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 | SINISGALLI Leonardo | | Le Moineau et le Lépreux | | Titre original : Il Passero e il Lebbroso | [8] Part Commune (La)
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94 pages - 13 € ISBN 10: 2-84418-053-1
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| Texte | Iconographie | Pertinence | Objet | Informatif/Intéressant
Pagination > 450 p.
Historicisant
Universitaire
Appareil critique
| Cartes
Dessins / Croquis
Photos / Reproductions
Quadrichromie
Griffe originale
| Concision
Cohérence
Esprit / Génie
Pluridisciplinaire
Sujet original
| Cartonné / Relié
Grand format
Papier spécial
Maquette / Typographie
Autres / Cachet
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Court recueil de poèmes datant de la dernière période du poète italien (1908-1981), qui évoquent avec discrétion souvenirs d’enfance, scènes de vie, et méditations teintées d’émotion ou d’amertume. Mais cette édition est peu satisfaisante. Une des principales originalités de Leonardo Sinisgalli est d’avoir cherché, dans sa vie professionnelle comme dans sa création poétique, à allier science, technique et art, à l’image de son illustre homonyme. Le présent recueil ne reflète toutefois guère cet aspect de son travail, et se présente comme un opus classique d’inspiration et de ton. Les souvenirs émus de l’enfance dans le grand Sud italien voisinent ainsi avec ceux de la jeunesse débridée dans les bas-fonds de Rome, avec un hommage à l’architecte Borromini dans une scène de promenade au Pincio, et un autre hommage, tout intime celui-là, au fils de sa compagne tel son fils adoptif, avec une épitaphe pour un poète disparu.
A cette variété des sujets répond celle des tons et des émotions, toujours retenues, plus suggérées qu’explicitées, quoique unifiées par la forme de l’épigramme : poèmes courts, allant droit au but sans fioritures, s’achevant sur une pointe volontiers tournée en forme de leçon. Voici un exemple qui témoigne à la fois de la vie familiale et du monde paysan italien, un bel « Ex-voto : Les vieux ne savent pas à qui parler Des enfants qui sont loin, Ils s’épanchent avec les pauvres Qui vont et viennent dans la maison. Ma grand-mère livre chaque dimanche Une poupée de pain À chacune de ses fidèles mendiantes. Elle évoque Caietano Iacinto Romualdo Peppe Antonio : elle les voit toujours en danger Parmi les crocodiles de la Madeleine. Les visiteuses emportent ses larmes Et une tranche de lard. (p.42) »
La poésie épigrammatique privilégie la vigueur du trait, l’instantané d’une vision fugace et la pointe d’esprit, plutôt que la force brute de l’image ou de la métaphore, et choisit résolument la musique contre la déclamation. Elle n’en est que plus difficile à traduire, et à apprécier en traduction. Pour exemple, le poète Martial, maître latin du genre, devient un monument d’ennui en prose française. Le traducteur a sans doute fait ce qu’il pouvait, mais la cruelle absence du texte italien en regard empêche d’en juger, et surtout mesurer l’accomplissement artistique de l’auteur : bien des textes ici paraissent plats et fades, et pour tout dire, d’un intérêt limité. C’est d’autant plus regrettable que la simplicité de la syntaxe originale, jointe à la proximité du français à l’italien, aurait permis au lecteur français ignorant l’italien de se faire une meilleure idée de l’œuvre.
Surtout, l’édition proposée me paraît bâclée : outre de menues coquilles, que penser d’un recueil d’épigrammes où, tant dans le titre de telle pièce que dans l’annotation, même le mot « épigramme » est accordé au masculin ( cf. « épigrammes ondulés [sic!] », pp. 58, 91 ), transformant ainsi le poème en pièce de boucherie ? Manque aussi une table des matières. Certes, une préface retrace à grands traits la vie et l’œuvre de l’auteur, mais les annotations en fin de volume sont très insuffisantes, souvent hors de propos, et manquent d’éclairer le plus important dans le texte annoté. Par exemple, pour le poème « Santa Maria del Popolo », s’achevant ainsi : « Je me suis agenouillé Sur une marche et reçois presque la ruade D’un cheval qui débouche du mur (p.69) », quelques détails sont donnés sur la construction de cette église romaine. Mais qui peut comprendre le poème et sa fin si la note ne rappelle à qui l’ignorerait que cette église abrite la grande toile du Caravage, La conversion de Saint Paul, dominée par la masse du cheval, vu de dos, d’où vient de tomber Saint Paul en gisant à terre ? L’auteur méritait mieux.
 François PROST © 2004-2007 - Les Beaux Esprits Se Rencontrent (LBESR) : Archivé édition N°37 : 18.VI.08 * * *
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