N° 49
 
ACCUEIL - SOMMAIRE

dossier :

confluences :

ARTICLES    ENTRETIENS
A VOIR    LIVRES
CD    DVD
 
AIDEARCHIVES
ArtsLivres EDITION
ECRIVAINS
SALON
ARTS
EXPOS
MUSEO
ARCHEO
HISTOIRE
PIONNIERS
ANTHROPO
MYTHES
PSYCHO
SF
BD-MANGA
TOKUSATSU
culture/politique/sciences
   
KOUNEN Jan - Carnets de voyages intérieurs GIMENO-PONS Vincent - Marché de la Poésie – Entretien N°2 CHAUVIN Marie-Agnès - Devenez Androgyne, ça ira mieux DORST Tankred - Moi, Feuerbach RICHARD Mathias - Machine dans tête LONGUESPE Bertrand - Le temps de rêver est bien court BOUHLAL Siham - Anefgou ou la mort subite du nourrisson STROH Olivier - Qui dirige le monde ?
 
Enregistrez vos MENUS
THEMATIQUES
Nos SPECIALITES
MONDE SYNOPTIQUE
AMERIQUES
LITTERATURES / pays
LIVRES
DISQUES
META-RUBRIQUES
 
 
 
 


 
 
 
RUIZ Don Miguel - Les Quatre Accords ToltèquesRUIZ Don Miguel
Les Quatre Accords Toltèques
La Voie de la Liberté Personnelle
Titre original : The Four Agreements
[1] Jouvence
 
125 pages - 6,50 €
ISBN 13: 978-2-88353-461-2
3
1 0
2 0
explication
du barème
ArtsLivres
TexteIconographiePertinenceObjet
 Informatif/Intéressant
 Pagination > 450 p.
 Historicisant
 Universitaire
 Appareil critique
 Cartes
 Dessins / Croquis
 Photos / Reproductions
 Quadrichromie
 Griffe originale
 Concision
 Cohérence
 Esprit / Génie
 Pluridisciplinaire
 Sujet original
 Cartonné / Relié
 Grand format
 Papier spécial
 Maquette / Typographie
 Autres / Cachet

Succès commercial, les Quatre Accords ( dits toltèques dans la version française ) sont une vulgarisation des concepts de projections inconscientes et de connaissance de Soi, ainsi que celle de concepts jungiens centraux comme la persona ( masque social ) et l’individuation.

Dans la myriade de livres parus sur le développement personnel, certains se détachent par leur contenu comme par leur succès en librairie, et celui-ci en fait partie. Or l’adjonction de l’adjectif toltèque ( pourtant absent de l’édition originale en anglais ) à ce texte de vulgarisation qui rappelle le marketing ‘ethnique’ de la La Prophétie des Andes ( angl. The Celendin Prophecy ) et se décline comme lui en nombreux titres ultérieurs, en série à l’image de la production d’un Carlos Castañeda, laissait présager un essoufflement rapide et le délayage du message, noyé dans une récriture et repackaging dont l’édition est coutumière. Or il n’en est rien.

Pour ce titre phare de Don Miguel Ruiz, médecin mexicain formé aux Etats-Unis et devenu chaman sur le tard, c’est une bonne surprise, d’autant qu’il est court comparé aux auteurs précités, avec quatre idées de bon sens dont le succès montre qu’il était utile de les rappeler. Il commence par le fait, évident en Inde, que la vie est d’abord une illusion ( māyā ), alimentée et constituée par toutes les croyances et conventions ( dit « Livre de la Loi » ) que la société transmet et défend épi-génétiquement par l’éducation et sa culture : c’est ce que l’auteur appelle « le rêve de la planète ». Celui-ci est conforté par la peur du rejet social, et par le mitote, ce miroir de confusion psychique que nous sommes et qui caractérise le monde moderne.


De la « Domestication de l’homme » par le « rêve de la planète »

Or, précise l’auteur, tout est affaire d’attention et d’accord : « l’attention est la capacité d’être sélectif et de se concentrer exclusivement sur ce que l’on veut percevoir […] les Adultes qui nous entouraient, lorsque nous étions enfant, ont donc capté notre attention et introduit des informations dans nos esprits par la répétition […] Nous n’avons jamais eu l’occasion de choisir ce que nous croyons ou non. Nous n’avons pas choisi la plus infime des choses à laquelle nous avons donné notre accord. Nous n’avons même pas choisi notre nom […] La seule façon de conserver de l’information, c’est d’être d’accord avec elle (pp.20-21) ».

Or ce « processus de domestication des humains (p.22) » commencé dès l’enfance, se poursuit à l’adolescence et à l’âge adulte, en partageant et reproduisant ces mêmes codes aux fins d’être accepté : « bientôt nous avons commencé à avoir peur d’être puni ou de ne pas recevoir de récompense, celle-ci consistant à obtenir de l’attention de nos parents ou d’autres personnes, telles que nos frères et sœurs, professeurs et amis […] Comme elle nous faisait du bien, nous aussi avons continué à faire ce que les autres attendaient de nous pour l’obtenir. Ayant ainsi peur d’être puni et peur de ne pas être récompensé, nous nous sommes mis à prétendre être qui nous n’étions pas, juste pour faire plaisir aux autres, juste pour paraître assez bien à leur yeux […] nous avons commencé à jouer des rôles (p.23) ».

C’est ce même mécanisme de la persona, du masque social décrit Carl Gustav Jung dans sa Dialectique du Moi et de l’Inconscient. Entretenu par la peur constante du rejet social, le tour est joué : « nous sommes si bien dressés que nous devenons nos propres dresseurs. Nous sommes des animaux auto-domestiqués […] tous les humains qui ont été domestiqués sont malades, puisqu’un parasite contrôle leur esprit et leur cerveau (pp.24, 94) ». Voilà qui évoque une célèbre phrase de Krishnamurti : « ce n’est pas un gage de bonne santé que d’être parfaitement intégré dans une société profondément malade »… Et c’est la raison pour laquelle il est « douloureux de retirer son masque social (p.60) ».

Les Quatre Accords

Le seul moyen de se libérer de cette domestication insidieuse, est de se connaître et d’analyser chaque enseignement pour déterminer si l’on veut s’y identifier ou non : « même si le Livre de la Loi est faux, il vous donne un sentiment de sécurité. Voilà pourquoi il faut beaucoup de courage pour remettre en question ses propres croyances (p.25) », qui n’ont d’emprise que si nous les acceptons telles quelles, une sorte de « magie noire » ( l’expression est employée plusieurs fois ) à laquelle l’auteur propose de répondre par une « magie blanche ». Il se réclame ainsi d’une tradition chamanique issue du peuple toltèque : « les accords dérivés de la peur nous font dépenser énormément d’énergie, tandis que ceux découlant de l’amour nous aident à conserver cette énergie et même à en avoir davantage (p.33) ». Et cela se décline en quatre volets interdépendants, intitulés comme suit :

1. Que votre parole soit impeccable

« Chaque fois que l’ont écoute une opinion et qu’on la croit, on conclut un accord qui s’intègre à notre système de croyances […] Des gens qui nous aiment pratiquent de la magie noire contre nous, mais n’ont pas conscience de ce qu’ils font (pp.43-44) ». Aussi, pour ne pas blesser ni envoûter quiconque, il convient de mesurer ses paroles, puisque « toute chose que vous sentez, croyez ou faites à l’encontre de vous-même est un péché […] lorsque vous êtes impeccable, vous assumez la responsabilité de vos actions, mais vous ne jugez pas, vous ne critiquez pas […] donc, si je me mets en colère et que je vous envoie mon poison émotionnel par la parole, je l’utilise contre moi-même (p.41) ». A l’inverse, des paroles justes données dans l’Amour à l’autre sont du plus grand bénéfice pour l’interlocuteur.

2. Quoi qu’il arrive, n’en faites pas une affaire personnelle

« Vous faites une affaire personnelle de ce qui vous est dit parce que vous donnez votre accord. Dès lors, le poison s’infiltre en vous et vous êtes piégés dans l’enfer. La raison pour laquelle vous vous faites piéger est ce que l’on appelle l’importance personnelle […] voilà la plus grande manifestation d’égoïsme (p.53) ». Ainsi, il faut rompre cet accord donné bien trop légèrement et qui de se fait agit à notre insu comme une magie noire : « si vous ne prenez rien personnellement, vous êtes protégé […] l’immunité au poison, en plein enfer, est le cadeau que vous offre cet accord […] le monde entier peut vous calomnier : du moment que vous n’en faites pas une affaire personnelle, vous êtes immunisé (pp.55, 61) ».

3. Ne faites pas de suppositions

Une supposition est aussi un accord conclu avec son rêve personnel, une projection comme on dit en psychanalyse : « de toute façon, ce que vous ressentez et ce que vous faites ou dites n’est qu’une projection de votre propre rêve personnel […] la médisance est notre manière de communiquer dans le rêve de l’enfer, en échangeant du poison les uns avec les autres […] faire des suppositions à propos de nos relations est le moyen le plus sûr de s’attirer des problèmes (pp.55, 66-67) ». Or c’est encore la peur qui nourrit ce besoin de supposition : « nous avons besoin de tout justifier, de tout expliquer, de tout comprendre, afin de nous rassurer […] le seul fait de trouver une réponse nous rassure. C’est pour cela que nous faisons des suppositions (p.68) ».

Et sur un travers plus typiquement féminin, quoique extensible aussi aux prosélytes de toutes sortes sous couvert de convertir son prochain, l’auteur poursuit : « ce n’est pas vrai. Votre amour ne changera personne. Si les autres se transforment, c’est parce qu’ils veulent changer, et non parce que vous en avez besoin (p.69) ». Et lui de revenir sur le premier accord : « le meilleur moyen de vous empêcher de faire des suppositions est de poser des questions […] Si vous ne faites pas de suppositions, votre parole devient impeccable […] Un mage blanc utilise la parole pour créer, donner, partager et aimer. En concluant ce seul accord, toute votre vie sera transformée. Lorsque vous modifiez votre rêve, la magie arrive dans votre vie […] C’est ce que l’on appelle la maîtrise de l’intention, la maîtrise de l’amour, la maîtrise de la gratitude, et la maîtrise de la vie. Voilà le but des Toltèques. Voilà le chemin qui conduit à la liberté personnelle (pp.70-72) ». L’Intention est ici comprise comme l’intention de la vie, celle du plan divin.

4. Faites toujours de votre mieux

Ne pas transiger et n’agir qu’en vue d’obtenir quelque gain, et ce dans l’équilibre et la mesure : « tu n’es pas là pour sacrifier ta joie ni ta vie. Tu es là pour vivre, pour être heureux et pour aimer […] Lorsque vous faites toujours de votre mieux, vous passez à l’action […] Etre dans l’action, c’est vivre pleinement. L’inaction est notre manière de nier la vie. L’inaction, c’est rester assis devant la télévision chaque jour pendant des années, parce que vous avez peur d’être vivant et de prendre le risque d’exprimer qui vous êtes […] La meilleure façon de dire Merci mon Dieu est de se détacher du passé et de vivre l’instant présent, ici et maintenant […] Nous n’avons pas de temps à perdre à regretter quelque chose ou quelqu’un, car nous nous sommes vivants. Ne pas apprécier ce qui se passe à l’instant même, c’est vivre dans le passé et n’être qu’à moitié vivant (pp.79-81) ».

« Les trois premiers accords toltèques ne fonctionnent que si vous faites de votre mieux […] Si vous faites toujours de votre mieux, continuellement, vous deviendrez un maître de la transformation. C’est la pratique qui fait le maître […] Honorez l’homme ou la femme que vous êtes. Respectez votre corps, appréciez-le, aimez-le, nourrissez-le, lavez-le et soignez-le. Faites de l’exercice et adonnez-vous à des activités qui font du bien à votre corps. C’est une puja pour votre corps, et une communion entre vous et Dieu […] Votre corps est une manifestation de Dieu (pp.81-83) ».


De l’ ‘Individuation’ jungienne en guise d’épiloque

La fin de l’ouvrage est un puissant plaidoyer pour se connaître soi-même. Et évoquant à sa manière l’adage de Bernanos, « on ne comprend rien à la civilisation moderne si on n'admet pas d’abord qu'elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure », l’auteur assène : « tout le monde essaie de saboter notre engagement de respecter ces accords, et tout semble organisé autour de nous pour nous inciter à les rompre […] la récompense, comme l’enseignent les Toltèques, est de réussir à transcender l’expérience de la souffrance, de devenir l’incarnation de Dieu (pp.84-85) ».

Et cela revient à devenir qui on est, à devenir l’individu qu’on est intérieurement, à s’individuer comme on dit en terminologie jungienne, car immense en est la récompense : « votre vie est la manifestation de votre rêve : c’est une œuvre d’art. Et vous pouvez changer de vie chaque fois que nous n’appréciez pas ce rêve. Les maîtres du rêve font un chef d’œuvre de leur vie : ils contrôlent leur rêve en effectuant des choix (pp.84-85, 93) »…

Philippe CESSE

© 2004-2007 - Les Beaux Esprits Se Rencontrent (LBESR) : Archivé édition N°44 : 28.IX.11

* * *

[15]   THEMATIQUES > PHILO - SPIRITUALITE > Savoir-Vivre   
 
  BURROUGHS John - Construire sa Maison  Philosophie 
23 : 01.XI.05
BURROUGHS John :
Construire sa Maison
1 0
1 1
 

Cet Américain ( 1837-1921 ), écrivain naturaliste dont l'œuvre reste inédite en France, laissa ce court essai résolument moderne, incisif et savoureux, humaniste autant que poétique, pour bien bâtir son toit. En écho au texte, la sobre et élégante mise en page incite à sa lecture. »»»

 
  DARNIL Sylvain - LE ROUX Matthieu - 80 Hommes pour changer le Monde  Environnement 
20 : 01.VI.05
DARNIL Sylvain - LE ROUX Matthieu :
80 Hommes pour changer le Monde
1 0
1 0
 

A l'heure où la situation de l'environnement est de plus en plus alarmante, où pollution et gaspillage se multiplient, voici un tour d'horizon mondial d'initiatives de développement durable qui font du bien à la planète. Car à l'impossible nul n'est tenu… »»»

 
 
LE BRETON David - Eloge de la Marche ERASME - L'Epicurien et autres banquets BETHARDS Betty - Interprétez vos Rêves JACQUARD Albert - Mon Utopie GLOCHEUX Dominique - Sauvez cette Planète ! PHYTILIS Jacques - Fragments d’un Poème de la Nature
 
 
[29]   LIVRES > SCIENCES SOCIALES > Société   
 
  AUGUSTIN Jean-Pierre - L'Olympisme  Sports 
6 : 16.VIII.04
AUGUSTIN Jean-Pierre GILLON Pascal :
L'Olympisme
2 0
1 0
 

Argumenté et précis, tout sur l'olympisme moderne, enjeux, finances, histoire, sélections, problèmes, géopolitique, etc ! »»»

 
  McLIAM WILSON Robert - WYLIE Donovan - Les Dépossédés  Société 
22 : 21.IX.05
McLIAM WILSON Robert - WYLIE Donovan :
Les Dépossédés
3 1
2 0
 

13 ans après sa parution en 1992, voici un témoignage édifiant sur la situation des pauvres au Royaume-Uni exacerbée par le thatchérisme démantelant l'Etat providence du pays. Un récit poignant, analysé et illustré par une triple enquête à Londres, Glasgow et Belfast. »»»

 
 
GIDDENS Anthony - La Transformation de l'Intimité MARIANI Jessica - Une Guerre contre les Femmes ? Abbé GREGOIRE - De la Traite de l'Esclavage des Noirs JENSEN Stine - Les femmes préfèrent les singes MACKINNON Catharine A. - Le Féminisme irréductible EUVRARD Catherine - En avoir ou non
 
 
[3]   Nos SPECIALITES > PSYCHO-ANALYSE > Psychologie du conscient   
 
  GUENANCIA Pierre - SYLVESTRE Jean-Pierre - Le Sens Commun  Comportement 
3 : 01.VII.04
GUENANCIA Pierre - SYLVESTRE Jean-Pierre :
Le Sens Commun
1 0
2 0
 

Douze articles d'un colloque en éventail des discours philosophiques ou épistémologiques sur la notion de sens commun : perspectives historiques pour les sept premières, les autres établissant la pertinence cognitive et sociale. Plaisant et moins austère qu'il n'y parait. »»»

 
  BILAND Claudine - Psychologie du Menteur  Comportement 
11 : 01.XI.04
BILAND Claudine :
Psychologie du Menteur
1 0
1 0
 

Les observations scientifiques montrent que nous mentirions tous plus d'une fois par jour, et combien ces mensonges passent inaperçus et qu'ils sont bienvenus. Portrait d'une société par l'envers du décor, chiffres et expériences à l'appui, pour ceux qui ne se bercent pas d'illusions. »»»

 
 
EUVRARD Catherine - En avoir ou non
 
 

     
SAVOIR-VIVRE :
dernières entrées
 
BETHARDS Betty - Interprétez vos RêvesCALLEMAN Carl Johan - A11 - Participez à la Convergence Cosmique
CANTIN Hélène - La Spiritualité nuancéeLOURENÇO Eduardo - Mythologie de la Saudade
MENARD Guy - Petit Traité de la vraie ReligionJACQUARD Albert - Mon Utopie
PETIT Philippe - L’Art du PickpocketTHOREAU Henry David - Couleurs d'Automne
 
SOCIETE :
dernières entrées
 
CHAUVIN Marie-Agnès - Devenez Androgyne, ça ira mieuxHARDY Christine - La Prédiction de Jung : la Métamorphose de la Terre
 - Notules sur la FranceRECLUS Elisée - Du sentiment de la nature dans les sociétés modernes
BRUCKNER Pascal - La Tyrannie de la PénitenceMARIANI Jessica - Une Guerre contre les Femmes ?
GIBSON Michael Francis - Ces Lois inconnuesJACQUARD Albert - Mon Utopie
 
PSYCHOLOGIE DU CONSCIENT :
dernières entrées
 
BILAND Claudine - Psychologie du MenteurEUVRARD Catherine - En avoir ou non
GUENANCIA Pierre - SYLVESTRE Jean-Pierre - Le Sens Commun
 
 
Barèmes | Charte | Chroniquer | Echos | Equipe | Legal | Soutien | Plan du site
 

© 2004-2008 - Les Beaux Esprits Se Rencontrent (LBESR)