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 | TURELL Dan | | Mortels Lundis | | Titre original : Mord ved Runddelen | [17] Ginkgo
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217 pages - 15 € ISBN 10: 2-84679-020-5
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| Texte | Iconographie | Pertinence | Objet | Informatif/Intéressant
Pagination > 450 p.
Historicisant
Universitaire
Appareil critique
| Cartes
Dessins / Croquis
Photos / Reproductions
Quadrichromie
Griffe originale
| Concision
Cohérence
Esprit / Génie
Pluridisciplinaire
Sujet original
| Cartonné / Relié
Grand format
Papier spécial
Maquette / Typographie
Autres / Cachet
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A Copenhague, des assassinats de jeunes femmes chaque lundi trois semaines de suite, un policier débordé et un journaliste un peu raté, tel est le décor de ce polar nordique, quelque peu cliché, mais à l'humour grinçant… Disparu en 1993, Dan Turèll est un auteur danois très populaire en son pays. Son style est fluide et ses pages sont émaillées de descriptions imagées : « mes bonnes résolutions s'avérèrent aussi efficaces qu'un emplâtre sur une jambe de bois, un prêche de Saint François d'Assise dans un laboratoire de vivisection, ou un discours de Martin Luther King dans une réunion du Ku-Klux-Klan (p.150) ».
Le Narrateur On ne connaît pas son nom, car il parle à la première personne du singulier… C'est le type même du journaliste qui n'a réussi à se faire connaître, qui a préféré démissionner de son journal, mais qui a dû y revenir en free-lance, car il faut bien manger… Ce héros récurrent de Dan Turèll fréquente le commissariat et traîne toujours ses guêtres près des lieux de l'enquête. Mais il sait aussi patienter, en alignant bières et whisky au Café Central, qui n'est autre que le QG où les hommes esseulés ont leurs habitudes.
Partie prenante à l'aventure, ce journaliste cherche le scoop et trouve… des cadavres. L'une après l'autre, deux jeunes blondes, aux yeux bleus et au teint frais, par hasard croisent son chemin, bien triste d'ailleurs : « de fil en aiguille, mes pensées suivaient leur cheminement fantasque, décousu, dérisoire et tristement prévisible, tandis que j'arpentais les rues, bercé par le ruissellement monotone de la pluie, qui semblait peu à peu laver la noirceur des façades et les nimber de reflets féeriques dans les profondeurs de la nuit (p.10) »…
Il n'a plus d'illusions sur les jeunes, « rares étaient ceux d'ailleurs qui vivaient assez vieux pour recevoir des rudiments d'éducation qui leur permettraient, plus tard, de remplir seuls leur grille de loto et leur feuille de sécurité sociale (p.11) », et pas plus d'illusions sur la société en général : « à Copenhague, les cabines téléphoniques sont toujours en panne. A chaque fois qu'on a un besoin vital de passer un coup de fil, comme par hasard, il y a toujours un apprenti alcoolique en mal de distraction qui n'a rien trouvé de plus drôle que de saboter la seule cabine du quartier. C'est là une grande constante dans l'humanité (p.16) ».
L'Enquêteur Second personnage habituel de la série Mord-série dont Mortels lundis est tiré, l'inspecteur Elhers mène de front plusieurs conflits et enquêtes. Tiraillé entre maintenir le secret de l'enquête et distiller quelques bribes d'informations pour en obtenir d'autres, par l'intermédiaire des journaux, il doit aussi ménager ses subordonnés et le public, et a évidemment une obligation de résultat envers sa hiérarchie.
Il débarque sur la scène du premier crime, un bandage sur la tête, et un peu désabusé : « une simple échauffourée avec des squatters, du côté de Firkanten. Toujours la même histoire : les jeunes sont à la rue, ils s'installent dans les maisons condamnées, le maire et le préfet ordonnent leur expulsion, et à nous de jouer, pauvres flics. Alors, fatalement, il arrive qu'on se prenne quelques pavés sur le coin de la figure, tandis que le bon peuple regarde le film au balcon et que la presse du lendemain fait des gorges chaudes de la brutalité de la police (p19) ».
Accompagné de l'ami journaliste toujours prêt à battre le pavé pour piéger le meurtrier et s'assurer la une de La Dépêche, il collecte les maigres indices, apporte les mauvaises nouvelles aux familles, et finit par boucler l'affaire un peu par hasard. Et malgré les lieux souvent mal famés qu'il fréquente, « j'échangeai quelques réflexions profondes avec le gérant du peep-show Paradiso qui me confia, avec l'inquiétude d'un épicier calculant ses reversements TVA après la fermeture, que bientôt même la fesse se vendrait mal ; la crise, peut-être (p.111) », l'enthousiasme et l'amour du travail bien fait sont malgré tout présents. Un bon petit soldat…
Roman de gare…
Dan Turrèll a une vision satirique du monde moderne, « et quand bien même trois nonnes catholiques se seraient fait assassinées puis violées dans les toilettes du sous-sol de la Place de l'Hôtel de Ville, elles n'auraient eu droit qu'à un maigre entrefilet en dernière page (p.48) » ( fautes de conjugaison dans le texte…), dont certains aspects rappellent le monde de Charles Exbrayat, dont les intrigues n'étaient guère plus compliquées. Norah Guéneau © 2004-2007 - Les Beaux Esprits Se Rencontrent (LBESR) : Archivé édition N°19 : 01.V.05 * * *
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