres souvenirs d’enfance : « - ‘voilà encore des contes de bonne femme. On t’a raconté trop d’histoires quand tu étais enfant’. David frémit en entendant ce ‘on’, qui est une condamnation définitive des fées qui se sont penchées sur son berceau, sa mère, sa tante et ses grands-mères. Est-ce sa faute si Lucie n’a pas connu sa mère ? (p.65) »… C’est que Lucie n’a pas eu une adolescence saine et heureuse, entre un père qui n’eut cesse de la protéger de l’extérieur, et une mère froide qui ne sut l’aimer ni lui donner un peu de tendresse.
 
Chronique d’une mort annoncée
 
Devant tant d’incompréhension de part et d’autre, ce roman relate la descente aux enfers d’un couple qui s’aime encore, mais dont chacun est devenu un relatif étranger pour l’autre. En proie à des humeurs de plus en plus violentes, Lucie devient vindicative et lui de plus en plus contrit et amer, n’osant prendre le taureau par les cornes et secouer le cocotier : « elle étend sa main par-dessus la table et effleure celle de David. C’est un geste rapide, presque furtif, qui le remplit de gratitude, et qu’il accueille en silence, de peur de l’effaroucher. S’il avait la sagesse, ou la résignation de Claude, il apprécierait l’instant. Mais il n’adhère qu’à la douleur, qu’il éprouve sans distance. Pour le reste, par une infirmité qui le navre, il est un spectateur de sa vie. Il agit et son double qui le regarde se livre à des commentaires grinçants. « Elle a sûrement quelque chose à se faire pardonner (pp.29-30) ».
 
Et leurs multiples tentatives tacites de réconciliation sont tournées en dérision par l’autre, surtout par David qui entend ainsi signifier sa douleur : « il éprouve même un éclair de haine pour cette femme qui croit que sa souffrance lui donne le droit de faire souffrir les autres, pour cette femme dont la seule puissance est la tyrannie qu’elle exerce sur lui (p.71) »… Chacun vit en prenant des pincettes, tous deux conscients cependant du simulacre, qui vire invariablement à la scène conjugale : « arrivé à ce stade de la conversation rituelle, elle s’en prend à Claude, qui est un bouc émissaire tout trouvé. David sait qu’il ne doit pas l’interrompre s’il ne veut pas lui-même être pris à parti. Elle finit par se lasser. Faute d’aliment, sa colère s’éteint et elle part en claquant la porte. David préfère cela aux crises de larmes et aux migraines qui s’ensuivent, de plus en plus violentes. Elle s’enferme dans l’obscurité de son bureau et il reste seul dans le silence de la grande maison (p.52) ».
 
Lève-toi et marche
 
Le titre annonce cependant un espoir qui couve sous le glacis de cette relation : c’est à force de l’acculer que le plus faible puise la force de prendre les devants. Lucie, entre autres erreurs, commet celle de révéler une aventure à quelqu’un qui n’avait vraiment pas besoin de cela : « il avait souri avec confiance et elle lui avait brisé le cœur (p.68) ». Mais tel un rappel de ce vers de Khalil Gibran, « much pain in self-chosen », une inconnue avec qui il bavarde à une soirée voit juste et lui met les points sur les i : « c’est toi qui veux bien souffrir. Le monde est peuplé de beaux fruits qui attendent d’être cueillis (p.58) »…
 
Prenant progressivement du recul, David devient presque philosophe, se demandant par exemple « comment, s’il était une femme, il supporterait les mains des hommes, leur odeur forte, leur barbe dure. Il aurait peur d’être brisé. Il entrevoit que le refus de Lucie d’avoir un autre enfant n’est que le souci de rester entière. La vie d’une femme, se dit-il, se passe à être forcée, de l’extérieur par l’homme, de l’intérieur, par l’enfant qui naît. David devine la panique qui doit d’emparer d’elle (p.72) ». Et de s’apercevoir finalement que chacun dans son couple vit le même calvaire : « Lucie et lui, si différents en apparence, sont en réalité semblables. Ils s’interdisent l’un et l’autre tout abandon, elle, par peur que son être n’explose, et lui, par crainte d’être puni. Autres causes, mêmes effets : un corset qui les comprime (p.101) »…

Nicolas VAILLANT

© 2004-2007 - Les Beaux Esprits Se Rencontrent (LBESR) : Archivé édition N°34 : 10.VII.07

* * *

[355]   LIVRES > LITTERATURE / genres > Roman   
 
  LITTELL Robert - La Compagnie  Roman 
4 : 16.VII.04
LITTELL Robert :
La Compagnie
3 0
2 0
 

La CIA comme on ne l'a jamais vue : fonctionnement et évolution depuis la fin de la seconde guerre mondiale au début des années 90 avec le putsch manqué contre Gorbatchev. Un roman d'espionnage passionnant, qui mêle habilement histoire et fiction... »»»

 
  GUILLEBON Swann de - Farang  Roman 
2 : 16.VI.04
GUILLEBON Swann de :
Farang
1 0
2 0
 

Premier roman. Une rare et excellente surprise : le livre est abouti, et l'histoire louvoie adroitement entre le monde médical, la mafia, et les amoureux de la Thaïlande. Le style, concis et ferme, révèle ici un auteur mûr et perspicace, doté d'une plume sûre et riche, tendre et drôle. »»»

 
 
 - Notules littéraires sur le monde juif BEVILACQUA Alberto - La Pâque Rouge HARRISON Jim - De Marquette à Veracruz CAMILLERI Andrea - La Disparition de Judas LOUIS-COMBET Claude - Blesse, Ronce Noire CUSK Rachel - Arlington Park
 
 
[236]   LITTERATURES / pays > FRANCOPHONE > France   
 
  GODARD Henri - Une Grande Génération  Création 
1 : 01.VI.04
GODARD Henri :
Une Grande Génération
3 0
1 0
 

Un recueil d'essais stimulants et enrichissants où ce professeur d'université, qui enseigna à la Sorbonne, analyse l'impact de l'Histoire sur la littérature : comment l'expérience de la Grande Guerre insuffla la nécessité, chez certains écrivains, d'un changement d'écriture ? »»»

 
  SERAPHIN Danièle - Un si vieil Amour  Roman 
14 : 21.IX.05
SERAPHIN Danièle :
Un si vieil Amour
1 0
2 0
 

Remarquable roman sur l'éventail des sentiments et des contrariétés de l'amour. En retrouvant les lettres de ses parents et grands-parents, Emma revit l'évolution de leurs relations, de la passion à la haine : c'est une douleur, les parents sont si jeunes et si vivants lorsqu'elle lit (p.95). »»»

 
 
GAVALDA Anna - Ensemble, c'est tout HEURE Gilles - L’Insoumis, Léon Werth 1878-1955 PHYTILIS Jacques - Fragments d’un Poème de la Nature HERVIEU Paul - Diogène le chien collectif - Mes Chers Voisins  - Notules littéraires sur le monde juif
 
 

     
CHEZ CET EDITEUR :
nos préférés
 
AQUIEN Pascal - Oscar WildeBRECHON Robert - Fernando Pessoa
 
ROMAN :
nos préférés
 
NESBO Jo - Rue Sans-SouciMANKELL Henning - Le Retour du Professeur de Danse
GUILLEBON Swann de - FarangDAVIDSEN Leif - La Photo de Lime
LAXNESS Halldor Kiljan - La Saga des Fiers-à-BrasLE ROY Philip - Le Dernier Testament
DURAN COHEN Ilan - Quatre romans de l’existenceHOBAEK HAFF Bergljot - Le Prix de la Pureté
»»» Plus de choix [24]
 
ROMAN :
dernières entrées
 
RICHARD Mathias - Machine dans têteLONGUESPE Bertrand - Le temps de rêver est bien court
MEZARIGUE Laure - L’AgrémentCONRADO Julio - C’était la Révolution
TOUSSAINT Jean-Philippe - Faire l’amourDURAN COHEN Ilan - Quatre romans de l’existence
GEIGER Arno - Le vieux Roi en son ExilNOOTEBOOM Cees - Dans les montagnes des Pays-Bas
 
FRANCE :
dernières entrées
 
RICHARD Mathias - Machine dans têteLONGUESPE Bertrand - Le temps de rêver est bien court
MEZARIGUE Laure - L’AgrémentARCHENOULT Alexandre - La Lune
HUYSMANS Joris-Karl - Trois PrimitifsTOUSSAINT Jean-Philippe - Faire l’amour
STROH Olivier - Le Prince PhilippeDURAN COHEN Ilan - Quatre romans de l’existence
 
 
Barèmes | Charte | Chroniquer | Echos | Equipe | Legal | Soutien | Plan du site
 

© 2004-2008 - Les Beaux Esprits Se Rencontrent (LBESR)