N° 49
 
ACCUEIL - SOMMAIRE

dossier :

confluences :

ARTICLES    ENTRETIENS
A VOIR    LIVRES
CD    DVD
 
AIDEARCHIVES
ArtsLivres EDITION
ECRIVAINS
SALON
ARTS
EXPOS
MUSEO
ARCHEO
HISTOIRE
PIONNIERS
ANTHROPO
MYTHES
PSYCHO
SF
BD-MANGA
TOKUSATSU
culture/politique/sciences
   
KOUNEN Jan - Carnets de voyages intérieurs GIMENO-PONS Vincent - Marché de la Poésie – Entretien N°2 CHAUVIN Marie-Agnès - Devenez Androgyne, ça ira mieux DORST Tankred - Moi, Feuerbach RICHARD Mathias - Machine dans tête LONGUESPE Bertrand - Le temps de rêver est bien court BOUHLAL Siham - Anefgou ou la mort subite du nourrisson STROH Olivier - Qui dirige le monde ?
 
Enregistrez vos MENUS
THEMATIQUES
Nos SPECIALITES
MONDE SYNOPTIQUE
AMERIQUES
LITTERATURES / pays
LIVRES
DISQUES
META-RUBRIQUES
 
 
 
 


 
 
 
WU MING - New ThingWU MING
New Thing
 
[48] Métailié
Entretien avec l'éditeur :
METAILIE Anne-Marie
218 pages - 18 €
ISBN 13: 978-2-86424-618-3
4
1 0
2 1
explication
du barème
ArtsLivres
TexteIconographiePertinenceObjet
 Informatif/Intéressant
 Pagination > 450 p.
 Historicisant
 Universitaire
 Appareil critique
 Cartes
 Dessins / Croquis
 Photos / Reproductions
 Quadrichromie
 Griffe originale
 Concision
 Cohérence
 Esprit / Génie
 Pluridisciplinaire
 Sujet original
 Cartonné / Relié
 Grand format
 Papier spécial
 Maquette / Typographie
 Autres / Cachet

États-Unis, années soixante : frénésie new-yorkaise, violences raciales, meurtres mystérieux sur des rythmes de jazz, une enquête en forme de montage vidéo qui saisit sur le vif l’âme d’une époque à travers celle de sa musique… ( En mandarin, Wu Ming signifie sans nom ).

Nouvelle ‘Littérature engagée’

En guise de préface, quelques pages du traducteur présentent une nouvelle pratique, rieuse et brillante, de l’engagement artistique ( du côté de la gauche italienne ), par les membres du collectif. Ce roman individuel de Wu Ming 1 ( pseudonyme de Roberto Bui ) ne déroge ni à cette exigence, ni à celles de la littérature.

Ce roman est axé sur la réouverture, quarante ans après, d’une mystérieuse affaire classée de meurtres en série, dans le milieu des jazzmen new-yorkais en 1967. L’intrigue évoque ainsi quelques monuments de la scène, tel J. Coltrane dit Trane, personnage clé. Il est accompagné de figures historiques célèbres, ayant occupé la scène politique cette fois autour de la ‘question raciale’ : Reagan, Hoover, Martin Luther King et le fondateur des Black Panthers, etc.

Derrière eux, il a aussi ses machines diaboliques : FBI, CIA et des officines annexes de ‘renseignement’, c’est-à-dire chargées de déstabiliser des mouvements contestataires. Et c’est sans oublier les fonds de scène, des essais atomiques aux bourbiers sanglants du Viêt-Nam, en passant par les turbulences de la décolonisation africaine : « à Hiroshima et à Nagasaki, il y avait des civils. Des parents de la mère de quelqu’un. Des camarades de classe du père de quelqu’un. Le Japon était en train de se rendre. Il y avait une technologie à expérimenter. Comme à Bikini : les gamins de l’atoll voisin virent s’approcher un nuage, ils rirent, ils pensèrent qu’il s’agissait d’un jeu, jusqu’à ce que la peau leur brûle, et que leurs cheveux et leurs dents tombent. Différentes manières de mourir : tu t’en vas avant le tonnerre, tu t’en vas avec l’éclair, mais ceux de l’atoll voisin s’en vont peu à peu, en demandant de l’eau, en marmonnant des malédictions desséchées. Ils disent que nous sommes ‘la génération de la bombe’, les premiers à avoir grandi en sachant que tout, moi, toi, vous, eux, peut être effacé en un instant (p.137) »…

Sur ce fond quasi stroboscopique, se dessine en touches successives la vie d’une communauté noire assoiffée de justice et de reconnaissance, comme électrisée par la magie libératrice d’un jazz plongeant ses racines dans l’histoire : « encore plus en arrière et encore plus en dedans, tu entendais l’esclavage, quelque chose d’interrompu, le dernier roulement de tambour avant que l’ancêtre soit pris et chargé sur un navire, tu entendais les noirs en colère (p.26) »… Les jazzmen, véritables héros du livre, sont à ce titre les « guerriers de la culture noire (p.59) » dans un monde de frilosité et d’hypocrisie blanches qui, concèdant des droits sur le papier, continue d’opprimer et de lyncher les esprits avec la complicité des autorités. L’un d’entre eux résume avec laconisme : « nous étions trois fois mal barrés : discriminés parce que noirs, exploités en tant qu’artistes, marginaux par choix (p.123) ».

‘Ecriture-vidéo’

New thing a toutes les qualités d’un bon roman ‘classique’, alliant trame de polar et fond de réflexion politique et sociale. Mais il n’en a pas la forme, Wu Ming 1 ayant tenté d’adapter à l’écriture le principe du montage vidéo : le roman devient polyphonique autour d’un enquêteur anonyme qui sollicite les témoignages des acteurs et de leurs proches, sans jamais se mettre lui-même en scène, mais dédoublé en quelque sorte par la personne d’une jeune journaliste ( qui quarante ans auparavant, ouvrit l’enquête avec des interviews ) dont il reprend le travail.

La construction du roman en est d’autant plus complexe : elle pourra dérouter le lecteur surtout dans les premiers chapitres, pleins d’allusions au monde musical de l’époque, et dont la suite précise les identités et rapports réciproques des personnages. On est vraiment jeté in medias res, peut-être manière pour l’auteur de dissuader le lecteur négligent… Passé ce cap, les choses s’éclaircissent, et le principe de composition, parfaitement maîtrisé, assure un renouvellement constant du plaisir de la lecture, qui file sur le rythme d’une succession de solos plus ou moins syncopés.

Ce procédé permet également de donner vie aussi bien aux premiers rôles qu’aux seconds, tous saisis dans un instant, une attitude ou une déclaration qui met à nu un aspect de leur être… et parfois au-delà de tout être. Ainsi de cette très belle évocation du deuil associant les points de vue de la première et de la troisième personne : « Kwesi n’est pas là, son époux depuis sept jours seulement. Mon amour n’est pas là dans cette maison que je ne peux plus m’offrir. Sur le seuil de chaque pièce vide, Anita n’a plus de centre de gravité (p.59) ».

Nostalgies

Outre ses péripéties d’investigation, New thing est un roman de la mélancolie, ou plutôt de la nostalgie pour une époque de bouillonnement créatif, de foisonnement vital irrigué par les métamorphoses du jazz. De nostalgie aussi pour un temps de lutte ouverte nourrie d’espoirs et d’utopie : brillant miroir où se reflètent les mornes défaites confessées par les protagonistes survivants, miroir tendu aussi aux successeurs battus d’avance et résignés que nous sommes si souvent.

Etymologiquement, la nostalgie désigne le mal du voyage de retour au pays ( nostos ). Ici, c’est d’abord celle des anciens esclaves hantés par l’Afrique des origines qui crie dans leur musique ; c’est aussi celle des protagonistes défaits pour les jours terribles mais si intenses de leur jeunesse abîmée depuis dans un crépuscule terne. Les beaux personnages du noir Rowdy-Dow et de la blanche Sonia, piliers du roman et pris entre surdité et mutisme, se dressent presque comme ces « ossements desséchés (p.56) » d’Ezéchiel, mais sans la force ressuscitée qui feraient d’eux une nouvelle armée. Au contraire, ils donnent raison à une Lettre à Lucilius ( Sénèque ) citée par Sonia à un moment clé de l’intrigue : « mais croupir dans l’ombre et l’apathie, c’est de sa demeure se faire un tombeau. Au seuil même de tels hommes on peut graver sur le marbre, en épitaphe : morts par anticipation (p.149) » (pour les curieux, la citation non précisée par l’auteur est à la Lettre 60 §4 ).

Le roman ne cède toutefois pas au défaitisme ; l’espoir, déjà porté par la musique, continue à courir le monde comme le mythe, comme la nostalgie : « tu peux la chercher [Sonia], la trouver… attacher un tas de pacotilles à son nom, embrouiller les histoires dans un réseau de rides. Elle ne t’en empêchera pas, elle est fatiguée, la lettre à Lucilius le dit. Ou bien tu peux la laisser libre, légende poussée par le vent, sœur des buissons du désert : tu les vois rouler et ramasser poussière, osselets, paperasse, insectes morts… Personne ne sait où ils vont finir. Ils sont comme les livres qui racontent les distances (p.208) »…

François PROST

© 2004-2007 - Les Beaux Esprits Se Rencontrent (LBESR) : Archivé édition N°34 : 20.VIII.07

* * *

[355]   LIVRES > LITTERATURE / genres > Roman   
 
  LITTELL Robert - La Compagnie  Roman 
4 : 16.VII.04
LITTELL Robert :
La Compagnie
3 0
2 0
 

La CIA comme on ne l'a jamais vue : fonctionnement et évolution depuis la fin de la seconde guerre mondiale au début des années 90 avec le putsch manqué contre Gorbatchev. Un roman d'espionnage passionnant, qui mêle habilement histoire et fiction... »»»

 
  GUILLEBON Swann de - Farang  Roman 
2 : 16.VI.04
GUILLEBON Swann de :
Farang
1 0
2 0
 

Premier roman. Une rare et excellente surprise : le livre est abouti, et l'histoire louvoie adroitement entre le monde médical, la mafia, et les amoureux de la Thaïlande. Le style, concis et ferme, révèle ici un auteur mûr et perspicace, doté d'une plume sûre et riche, tendre et drôle. »»»

 
 
FOGTDAL Peter H. - Le Front Chantilly LOCANDRO Catherine - Clara la Nuit GABRIELSEN Bjorn - Hareng des Steppes GRONDAHL Jens Christian - Virginia KING Stephen - Salem PANAYOTOPOULOS Nicos - Le Gène du Doute
 
 
[20]   LITTERATURES / pays > EUROPE (autres) > Italien   
 
  CAMILLERI Andrea - La Disparition de Judas  Roman 
22 : 21.IX.05
CAMILLERI Andrea :
La Disparition de Judas
1 0
0 0
 

Roman original mêlant style journalistique, rapports administratifs et missives entre hauts fonctionnaires, dans une enquête de disparition d'un notable ayant joué le rôle de Judas dans la représentation de la Passion du Christ, un Vendredi Saint, en Italie. Tout un programme… »»»

 
  DI CARA Piergiorgio - L'Ame à l'Epaule  Roman 
19 : 01.V.05
DI CARA Piergiorgio :
L'Ame à l'Epaule
1 0
0 0
 

Palerme : une enquête actuelle vue de l'intérieur et menée de main de maître, mots violents pour descriptions crues, enchaînements rapides et cohérents. L'auteur, commissaire à la brigade anti-mafia de Palerme, est aussi romancier : exemple de double casquette réussie… »»»

 
 
PARISE Goffredo - La Colline des Sept-vents VINCI Léonard de - Maximes, Fables & Devinettes BEVILACQUA Alberto - La Pâque Rouge MAZZANTINI Margaret - Ecoute-Moi CARLOTTO Massimo - L'Immense Obscurité de la Mort PERISSINOTTO Alessandro - Train 8017
 
 

     
Du même auteur
WU MING
 
WU MING - Guerre aux Humains
 
CHEZ CET EDITEUR :
nos préférés
 
STADEN Hans - Nus, féroces et anthropophages
 
ROMAN :
nos préférés
 
LARSSON Stieg - Les Hommes qui n’aimaient pas les FemmesTOUSSAINT Jean-Philippe - Faire l’amour
HOBAEK HAFF Bergljot - Le Prix de la PuretéEMECHETA Buchi - La Cité de la Dèche
YOSHIMURA Akira - La Guerre des Jours LointainsCOULSON Joseph - Le Déclin de la Lune
SCARBOROUGH Dorothy - Le VentRIEL Jorn - Heq
»»» Plus de choix [24]
 
ROMAN :
dernières entrées
 
RICHARD Mathias - Machine dans têteLONGUESPE Bertrand - Le temps de rêver est bien court
MEZARIGUE Laure - L’AgrémentCONRADO Julio - C’était la Révolution
TOUSSAINT Jean-Philippe - Faire l’amourDURAN COHEN Ilan - Quatre romans de l’existence
GEIGER Arno - Le vieux Roi en son ExilNOOTEBOOM Cees - Dans les montagnes des Pays-Bas
 
ITALIEN :
dernières entrées
 
PENNACCHI Matteo - Le Tour du Monde sans un RondBOITO Camillo - Senso
CARBOCCI Mario - Sur les Epaules du FleuveSINISGALLI Leonardo - Le Moineau et le Lépreux
PASINETTI Pier Maria - A propos d’AstolfoANDREINI Isabella - Lettres à mes Amants
STUPARICH Giani	 - L’îleCARLOTTO Massimo - L'Immense Obscurité de la Mort
 
 
Barèmes | Charte | Chroniquer | Echos | Equipe | Legal | Soutien | Plan du site
 

© 2004-2008 - Les Beaux Esprits Se Rencontrent (LBESR)