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[3] Babel
NOOTEBOOM Cees - Dans les montagnes des Pays-BasNOOTEBOOM Cees
Dans les montagnes des Pays-Bas
Titre original : In Nederland
[31] Actes Sud
 
155 pages - 6,50 €
ISBN 13: 978-2-7427-0338-1
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Voici un petit bijou littéraire dont chaque phrase a une saveur particulière, à déguster avec lenteur. Le narrateur donne tant une histoire que ses réflexions sur l’acte d’écrire, la construction du récit, les genres et les figures littéraires, et sur lui-même… Un roman comme une orfèvrerie littéraire.

Le narrateur annonce : « ce livre parle de lecture ». En effet, le lecteur est invité dans les coulisses de la construction de ce récit, qui respecte les règles du conte tout en les déformant, le tout avec humour et intelligence.

Un conte qui respecte et déforme les règles du genre

C’est ici davantage une réflexion sur l’écriture et la lecture qu’une fiction en tant que telle. Le lecteur est invité à voir les coulisses de la construction du récit, qui se veut conte et qui assume les codes du genre… tout en les détournant et les mettant à jour. Le narrateur écrit : « Andersen ne m’aime guère, on l’aura compris. Je transgresse toutes ses règles, je suis un écrivain dénaturé (p.145) ».

Au fil des pages, le lecteur se rappelle, vaguement peut-être, des cours de littérature autour de schémas du genre et du schéma actantiel. Rappelons donc les règles de base du genre : un conte part d’une situation initiale, bousculée par un événement perturbateur, qui pousse le(s) héros à agir vers un événement de résolution qui conclut les soucis des personnages et amène la situation finale. Lors du récit, le personnage ( sujet ) est envoyé vers une quête ( objet ) par quelqu’un ( émetteur ), aidé par des comparses ( adjuvants ) et combattu par des opposants. Toutes ces règles sont ici utilisées, mais aussitôt déformées dans leur contenu ou par les interventions du narrateur dans le récit.

1. Situation initiale

Le cadre est donné d’entrée : « il était une fois un temps qui, au dire de certains, dure encore ». Le message est codé, mais limpide : nous sommes dans un conte. Mais alors que les lieux et les temps dans les contes restent souvent imprécis, le narrateur précise une forme de réalité : « en ce temps-là, les Pays-Bas étaient beaucoup plus grands qu’aujourd’hui. D’autres contestent le fait, et d’autres encore soutiennent que ces temps ont certes existé, mais sont désormais révolus. Si tel est le cas, je n’en ai pas été informé ». Voilà pour le cadre spatio-temporel, tout à la fois passé, présent, réel et imaginaire. Les Pays-Bas de ce récit sont divisés en deux : le Nord ( prospère, puritain, organisé, plat ) et le Sud ( chaotique, sauvage, sécessionniste, montagneux ).

Les personnages principaux, Kai et Lucia travaillent dans un cirque. Ils sont non seulement « parfaitement heureux » mais également parfaitement beaux : « si éloigné que je sois de nier la possibilité d’un bonheur parfait entre deux laiderons, force m’est de constater que l’ordre naturel des choses suppose une hiérarchie dans laquelle le bonheur parfait entre deux êtres parfaitement beaux représente le sommet de l’insoutenable, et c’est précisément à cette variante que nous avons affaire dans le cas de Kai et de Lucia ( pp. 19-20 ) ». Cette perfection dans le bonheur et la beauté ne leur attire guère de sympathie, et renvoie involontairement autrui à sa propre imperfection en suscitant « un désir inassouvissable et par conséquent la jalousie », l’origine de force mésaventures. Avec humour, l’auteur revient régulièrement sur la notion « mathématique » de la perfection, jouant avec le caractère absolu des contes. A propos de Lucia ( à qui l’auteur fait dire qu’elle ne croit pas aux contes ! ), il dit : « quelqu’un devrait lui expliquer qu’avec son physique, on se retrouve immanquablement dans un conte. La beauté parfaite elle aussi est une déformation et par là une forme du destin (p.92) ».

2. Evénement perturbateur et récit initiatique

L’événement perturbateur est placé dans le temps par l’indication « un beau jour (p.37) », déclenché par l’insuccès grandissant du numéro de cirque de Kai et Lucia. Leur impresario les envoie donc aux Pays-Bas du Sud, qui sert visiblement de dépotoir aux vedettes en perte de célébrité. L’impresario, dont la description mérite à elle seule la lecture du texte, est donc l’émetteur dont l’objectif essentiel est de se débarrasser des artistes peu rentables. Commence alors pour Lucia et Kai le défi de rester ensemble, et heureux, dans ces contrées peu hospitalières, où ils rencontreront, entre autres, la Reine des Neiges ( opposant ) qui enlevera Kai.

Dans un conte, les personnages doivent surmonter plusieurs épreuves initiatiques, le plus souvent pour distiller des éléments de morale aux lecteurs ou auditeurs. C’est également le cas ici… à ceci près que l’initiation principale, pour Kai et Lucia, est la découverte d’une nouvelle forme de sexualité ( avec d’autres personnages ), loin donc de nos critères habituels pour les morales des contes. Séparés, et une fois passé le choc de cette attaque terrible sur leur bonheur, Kai et Lucia semblent plutôt s’oublier l’un l’autre assez vite, avec candeur et contre toute attente : « Lucia était censée avoir du chagrin : elle en avait, mais pas autant qu’elle le croyait (p.99) ».

Alors que Lucia découvre la sensualité dans les bras d’un Hustineur, un passage évocateur du mythe de Zeus et Danaé, Kai, transformé en objet sexuel, découvre le désir brut en tentant de percer la froideur de la Reine des Neiges, mais sans y parvenir : « il voit en elle une personne réelle mais aussi évidée que lui et toujours aussi fermée et inaccessible (p.97) ». Il finit par se dédoubler : « on eût dit que ce qui se passait entre eux ne le concernait pas et qu’il y avait dans la pièce, en dehors de lui, une autre présence, une force impersonnelle, celle d’un désir vorace et corrosif (p.121) ». Le lecteur, lui, sourit, à ce jeu du narrateur qui s’amuse du principe de l’épreuve initiatique et décrit des êtres parfaits, dans un bonheur parfait, s’abandonnant dans les bras d’autrui sans résistance.

3. Situation finale

Cependant après ces expériences, Kai et Lucia retrouvent leur amour : « Kai était au même instant heureux et malheureux. Malheureux parce que l’idée qu’il avait pu être un autre pendant un moment avait forcément pris un aspect inquiétant : heureux parce que cet état avait pris fin […] Il était couché par terre dans un cachot obscur et pensait tout le temps à Lucia (p.143) ».

A la fin du récit, le couple « a disparu sans bruit (p.152) », sans que l’on sache où ni ce qu’ils font : c’est le sommet de la déformation du conte. Les personnages du conte disparaissent du récit et laissent le narrateur, le véritable protagoniste, seul ! Le livre termine ainsi avec cette phrase, qui fait sourire : « et je restai là longtemps et y vécus heureux, et rêvai de beaucoup d’enfants (p.156) ».


Un narrateur en dialogue avec son lecteur

Il n’est pas étonnant que le narrateur conclue le récit : il peut en effet être considéré comme le personnage principal du roman, et se présente ainsi dès la première page : « je m’appelle Alfonso Tibúron de Mendoza et je suis inspecteur des ponts et chaussées dans la province de Saragosse ». Son travail est de construire des routes et il y voit un lien évident avec l’écriture : « il existe un point commun entre l’art du récit et la construction des routes : il faut bien arriver quelque part (p.16) ». Et, sans surprise pour le lecteur, il préfère aux autoroutes les petites routes sinueuses et ‘digressives’. Faisant le portrait d’un narrateur en train d’écrire, il ajoute des anecdotes de sa propre vie, parle de ses préférences littéraire, fait part de ses pensées : « après tout, en écrivant, il nous vient les réflexions les plus diverses : à quoi peuvent-elles nous servir si elles sont condamnées à rester hors du livre (p.103) » ?

Non sans ironie, le narrateur de cette histoire néerlandaise est Espagnol. Cela lui permet une distance avec les Pays-Bas qui évoque les Lettres persanes, critiquant notamment la rigidité, l’arrogance et le puritanisme des Pays-Bas du Nord dont sa description ressemble fort aux Pays-Bas actuels. Comme ses personnages Tibúron se déplace dans un espace entre réel et imaginaire, une grande latitude pour critiquer cet autre espace entre réel et imaginaire que sont les Pays-Bas du livre. Espagnol parlant néerlandais, le narrateur savoure ainsi les deux langues, en partageant ce plaisir avec son lecteur, comme par exemple à propos du mot « détour »: « Vuelta disons-nous, mais je n’aime guère ce mot. Le néerlandais om est plus beau, il possède un timbre aux résonances magiques, un éclat de bronze, on pourrait le répéter cent fois et il est des pays où ce son accompagne la méditation : om, om, om (p.105) ».

Or il s’affirme comme narrateur, et revendique son droit arbitraire à décider du caractère des personnages et de l’évolution du récit : « en outre, et pour couper court à toutes les spéculations [ sur la notion de bonheur parfait ], je dirai simplement que c’était comme ça et pas autrement (p.19) ». Il s’amuse de même avec les règles de la narration du conte, n’hésitant pas à faire apparaître des personnages ou un prompt changement : « l’avantage des contes, pensait Anna – qui, en vertu de la loi d’Andersen, aurait dû exploser à cet instant même – est, qu’à l’inverse de la vie réelle, tout est dicté par le dénouement […] Le conte est une province du royaume de l’imagination ou toutes les choses obéissent à d’autres lois, on pourrait le comparer a une cocotte minute (p139) ». On y voit aussi Anna, qui aide Lucia à retrouver Kai, consciente d’être un personnage de conte et agir en tant que tel…Chacun est dans son rôle : le narrateur, les personnages, le lecteur, et l’auteur, caché derrière Tibúron.

On le voit, le livre est riche de réflexions littéraires, de mise en avant des codes, pour mieux les déformer, le tout avec ironie et intelligence. Le livre est parcouru de réflexions sur le mythe, l’allégorie, le conte, le roman, le vrai, le réel, le mensonge, et la possibilité que tout cela puisse être une seule et même chose. L’apogée est en fin de livre, lorsque le narrateur s’imagine en discussion avec Platon, Kundera, Andersen et Eugenio d’Ors : « Kundera et d’Ors ont écrit des romans. Platon a consigné un mythe […] Andersen écrivait des contes. Les romans nous apprennent ce qu’est la vie parce qu’ils nous décrivent ce qu’elle peut être. Le mythe apporte une réponse impossible à des questions insolubles […] Les mythes sont des exemples, les romans des images, les contes d’aimables mensonges répandus par des gens incapables de supporter ce mythe manqué, la vie […] Dans le mythe tout est résolu, de quelque façon que ce soit. Dans le roman, rien n’est jamais résolu et dans le conte, la solution est seulement différée, mais si elle se réalise jamais, ce sera hors du cadre de l’histoire. Là est le mensonge ( pp.146-147 ) ».

On l’aura compris : ce petit livre, court, recèle force trésors pour l’amoureux de littérature. Il y trouvera des réflexions, allusions et comparaisons littéraires passionnantes, sans jamais se lasser, car le narrateur ne se départit jamais de son ironie et de cette fausse légèreté qui illumine et porte le livre.

Anne PAILHES

© 2004-2007 - Les Beaux Esprits Se Rencontrent (LBESR) : Archivé édition N°44 : 08.XII.11

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