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 | RIOTTA Gianni | | Alborada | | | [27] Grasset
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328 pages - 19 € ISBN 10: 2-246-62591-X
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| Texte | Iconographie | Pertinence | Objet | Informatif/Intéressant
Pagination > 450 p.
Historicisant
Universitaire
Appareil critique
| Cartes
Dessins / Croquis
Photos / Reproductions
Quadrichromie
Griffe originale
| Concision
Cohérence
Esprit / Génie
Pluridisciplinaire
Sujet original
| Cartonné / Relié
Grand format
Papier spécial
Maquette / Typographie
Autres / Cachet
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1944, camp d'Hereford, Texas : Nino s'évade pour empêcher sa fiancée d'épouser son prof de mathématiques ! Sur sa route, un énigmatique lieutenant se joint à lui : commence alors pour ces deux hommes un long périple vers New York, une odyssée sombre et émouvante. A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, les Etats-Unis détenaient 425 000 prisonniers de guerre, Allemands et Italiens en majorité répartis dans 511 camps. Le Texas en comptait alors près de 80 000, avec le camp d'Hereford pour les seuls Italiens. Les évasions étaient rares, et ceux qui les tentaient étaient rapidement repris vus l'immensité du pays et l'obstacle de la langue.
C'est ce qu'a choisi l'auteur comme toile de fond à son roman : il débute au son des explosions de l'Alborada qui annonce les jours de fête dans un petit village de pêcheurs, promettant « comme dans une poésie de Leopardi, le repos et des joies éphémères, tous suspendus dans un lieu qui n'était à personne, un air libéré du carcan des devoirs, des corvées, du travail (p.12) ».
La grande évasion Camp d'Hereford, 1944 : le prisonnier de guerre Giovannino Manes dit Nino reçoit une lettre où sa fiancée Zita annonce ses noces prochaines avec le professeur Barbaroux, grâce auquel Nino avait étudié les mathématiques. Ce fils de pêcheur décide d'empêcher ce mariage coûte que coûte, et s'évade le 17 avril 1944… Sur sa route, il croise un lieutenant américain, jeune et énigmatique, qui se propose de l'escorter jusqu'à New York en le faisant passer pour son prisonnier, un périple à travers les Etats-Unis parsemé d'embûches et de rencontres émouvantes… Mais si Nino tient à regagner l'Italie « pour raison d'amour (p.81) », c'est la raison politique qui guide le lieutenant, son compagnon d'infortune.
Parallèlement, le major Caffard et le lieutenant Cheever sont à la poursuite d'un dangereux nazi évadé, le capitaine von Luck, soupçonné de fomenter des actes terroristes sur le territoire américain, et de préparer notamment un attentat contre le président Roosevelt : la chasse à l'homme s'engage…
Heureux qui comme Ulysse…
A travers son protagoniste, l'auteur décrit la difficulté de 'tenir' en prison : le jeune Italien ne s'accroche pas à sa vie d'avant la guerre, le souvenir serait plus douloureux que réconfortant, et il évoque l'impossibilité de dormir dans l'angoisse permanente de la mort… Les Allemands ne sont guère plus en sécurité entre eux : les nazis organisent des expéditions punitives au sein de leur propre camp.
C'est l'histoire d'Ulysse qui guide et redonne courage à Nino : « puisqu'il avait fini par aborder un jour aux rives d'Ithaque, pourquoi pas moi ? (p.60) ». Le voyage est long jusqu'à New York, et la crainte d'être arrêté, omniprésente. Comme Ulysse, les deux hommes affrontent les dangers de la fuite et récoltent les aides providentielles que le hasard place sur leur route… Le Lion, le Lépreux et la Prostituée
Lorsque Nino se retrouve pris au piège du champ de mines où il s'était « fourré par bêtise et par orgueil (p.127) », le lieutenant risque sa vie pour le sauver. Tout comme MacKay, un ancien chasseur de primes, qui ne court plus « après des êtres humains (p166) », mais après les pumas pour survivre, en tuant au passage un lion féroce des montagnes.
Nino et son ami trompent leur solitude auprès de H.L., la prostituée japonaise qui les aide contre ceux qui les traquent. Et puis il y a Orpheus, ce lépreux aveugle et prophète qui continue à jouer du violon malgré la maladie qui a rongé ses doigts. Auprès de lui, Nino comprend qu'il tente de retrouver un passé qui n'existe plus, même si Ulysse l'accompagne jusqu'à son retour en Italie, avec une détermination sans faille contre le 'prétendant' qui lui avait ravi sa fiancée Zita : « celui-là m'arrête et me boucle, mais demain je recommence (p.27) ». Quelques réserves Gianni Riotta décrit avec sensibilité cette histoire sombre et douloureuse de deux hommes vaincus cherchant leur dignité dans l'accomplissement de leur destin. On se laisse surprendre par les personnages dissimulant leur identité, ce qui les rend encore plus héroïques. Mais on peut regretter la rapidité et la facilité de l'évasion de Nino, ainsi que l'incohérence de la fameuse scène du champ de mines qui tourne au débat théologique… De plus, est-ce le fait du traducteur ( pp.111 et 208 ), mais jusqu'à nouvel ordre, les crapauds ne « croassent » pas comme le font les corbeaux, mais coassent comme les grenouilles…
© 2004-2007 - Les Beaux Esprits Se Rencontrent (LBESR) : Archivé édition N°8 : 16.IX.04 * * *
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