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[121] ARTS CINEMATOGRAPHIQUES > [18] Cinéastes
[100] ARTS-EXPOS-MUSEO > [9] Réalisateurs
DURAN COHEN Ilan – GREGGORY Pascal – THOUVENIN Cyrille - La confusion des genres - rencontre à trois voix
La confusion des genres - rencontre à trois voix
Ilan DURAN COHEN – Pascal GREGGORY – Cyrille THOUVENIN
 
 

Entretien commun. Ils n’en avaient plus parlé depuis 2001. A notre demande, I. Duran Cohen, P. Greggory et C. Thouvenin se réunirent pour parler de La Confusion des genres : anecdotes, réflexions et analyses de passionnés d’un septième art au service des ressentis et de la beauté.

 

DOSSIER :
Présentation : L’Universelle Confusion des Genres
Entretien : Ilan DURAN COHEN
Entretien : Pascal GREGGORY
Entretien : Cyrille THOUVENIN
Entretien commun : Ilan DURAN COHEN – Pascal GREGGORY – Cyrille THOUVENIN
Entretien : Valérie STROH
Chronique : Quatre romans de l’existence d’Ilan DURAN COHEN


Captures du film aimablement fournies par Ilan Duran Cohen


 

Le réalisateur et ses deux principaux acteurs sont tels qu’en eux-mêmes : des artistes au premier sens du terme. C’est avec une interrogation permanente, une distanciation salutaire et une réflexion sur le cinéma qu’ils évoquent ensemble La Confusion des genres qui les avait réunis en l’an 2000. Histoire de mettre des mots sur ce qu’ils avaient vécu sur le tournage ( avant, pendant et après ), sur le cinéma, sur ces genres confus qui parsèment notre vie.

ArtsLivres : Ilan Duran Cohen, pourquoi avez-vous choisi Pascal Greggory pour le rôle d’Alain ?

Ilan DURAN COHEN (IDC) : Je l’ai rencontré une première fois dans un café de Paris et lui ai parlé du film. Pour moi, Pascal avait toutes les facettes du personnage du film, et tout ce qu’on demande à un acteur : être drôle ou dramatique, faire des virages d’interprétation sans que je ne m’en rende compte. Il est surprenant, et complètement mystérieux ! Je ne le comprends pas du tout et j’adore ne pas connaître un comédien, ne jamais en avoir une définition précise ; c’est pour moi ce qu’il y a de plus excitant. On pense l’avoir compris, on pense le tenir, et finalement il donne une facette nouvelle : on n’a donc strictement rien compris ; il faut alors regrimper la montagne du comédien pour tenter de le cerner, le comprendre. On ne lui demande pas forcément d’être tel ce qu’on a écrit : il y a un chemin à trouver entre le personnage qu’on a écrit et l’acteur tel qu’il est. D’où la nécessité de la rencontre.

Pensiez-vous à Pascal Greggory quand vous écriviez le rôle d’Alain ?

IDC : Non, pas du tout. Je n’écris jamais avec des comédiens en tête.

Pascal GREGGORY (PG) : Mais un acteur peut t’inspirer quand même : pas forcément en te disant que tel acteur ou telle actrice jouera le rôle.

IDC : Oui. Je ne connaissais pas Pascal, mais j’ai tout de suite été conquis par sa vivacité, son intelligence et sa légèreté, car si le personnage d’Alain n’est pas léger dans La Confusion des genres, le film devait l’être. J’ai donc rendu Pascal beaucoup plus bête dans le film qu’il ne l’est dans la vie. La première semaine de tournage, ni lui ni moi ne comprenions le personnage, nous tâtonnions et faisions des scènes en nous disant que nous n’y étions pas du tout. Et un jour, Pascal a joué la scène de l’ascenseur avec Cyrille Thouvenin, et bingo ! C’était fascinant pour moi, après avoir ramé une semaine en me disant qu’on n’avait pas le personnage, de voir comment Pascal trouvait dans l’ascenseur ce petit ‘truc’ entre légèreté et gravité, entre le sérieux et la farce.

PG : Et c’était le rôle principal. C’est lui qui doit donner le ton et prendre le pouvoir. Je pense à François Truffaut qui à la question « Qui fait un film ? Est-ce que c’est l’acteur, le metteur en scène, le producteur ? », a répondu : « C’est celui qui prend le pouvoir ». Donc là, j’ai pris le pouvoir, et nous nous sommes accaparés le ton.

IDC : C’est une leçon de mise en scène que tu m’as donnée ce jour-là…

PG : C’est un fait, tu as fait confiance. Certains metteurs en scène ne font pas confiance aux acteurs, or la force d’Ilan est de donner de la latitude aux acteurs, de se dire qu’à un moment donné, l’acteur y arrivera. Et le choix de ces acteurs et de ces actrices n’est pas innocent : c’est qu’au fond de lui-même, il a senti qu’ils étaient faits pour les rôles.

IDC : J’étais conscient que le personnage était difficile. Je me suis amusé à l’écrire, mais je ne me suis demandé qu’après comment le porter à l’écran en tant que metteur en scène. Et je me suis dit que cela allait être impossible… Mais, quand j’ai rencontré Pascal la première fois, je savais qu’on pourrait explorer et trouver ‘le truc’. Quand on commence un film, on ouvre quand même une porte à l’échec, et j’avais ce sentiment les premiers jours. Puis Pascal a pris son envol…

PG : Je me souviens que toute l’équipe du film me suivait vraiment. On avait quand même des grands moments de fou rire avec l’équipe du film !


La confiance que Pascal Greggory ressentait, était-elle la même pour tous les acteurs ?

IDC : Elle était d’abord pour Pascal car il tenait le film et jouait le premier violon. Après, tout le monde l’a suivi. Il y a eu une mise en abîme tout de suite, car nous avions peu de temps. Le premier jour, nous nous sommes dits « sautons, on verra bien ». C’était un luxe de faire comme cela. Mais si son personnage est réussi, c’est aussi parce que nous étions ouverts à l’inconnu. C’est une comédie, pas un drame. Et c’est dur à réaliser, car Pascal devait aussi se caler sur les autres comédiens pour qu’ils le suivent. C’est toute une question de rythme. De plus, Pascal n’était pas de bonne humeur pendant le tournage… Des choses t’excédaient.

PG : Parce que le personnage était excédant ! Quand on est sur une longue période avec un premier rôle sur un film, le personnage influence la vie quotidienne, même si on n’en a pas conscience ou qu’on ne le veut pas. Le personnage accapare, forcément ; or il n’était pas tout le temps de bonne humeur : cela déteint.

IDC : Oui, c’était fascinant, car Pascal n’est pas du tout comme le personnage.

PG : Mais j’aime beaucoup les personnages de mauvaise humeur ! Ce personnage de mauvais poil est un personnage drôle !

IDC : Pendant le tournage, on se disait qu’on devrait faire un jour un film à la Louis de Funès, car Pascal a ce côté-là… Il adore faire le pitre.

PG : Je connais des gens comme cela autour de moi, donc c’est facile d’appréhender pareil rôle.


Vous disiez avoir vécu longtemps avec les personnages : combien de temps a duré le tournage ?

IDC : Sept semaines environ, et Pascal était là tous les jours ! C’est rare pour un acteur d’avoir un rôle où il joue tous les jours. Je pense qu’à chaque image du film, il est là ! Il est donc très présent dans ce film, ce qui est lourd à porter. Puis le soir, on rentre, on a sa vie, autre chose… Je pense que c’est un rôle qui peut atteindre à l’intérieur parce qu’il est tellement sur une planche de savon tout le temps, dans l’indécision, etc. L’indécision permanente n’est ni naturelle ni facile à vivre au quotidien. C’est compliqué que de toujours douter : or j’ai construit le film autour de cela.

PG : C’est l’éloge du doute ! J’aime bien l’image de Bartleby.

IDC : On en a parlé de Bartleby. D’ailleurs, je t’y ai reconnu : c’est un personnage que tu peux tout à fait jouer. Pascal a ce côté anglo-saxon de pouvoir jouer le sérieux et la farce en même temps.

PG : Il y a des acteurs qui le font ! On ne leur propose pas, mais il y en a, notamment au théâtre.


Vous avez parlé d’une adaptation du film au théâtre, qui ne s’est pas faite…

IDC : Je l’ai refusée à l’époque, mais je le regrette : le film aurait fait une bonne pièce de théâtre.

PG : Pourquoi ne pas le faire alors ? C’est un film actuel. Même s’il a dix ans, il n’a rien de démodé.

IDC : L’époque est tout à fait dans la confusion, et aujourd’hui, la confusion est pire que dans le film : voilà pour quoi les personnages touchent encore. Une sorte de confusion où on ne sait où l’on va, mais on veut y aller quand même. Je suis un peu comme cela d’ailleurs… Pascal m’avait dit quelque chose d’intéressant que j’ai réutilisé: « Je t’ai observé : tu es content en tant que metteur en scène de moi, parce que je t’ai imité d’une certaine façon ». Tu me disais que, quand tu étais un peu perdu dans un personnage, tu regardais le metteur en scène…

PG : Pour les rôles principaux au cinéma, c’est comme Flaubert quand il dit « madame Bovary, c’est moi » ! Quel que soient les metteurs en scène, les premiers rôles, c’est eux. Donc quand on est un peu perdu, l’acteur n’a qu’à regarder son metteur en scène et bien l’observer dans ses petits travers.


Peut-on dire la même chose des comédiens ?

PG : Non, je ne pense pas. Je vais dire une chose un peu forte mais… je ne trouve pas qu’être acteur soit un art en soi. Je m’approche plus de l’artisanat dans le sens noble du terme, parce que l’artisan, c’est celui qui aime son art. Or je pense plus à l’artisanat qu’à l’art. En revanche, la mise en scène a une fonction artistique qui est plus forte que l’acteur.

IDC : Je trouve que c’est le contraire : ce sont les comédiens qui sont créatifs…

PG : Mais un artisan peut être créatif aussi. Un artiste, c’est différent. On est des joueurs ! On dit qu’un acteur joue, cela n’a rien de sérieux. J’adorais les interviews de Mastroianni. A un journaliste, il répondit : « être acteur, c’est trouver un bon assistant, c’est trouver un bon siège et qu’il vous donne régulièrement un bon café ». La définition de l’acteur vue par Mastroianni : je trouve cela génial !

IDC : C’est un peu réducteur.

PG : Un peu réducteur mais en même temps, c’est cela ! Cela veut dire simplement qu’on attend beaucoup.

IDC : Ce qui est difficile…

PG : Ce qui veut dire qu’il faut gérer son temps de façon constante, ce qui n’est pas le cas du théâtre.

IDC : Les acteurs sont des artistes, qui ont une part de création incroyable dans un film!

PG : La seule étiquette artistique que je t’accorde qu’on puisse coller sur un acteur, c’est qu’on est libre… profondément libre ! Or 95% des gens sur la planète ne sont pas des gens libres, pouvant faire ce qu’ils veulent et quand ils le veulent. C’est un immense avantage : la liberté de faire ce qu’on veut ! Quand on crée un personnage, on fait absolument ce qu’on veut, sans aucune contrainte. C’est là peut-être le seul moment artistique d’un acteur. C’est la liberté, car l’art est la liberté absolue.


Ilan Duran Cohen , pourquoi avoir choisi Cyrille Thouvenin pour le rôle de Christophe ?

IDC : Je cherchais quelqu’un de très frais avec de la fraîcheur, de la vivacité, de l’énergie. Cyrille l’avait à l’époque et l’a encore toujours. Je cherchais aussi l’humour, ce qui était important : pendant le casting, on avait bien rigolé, je lançais des blagues. Cyrille avait par exemple acheté le best of de Maria Carey : on en avait parlé, il m’intriguait, je n’arrivais pas trop à le cerner. Je n’avais jamais rencontré quelqu’un comme lui, et le rôle s’est imposé à lui. Après, on a fait un essai avec Pascal et lui, essai que je ne retrouve plus malheureusement. Et tout de suite le couple était formé.

Cyrille, tu as dit que le tournage était très difficile pour toi. Il est vrai que ce rôle pivot entre lui et moi a été assez compliqué, mais je ne me l’explique pas. Il était la seule personne normale du film. D’une certaine façon, il était l’ancre : tout le monde pivotait autour de lui et j’avais beaucoup de mal avec cela. Il est plus facile de diriger des dingues, ou de rendre dingue, que d’avoir quelqu’un plus ancré dans la réalité.

Le personnage de Christophe est rigoureux : il sait où il va, c’est quelqu’un devant jouer une certaine normalité. En tant que metteur en scène, j’avais du mal avec cela. J’essayais donc à chaque fois de le déstabiliser, à tort, car son rôle est quand même quelqu’un qui tient le fil et l’équilibre du film. Par rapport à lui, le rôle que joue Pascal est très déséquilibré.


Quand vous disiez avec Pascal Greggory que le personnage d’Alain était dur à trouver, vous vous reposiez plus sur Christophe avec le côté ‘on savait où on allait’…

IDC : Effectivement, on savait où on allait. Ce qu’il devait faire était compliqué : être toujours là sans apparaître comme un crétin, car le personnage est quand même assez intelligent. Et il devait être en plus la bouffée d’oxygène, l’innocence qui débarque. Je l’ai entouré de gens las de la vie, aigris, amers. Et lui, il est là, prêt à tout essayer, à aller partout, bien dans sa peau, entouré de gens toujours dans le doute. Et ce n’était pas évident pour moi ( je ne lui ai jamais dit ) à diriger ou de lui dire « tu seras la seule personne un peu normale »… Or ma tendance, quand j’écris, est plutôt d’aller vers les névrosés. J’avais beaucoup de mal à le diriger : il a dû le sentir, ce n’était pas facile pour lui.

Cyrille Thouvenin (CT) : D’autant plus que c’est assez impalpable. Parfois, on ne s’entend pas avec les gens, mais là, c’était quelque chose d’insondable : je ne comprenais pas ce qui m’arrivait.

IDC : Je voulais organiser avec lui un bordel organisé. Comme Cyrille était à l’époque un jeune comédien de 23 ans qui débarquait, il devait penser que j’allais le cadrer énormément. Je faisais donc exprès de le décadrer entièrement. Et il n’arrêtait pas de me renvoyer des « tu ne sais pas ce que tu fais », « c’est le bordel »… et il m’engueulait là-dessus. Or ces reproches comme quoi je ne savais pas ce que je faisais et que je ne maîtrisais pas mon truc m’amusaient, car je maîtrisais d’une certaine façon. Mais je brouillais un peu sa vision des choses, pour qu’il ne soit pas sûr de lui. Cela a donné ce Christophe vivace, qui va dans tous les sens, à l’écoute mais sans forcément comprendre, alors que le personnage de Pascal est dans le doute complet. C’est un peu un double face à moi… Cyrille ne savait pas trop comment se positionner : il avait besoin de discipline que, moi, je refusais de lui donner. Avec lui, on a l’impression qu’il est complètement lâché, il est sauvage.

CT : Il y avait un côté un peu ‘mis à l’écart’, ‘pas dans le groupe’.

IDC : Mais parce que tu étais la seule personne normale !

CT : C’était très étrange. Sans être paranoïaque, les choses s’amplifiaient au fur et à mesure du tournage. Après les vacances de Noël, cela allait mieux.

IDC : En plus, il avait des scènes difficiles pour un jeune garçon. Agé de 23 ans, il joue avec un quarantenaire, qui est complètement dingue. Et c’est dans cette scène de l’ascenseur que Pascal a trouvé son personnage ! On n’avait pas trouvé le rythme du personnage, toute une semaine durant, jusqu’à ce que tu n’arrives, et que Pascal se cale sur ton énergie !


Cyrille Thouvenin , est-ce difficile de commencer sa carrière de comédien en jouant deux personnages ( Juste une question d’amour et La Confusion des genres ) qualifiés de ‘normaux’, alors que la jeunesse a cette image d’indécision ?

IDC : Cyrille est très mature : il savait où il voulait aller. C’est une des raisons pour lesquelles je l’avais pris

CT : Mais cette espèce d’invincibilité, croire que tout va se faire, est commune à cet âge !

IDC : Tu avais une maturité par rapport à ton avenir, tu paraissais sûr. Cyrille arrivait de Lorraine, et j’aimais ce côté innocent dans un milieu parisien : une fraîcheur que j’ai donc beaucoup utilisée. Sans elle et sans Cyrille, je pense que La Confusion des genres n’aurait pas tenu. Il aurait sinon été insupportable de voir tous ces gens dans le doute, l’amertume, l’ironie, le sarcasme constant ! Or Cyrille était un peu la baguette magique qui donnait de la légèreté à tout, et sur laquelle tout le monde s’est calé. Mais là aussi, on a eu du mal à trouver le personnage. C’est une recherche, qu’un personnage ! C’était un peu jouer Marilyn Monroe à l’envers : débarquer, et tout est facile. C’est quand même compliqué à faire pour un jeune garçon.


Vous avez demandé à vos acteurs de ne pas sourire sur le tournage, alors que vous jouiez une comédie !

IDC : Je n’ai pas demandé à Cyrille de ne pas sourire : il devait sourire, mais pas trop. Mais il a pensé qu’il pouvait déformer le texte et dire autre chose. Or en tant que metteur en scène qui écrit aussi, je ne supporte pas qu’on change un mot ! Je le recadrais donc à chaque fois en précisant qu’il y avait une écriture. Je pense qu’un metteur en scène est toujours jaloux de ses comédiens quand c’est plutôt réussi à l’écran : on se dit que les acteurs ont l’air de s’amuser, de vivre des moments incroyables. J’avais envie d’être avec eux à l’écran, même s’il fallait jouer le doute. Je les voyais dans une histoire qui est quand même assez heureuse. J’avais envie d’être à leur place, ce qui est totalement schizophrène ! Ce qui peut expliquer les relations difficiles avec Cyrille. Il était plus facile d’être hargneux avec lui qu’avec Pascal qui me renvoyait déjà sur les roses. C’était finalement très lâche de ma part de m’en prendre à lui…

CT : Je ne vois pas du tout l’élément sociologique. Je vois juste des personnages qui sont dans leur truc.

IDC : Ils acceptent leur doute, leur confusion, leur questionnement. Car tu peux être paniqué face à un tel questionnement.


Dans le jeu entre Alain et Christophe, est-ce que vous avez eu une réflexion sur qui est le plus amoureux des deux de l’autre ?

PG : C’était Christophe, le plus amoureux.

CT : C’est la fougue de la jeunesse. Christophe était aussi un garçon déterminé. J’imagine qu’il devait savoir très bien ce qu’il voulait. Mais c’est sans doute mêlé à un coup de foudre.


Diriez-vous que Christophe était, là où on parlait d’Alain indécis, très déterminé ?

CT : On se l’était dit comme ça. C’était d’ailleurs le personnage le moins confus du film.

PG : Mais il y a une différence entre la passion et l’amour. Je pense que le personnage de Christophe était plus passionné.

CT : Eu égard à sa jeunesse et à sa candeur.

PG : Le personnage d’Alain refusait totalement l’idée du paternalisme. Ce n’est pas quelqu’un qui se complaît là-dedans.


Qu’est-ce qu’Ilan Duran Cohen voulait qu’il y ait comme relation entre les deux ? Est-ce que vous avez travaillé avec lui sur une définition de la relation qu’il devait y avoir entre les deux ?

CT : C’était clairement écrit comme un « suis-moi, je te fuis ; fuis-moi, je te suis ».

PG : Ce n’est pas si simple que cela, quand même. C’est comme dans la vie, c’est plus complexe… Les personnages ne sont pas des caricatures, ils sont plus construits, plus complexes. Leur complexité est à l’image de la complexité d’Ilan Duran Cohen


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