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 | MARININA Alexandra | | L’Illusion du Péché | | | [33] Seuil (Le)
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408 pages - 22 € ISBN 13: 978-2-02-083933-4
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| Texte | Iconographie | Pertinence | Objet | Informatif/Intéressant
Pagination > 450 p.
Historicisant
Universitaire
Appareil critique
| Cartes
Dessins / Croquis
Photos / Reproductions
Quadrichromie
Griffe originale
| Concision
Cohérence
Esprit / Génie
Pluridisciplinaire
Sujet original
| Cartonné / Relié
Grand format
Papier spécial
Maquette / Typographie
Autres / Cachet
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Excellent roman où la vie quotidienne russe côtoie le terrorisme international et les expériences scientifiques individuelles menées sur des humains. Il met en éclairage la société soviétique éclatée, à l’instar des différentes républiques et de leurs difficultés à vivre ensemble. Pour Ira Terekhina, l’horizon est laborieux, et se limite à trimer quinze à vingt heures par jour pour gagner l’argent des soins médicaux nécessaires à sa famille. C’est que des années auparavant, alors qu’elle n’avait que quatorze ans, sa mère jeta ses trois frères et sœur par la fenêtre du neuvième étage, avant de se défenestrer elle-même. Mais tous survécurent, à l’exception du père qui eut une crise cardiaque en apprenant les faits…
Depuis, Ira balaie les rues, lave les cages d’escalier, apporte des boissons chaudes aux commerçants du marché, fait la plonge dans un restaurant, tout en sous-louant la majorité des pièces disponibles de l’appartement familial, afin de procurer quelques friandises à ses frères et sœur et leur fournir les livres pour l’école. Les visites à l’hospice sont ce qui lui coûtent le plus, c’est-à-dire sur le plan émotionnel, car elle n’a jamais eu d’explications au geste de sa mère, devenue amnésique, à qui elle ne peut pardonner.
Si le premier meurtre n’a qu’un rapport lointain avec le dénouement final, l’articulation des faits, découverts progressivement et correctement reconstitués, entraine le lecteur sans heurts en lui dévoilant des pans entiers de la société soviétique d’antan. L’inspectrice navigue avec son équipe dans les milieux interlopes, jouant un rôle assez marqué par l’assistanat social…
Eléments autobiographiques
Anastasia Kamenskaïa ressemble à Alexandra Marinina, laquelle décrit la Criminelle de Moscou avec grand réalisme. Et pour cause : elle en faisait partie, après des études de criminologie et une thèse sur « les criminels et la prévention des récidives ». Elle quitta ses fonctions en 1998, avec le grade de lieutenant-colonel.
Ses romans ne plongent pas le lecteur dans des aventures mafieuses, brutales mais qui détaillent les caractères, ceux des enquêteurs compris, ainsi que la vie quotidienne des classes russes et la difficulté des plus faibles à survivre sans tomber dans la vodka ou les trafics.
Extraits sur la vie moscovite, et certains de ses ‘acteurs’ : • « le restaurant Gloria était minuscule et ordinaire. La mafia ne s’y réunissait pas et n’y organisait pas de règlements de comptes. L’encaisseur passait simplement une fois par mois, le patron lui remettait la somme convenue et chacun pouvait dormir sur ses deux oreilles […] La clientèle se composait des mêmes habitués qui préféraient manger une nourriture bonne et pas trop chère près de chez eux plutôt que de faire à dîner la nuit tombée (p.50) » ;
• « il était clair que la gamine s’efforçait de maintenir l’appartement dans un état acceptable, mais la pauvreté transpirait de partout. Des morceaux de papier peint décollés étaient fixés avec du scotch et le plafond avait besoin d’une couche de peinture. […] l’éclat humide du linoléum montrait de manière éloquente que la jeune maîtresse de maison s’était préparée à l’arrivée de ses visiteurs (pp.72-73) » ;
• « l’équipe s’était inventé une activité de couverture : sous l’apparence de représentants de commerce, ils faisaient la navette entre la Russie, la Turquie et l’Egypte, reliant entre elles des communautés musulmanes qui se préparaient au djihad – la guerre sainte – et aidaient les terroristes. Ils ne se fiaient pas aux moyens de communication modernes et pensaient qu’il valait mieux transmettre des informations verbalement, directement d’une personne à l’autre (p.87) »… Norah GUENEAU © 2004-2007 - Les Beaux Esprits Se Rencontrent (LBESR) : Archivé édition N°33 : 01.V.08 * * *
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