N° 40
 
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[37] MEDIA > [16] Edition
[133] POLAR & POLICE > [4] Monde polar
CHAUCHARD Catherine - REGNAULT Alain - BILIPO : Bibliothèque des Littératures Policières
BILIPO : Bibliothèque des Littératures Policières
CHAUCHARD Catherine - REGNAULT Alain
 
 

Entretien de deux responsables de la Bibliothèque des Littératures Policières sise à Paris. Cette institution, unique en Europe, conserve la production nationale de polars français et traduits de l'étranger, et organise nombre de manifestations connexes. Présentation.

 

ArtsLivres : Quelles sont vos fonctions respectives au sein de la bibliothèque et en quoi consiste votre travail ?

Catherine CHAUCHARD : Je suis responsable de la Bilipo depuis 1995, date à laquelle nous nous sommes installés dans de nouveaux locaux, 48-50 rue du Cardinal-Lemoine dans le Ve arrondissement. La Bilipo compte sept bibliothécaires qualifiés et passionnés par leur métier autant que par la littérature policière. Pour ma part, j'ai un rôle de gestion ( crédits, personnel, organisation, relations publiques ) et d'animation d'équipe.

Alain REGNAULT : Je suis bibliothécaire et j'ai plusieurs fonctions à la Bilipo dépouillement de la presse quotidienne nationale pour alimenter les dossiers de presse sur les auteurs, le cinéma policier et la criminologie. Je m'occupe également du roman policier pour la jeunesse. Nous travaillons avec des classes, et nous organisons en ce moment des activités plus spécifiques autour de la littérature policière pour la jeunesse dont un prix littéraire pour les 12-14 ans : Les Mordus du Polar.

CC : Alain a longtemps été le seul professionnel à s'occuper de la bibliothèque lorsqu'elle n'était encore qu'un fonds spécialisé de la Bibliothèque Mouffetard. Il est là depuis 1987 et a participé aux réflexions sur les orientations à donner à l'établissement. La Bilipo date de 1984, Alain qui a été témoin de son développement en est la mémoire vivante.

Beaucoup de maisons d'édition ont actuellement leur section polar, roman noir, suspense, thriller etc. Le terme étant galvaudé, quelle est donc la définition du 'roman policier' ?

AR : Il est important de définir ce qu'est un roman policier, pour savoir de quoi l'on parle. Ensuite, on peut définir les tendances : énigme, noir, suspense, roman d'aventures mystérieuses, etc. Avant tout le ressort principal du roman policier c'est le crime, crime au sens large. Le crime de sang auquel on pense de suite mais aussi les délits de toutes sortes. Les auteurs de roman d'énigme brodent ensuite, à partir du meurtre ou du délit, avec une enquête menée par des détectives amateurs qui vont interroger, émettre des hypothèses, suivre des pistes… On rassemble tout le monde, et à la fin on désigne le coupable. Le roman à énigme fonctionne ainsi, avec ses archétypes, ses personnages spécifiques, ses lieux et ses codes propres.

Le roman noir fonctionne autrement : il insiste sur la violence de la société dans laquelle on vit. Il se divise lui-même en sous-catégories comme le roman de « police procédural» par exemple dans lequel évolue une équipe de policier ou celle plus classique d'un enquêteur plus solitaire, tel le détective privé que nous connaissons tous… Dans le roman à suspense qui est par définition le roman de la victime, donc beaucoup plus psychologique, il peut n'y avoir aucun policier. Ici c'est la peur et la montée progressive de la tension qui font qu'on ne lâche pas un bon roman à suspense avant la fin.

Cette typologie n'a heureusement rien de figée. S'il y a des interpénétrations à l'intérieur du roman policier entre les différentes tendances, il y en a aussi avec les autres genres comme la science-fiction, le fantastique ou le roman historique qui fonctionnent très bien actuellement.

D'après les quatrièmes de couverture, tout semble tenir du roman policier. Certains auteurs ont-ils pu profiter de l'essor du lectorat polar pour s'attribuer cette étiquette ?

CC : C'est souvent une stratégie commerciale de l'auteur ou de l'éditeur, et elle est très française. Les auteurs étrangers sont ainsi souvent surpris d'être invités à des festivals polar, alors qu'ils déclarent ne pas écrire de romans policiers ! Dans leurs pays respectifs, on ne catégorise pas autant. Et on constate actuellement une dilution des genres : beaucoup d'ouvrages en marge sont quand même forcés dans ces catégories. Les éditeurs ont des appellations qui permettent les distinctions, mais les grandes collections perdent de leur identité. Si Rivage Noir conserve une image forte, Le Masque, Série Noire ou la Noire ont souvent des comptes-rendus comme « c'est dans la Noire, c'est un récit dur et sombre, mais ce n'est pas un roman policier ». Même chez Gallimard, il y a des choses un peu flottantes…

Nos collections en magasin sont classées par collection. Tout ce qui ne paraît pas en collection policière est mis à part, hors collection, ce qui a pris doucement de l'ampleur. Cela prouve que les éditeurs s'en tiennent à leurs collections policières, même si elles sont moins identifiables qu'auparavant, car c'est vrai, ils y font entrer un peu tout. Mais ils tiennent malgré tout à cette différenciation, la notion de genre n'est donc pas complètement perdue.

Par exemple, le Da Vinci Code est-il un roman policier ?

AR : Le Da Vinci Code est un roman policier qui surfe sur la mode ésotérico-religieuse. Le Vatican et le personnage du Christ sont très vendeur en ce moment. Il a été lu par notre groupe de lecture, mais n'a pas été sélectionné. Sur le plan littéraire c'est avant tout un best-seller, et il a été écrit comme tel, avec des rebondissements toutes les trois pages, comme dans les romans de Mary Higgins Clark. Rien de très original, c'est ce qui nous a conduit à l'écarter.

Quels sont les pays qui vous semblent les plus dynamiques dans l'édition du polar ?

CC : Les pays anglo-saxons en général : ils ont un tel marché ! En Europe, surtout dans les petits pays, il y a une profusion incroyable de titres traduits de l'anglais, même s'ils ont une production nationale. C'est une dominante historique qui a la vie dure! Cependant, le roman policier français a pu ces dernières années faire presque jeu égal avec la production anglo-saxonne dans notre revue Les Crimes de L'Année, sélection parmi les titres publiés chaque année où les résumés et analyses des livres retenus s'accompagnent d'index et de catégorisations : noir, psychologique, historique, thriller judiciaire, thriller médical…

On note l'apparition de nouvelles littératures nationales, avec un intérêt croissant du public pour le polar scandinave, alors que les tentatives voici une quinzaine d'années, n'avaient absolument pas marché. Par exemple, le Suédois Henning Mankell, publié jadis chez Christian Bourgois, connaît actuellement un grand succès au Seuil, tandis que son compatriote Stefan Westerlund reparaît en Folio. Il faut peut-être un vivier, une suite… Allemands, Espagnols et Italiens commencent à être largement traduits en français

L'engouement pour le polar tient-il aussi au développement des séries télévisées ?

Je l'ignore, mais le polar est omniprésent à la télé comme au cinéma. Les gens sont très familiarisés avec ses codes et ses stéréotypes. Je ne sais pas si cela les incite à lire, mais les films policiers sont sûrement des voies d'accès à une littérature qui repose sur le même type de conventions.

On note aussi un développement de la littérature policière pour la jeunesse…

AR : Oui, et là, l'évolution des collections et des tendances est très rapide. En 2000, il y avait une vingtaine de collections spécifiques, alors que maintenant, on efface jusqu'au mot policier, et ça devient Hors-piste chez Gallimard. Il faut dès lors lire la quatrième de couverture pour savoir si c'est un roman policier. La tendance est générale, avec beaucoup d'hybridations : science-fiction, fantastique, fantasy, polar historique… L'Education Nationale s'est d'ailleurs emparée du roman policier jeunesse, désormais inscrit au programme des 5e au collège. Les professeurs sont très demandeurs de rencontres avec des auteurs et d'organisation d'ateliers d'écriture. Nous sommes d'ailleurs assez sollicités sur ce petit créneau pour participer à des rencontres et des formations dans les écoles, ou accueillir des classes à la bibliothèque. Comme le genre policier est très codé, c'est plus facile de faire travailler les élèves…

Est-ce un moyen de ramener les enfants à la lecture à la place d'Internet et des jeux vidéo ?

CC : C'est ce que pensent nombre d'instituteurs et professeurs…

AR : Oui si l'on arrive à montrer aux jeunes lecteurs que le roman d'énigme par exemple est une sorte de jeu, comme le Cluedo ou bien un puzzle dont il faut restituer l'ensemble des pièces pour découvrir le coupable. C'est sûr par ce biais on ne peut que les attirer vers ce type de roman. Il adore résoudre des énigmes. Je veux ajouter par ailleurs qu'il existe de très bons jeux vidéo policiers et qu'Internet et un formidable outil de recherche qui a fait une entrée fracassante dans le roman policier pour la jeunesse avec notamment les romans de Christian Grenier chez Rageot : L'Ordinatueur, @ssassins.net et plus récemment Simulator.

Quel est l'historique de la Bilipo ?

CC : L'idée remonte aux années 1970. Le roman policier connaissait déjà un grand succès, mais n'était pas nécessairement pris en compte dans la politique documentaire des bibliothèques de prêt. Les acquisitions étaient faites d'une manière un peu anarchique ou aléatoire ( parfois par dons ) : les prêts n'étaient pas consignés ; les livres étaient mis dans des caisses : les gens se servaient et les rapportaient éventuellement…

Or la production éditoriale était déjà importante. Le genre suscitait de nombreuses manifestations ( festivals, animations diverses ). Des amateurs se regroupaient au sein d'associations comme 813, Les Amis du roman policier. Ces derniers ont particulièrement œuvré à la création d'une bibliothèque spécialisée qui faisait vraiment défaut. Toute recherche dans ce domaine se heurtait aux insuffisances des grandes bibliothèques de recherche : ainsi la communication des collections policières de la Bibliothèque Nationale ( collections de poche la plupart du temps ) étaient stockées à Versailles et leur communication était donc différée. Par ailleurs, les ouvrages de référence sur la littérature policière étaient presque inexistants en salle des catalogues.

Parallèlement des bibliothécaires de la Ville de Paris, amateurs du genre et sensibles à l'intérêt des lecteurs, jugèrent utile de créer un groupe de réflexion sur la littérature policière, car il devenait urgent de se repérer dans une production pléthorique où le pire côtoyait le meilleur. Pour mener à bien leurs travaux, ils ont acquis des ouvrages de référence, ( biographies, dictionnaires et bibliographies existantes ) qui ont constitué l'embryon des fonds documentaires de la Bilipo. Leurs recherches ont donné lieu à une exposition, accompagnée de la publication d'une Enquête sur la Littérature Policière qui dressait un état des lieux où n'étaient oubliés ni les précurseurs du genre policier ni la littérature pour la jeunesse ni le domaine connexe du film noir. Cette recension, indispensable au néophyte comme à l'amateur, présentait une bio-bibliographie d'auteurs indispensables, avec hiérarchisation des titres importants. Elle était aussi utile aux bibliothécaires pour la constitution des fonds et l'orientation des lecteurs.

Membre actif de ce groupe, la conservatrice de la bibliothèque du Panthéon suggéra la création d'un fonds spécialisé au sein de la bibliothèque Mouffetard-Contrescarpe, un établissement moderne où allaient être transférées les collections de l'établissement qu'elle dirigeait ( situé alors dans la mairie du Ve arrondissement ). Ce projet s'inscrivait dans la politique de la Ville de Paris qui favorisait alors la création de fonds spécifiques dans ses établissements de lecture publique : le sport à la bibliothèque Lancry, le tourisme à la bibliothèque Trocadéro… L'association 813 dont était membre cette bibliothécaire n'a pu que se réjouir de ce projet institutionnel et lui apporter son appui.

Vous avez aussi une mission de Dépôt Légal…

Oui, car parallèlement, la Bibliothèque de l'Arsenal ( un département de la BnF ) recevait alors un exemplaire de chaque titre paru en France, dont la littérature policière, mais commençait à manquer de place. D'où une entente entre la Bibliothèque Nationale et la Ville de Paris, pour transférer les collections policières de l'Arsenal ( environ 9 000 titres ) à la Bilipo, la rendant dès lors attributaire d'un exemplaire du Dépôt Légal. C'était évidemment inespéré. Nous avons donc démarré avec un fonds important et la perspective de l'alimenter régulièrement. Mais cette assurance d'exhaustivité est relative, car l'Arsenal a pu ne pas tout recevoir ( le dépôt légal effectué auprès de la BnF n'étant lui-même pas toujours parfait ), problème auquel s'est ajoutée une certaine déperdition lors du transfert des collections. Nous nous attachons aujourd'hui à compléter ces lacunes.

La convention passée avec la BnF a été reconduite plusieurs fois, et devrait l'être à nouveau à l'occasion de la réforme du Dépôt Légal. Nous répondons en effet aux exigences de conservation et de communication requises pour ces ouvrages ( température et hygrométrie des magasins correspondent aux normes fixées par la BnF) et les documents consultables sur place par tous les publics ne peuvent faire l'objet de prêts extérieurs.

Le rapide succès du fonds a rapidement imposé un déménagement et un élargissement des missions de la Bilipo, d'autant plus que le polar explosait en France depuis le début des années 80, qu'il s'agisse de romans français ou traduits de langues étrangères. Ce projet de dédier entièrement un établissement de lecture publique en a surpris plus d'un, les institutions prenant rarement les devants et suivant plutôt avec retard les mouvements de société… La Bilipo par son existence même a ainsi contribué à légitimer le genre policier.

D'autant que le polar fut longtemps considéré comme 'littérature de gare'…

De nombreux collègues ont longtemps considéré que les séries policières ( au sein desquelles ils ne faisaient pas nécessairement de différence entre SAS et des collections plus littéraires ) n'avaient pas leur place en bibliothèque. La situation s'est aujourd'hui largement modifiée. Toutes les bibliothèques ont intégré de nombreux romans policiers dans leurs fonds de fiction. Certaines les distinguent des autres romans par des pastilles qui permettent un repérage immédiat ( c'est le cas par exemple de la bibliothèque Malraux ), d'autres les distinguent en les classant à part ( ainsi à la bibliothèque Mouffetard ). Cette présence importante du roman policier dans les fonds de bibliothèques et dans les emprunts répond enfin aux pratiques de lecture révélées par des enquêtes nationales récentes qui établissent qu'un roman sur cinq lus en France est un roman policier.

Quelles sont les caractéristiques de la Bilipo et de son fonds ?

La Bilipo appartient au réseau des bibliothèques de la Ville de Paris. Sa création est révélatrice d'une véritable volonté de consacrer un genre jusque-là tenu pour mineur et peut-être aussi de développer un fonds original dans un arrondissement qui compte des dizaines d'établissements spécialisés ( de la bibliothèque Sainte-Geneviève à la bibliothèque byzantine en passant par la Sorbonne et les trois bibliothèques de prêt de l'arrondissement ) ce qui atteste d'une réelle volonté. La Bilipo, concept original, reste unique encore aujourd'hui, sans équivalent en France ni même en Europe. Il y a bien bibliothèque en Suède et une autre en Finlande, mais elles sont le fruit d'initiatives privées d'un journaliste ou d'un passionné qui n'ont pas les mêmes moyens d'assurer une véritable exhaustivité, d'être ouvertes à tous les publics et d'entretenir des liens institutionnels avec leur grande bibliothèque nationale. Il n'y a pas d'établissement comparable en Angleterre, pays qui aurait pourtant pu susciter ce genre d'initiative. La réussite de la Bilipo a sans doute bénéficié de circonstances favorables et du dynamisme du secteur policier. Celui-ci, en effet, ne faiblit pas depuis 10 ans, donnant ainsi tort aux Cassandre qui déploraient l'emballement de la production et prédisaient une chute brutale.

Si l'on revient aux fonds de la Bilipo, on peut constater qu'ils se sont considérablement accrus en 20 ans. Des documentaires et romans initiaux réunis pour L'Enquête sur la littérature policière auxquels s'ajoutaient les 9000 ouvrages reçus du Dépôt Légal, nous sommes passés aujourd'hui à quelque 70 000 ouvrages de fiction, 7000 documentaires, 3 000 dossiers de presse. Nous avons aussi une cinquantaine d'abonnements à des périodiques français et étrangers. Nous conservons environ 150 titres de revues en magasins ( des séries complètes ou des numéros isolés, traitant de sujets qui nous intéressent )

Conservez-vous des ouvrages en langue étrangère, ou uniquement en français ?

Notre but est d'avoir toute la production en français, et nous pouvons stocker 100 000 volumes, nombre que nous atteindrons forcément un jour. Acheter la production en anglais, en allemand ou en italien n'est pas envisageable. Mais nous acceptons les dons, les particuliers peuvent nous donner les livres dont ils n'ont plus l'usage, en particulier les livres anglais. Gallimard nous a ainsi versé dès l'origine un certain nombre d'ouvrages sur lesquels avaient travaillé les traducteurs. C'est amusant de voir tout le travail d'édition et de traduction et les contraintes de calibrage de la Série Noire, qui imposaient souvent coupes, caviardages ou suppression de chapitres entiers. Des bibliothèques américaines nous cèdent leurs ouvrages destinés au pilon, des auteurs comme Stuart Kaminsky ont pu nous donner l'ensemble de leurs titres en langue originale. Des auteurs français nous adressent régulièrement les traductions de leurs livres en d'autres langues : il est intéressant de voir pour certains auteurs connus le nombre de langues et les titres traduits… Enfin plusieurs éditeurs ( Rivages, 10/18 ) nous envoient les ouvrages étrangers à partir desquels ils ont opéré leurs choix et établi leurs traductions.

Ce sont donc à chaque fois des échantillonnages, mais cela prend de la place et nous ne visons pas l'exhaustivité. En revanche, nous ne laissons rien échapper des documentaires consacrés à la littérature policière. Les limites dans ce domaine tiennent à l'accès aux langues de publication. Ainsi la littérature critique en japonais est abondante, mais son acquisition n'a guère de sens ( sauf s'il s'agit d'édition bilingue japonais-anglais ) pour un public qui compte fort peu de locuteurs de cette langue.

A ce sujet, le Japon aussi a fait des séries télévisées pour adultes et enfants d'après le personnage de Holmes. Et l'auteur Edogawa Rampo n'est qu'un pseudonyme sur Edgar Allan Poe, prononcé à la japonaise…

Le genre policier est en effet très populaire au Japon où Sherlock Holmes est devenu un véritable héros national. Pour en revenir à nos acquisitions dans le domaine des documentaires, nous sommes très vigilants dans le domaine de la littérature policière et achetons tout ce qui peut paraître sur les auteurs, les thèmes, les genres, les essais historiques, critiques, théoriques sur ce domaine. Nous sommes plus sélectifs pour des sujets connexes : cinéma, théâtre, bande dessinée, séries policières. Nous avons également développé des domaines annexes, qui touchent à la réalité du crime : criminologie, criminalistique, histoire de la police, de la justice, des systèmes pénitentiaires, relations de véritables affaires criminelles, essais sur les langues populaires, dictionnaires d'argot…

On retrouve les mêmes distinctions dans les collections de périodiques. De nombreux titres français et étrangers, généralistes ou très pointus ( il peut s'agir de vraies revues comme Temps noir, 813 ou Crime Time par exemple ou de fanzines comme La Noirôde, La Vache qui lit… ) sont consacrés à la littérature policière, d'autres concernent les domaines connexes préalablement énumérés ( faits divers avec Détective dont nous possédons une collection complète depuis 1928, VSD, Criminologie avec Civic, Les Cahiers de la sécurité intérieure, Crime, Histoire et société ).

AR : Pour nos dossiers de presse, certains sont biographiques ( auteurs, cinéastes spécialisés dans le genre ), d'autres contiennent des articles de fond sur certains aspects de la littérature policière, sur les manifestations autour du genre, sur les éditeurs et collections spécialisés. Nous avons aussi des dossiers relatifs aux affaires criminelles : crimes de sang ou passionnels, serial killers, pédophilie, réseaux d'espionnage, terrorisme, fonctionnement de la police scientifique…Nous découpons la presse quotidienne nationale pour constituer des dossiers qui intéressent un public très varié : de l'étudiant à l'organisateur de festivals, de l'auteur ou du scénariste au journaliste en passant par le simple quidam en quête de renseignements sur une affaire ancienne.

CC : Nous avons des demandes spécifiques de médias comme la télévision et le cinéma, car il semble qu'ils n'aient pas de services d'archives propres, ou alors depuis pas très longtemps. Un journaliste peut ainsi retrouver des chroniques qui lui auraient échappé, ou un écrivain trouver matière pour son prochain roman… La télévision nous sollicite donc de plus en plus, et régulièrement pour constituer leurs dossiers de projets ou filmer des bancs titres, telle l'émission Faites entrer l'accusé de Christophe Hondelatte sur France 2.

Jusqu'à quel point êtes-vous informatisés ?

Nous le sommes au moins pour toutes les monographies : nous avons bénéficié d'équipes de renfort pour cataloguer, et sommes ainsi présents dans le catalogue des bibliothèques de la Ville de Paris, ce qui n'est pas encore le cas de toutes les autres bibliothèques spécialisées, mais en passe de l'être, telles la Bibliothèque historique, Forney, la Bibliothèque administrative de la Ville de Paris, la Bibliothèque Marguerite Durand consacrée à l'histoire des femmes, la Médiathèque musicale de Paris, la Bibliothèque des Arts graphiques, et la Bibliothèque du Cinéma qui devrait déménager bientôt aux Halles. La Bilipo sera re-informatisée pour intégrer tous ses supports : monographies, dossiers de presse et revues, ce qui contribuera à donner une meilleure visibilité et permettra une meilleure exploitation de ses ressources.

Nous n'avons pas de site Internet, mais notre catalogue est consultable en ligne, comme celui de toutes les bibliothèques de prêts sur http://www.bibliothèque.paris.fr, on peut y isoler la Bilipo et faire ses recherches pour savoir si elle possède un titre précis, une collection, etc. Mais on ne saura pas avant sa réinformatisation ( prévue en 2006 ) qu'elle possède Mystère Magazine et on ne pourra pas davantage consulter l'état de la collection Détective. Actuellement, il n'y a que très peu de projets de numérisation pour ces fonds en raison des problèmes juridiques que posent des ouvrages qui ne sont pas dans le domaine public ( les collections policières sont en effet de création relativement récente ).

De ces vastes secteurs que vous évoquez, lesquels aimeriez-vous développer ?

Le fonds iconographique par exemple : nous avons un fond embryonnaire d'affiches de pièces et de films policiers, des documents iconographiques de toutes sortes ( dessins originaux et matériel promotionnel fourni aux libraires par les éditeurs ), des documents produits lors ou suite à des manifestations autour de la littérature policière… Ce fonds original pourrait assurément être développé.

Nous avons par ailleurs imaginé de constituer nos propres archives sonores avec des interviews d'acteurs du roman policier. Nous sommes au cœur de la littérature policière: les amateurs, auteurs, éditeurs et attachés de presse sont pour la plupart passés chez nous ! Qui s'intéresse à la littérature policière finit tôt ou tard par connaître notre existence et y venir. Il faudrait profiter de ces relations privilégiées pour faire ce travail, mais il faut un peu de matériel et de savoir-faire. C'est une belle idée qu'il faudrait concrétiser…

La Bilipo, unique en Europe, travaille-t-elle avec des bibliothèques étrangères ?

Je suis très contente d'avoir établi des collaborations stables avec des collègues de centres culturels étrangers à Paris et avec de nombreux bibliothécaires de centres culturels européens. Nous collaborons aussi avec des bibliothécaires et des professionnels du livre que nous connaissons depuis longtemps, et avec lesquels nous entretenons des relations régulières. Jordi Canal, responsable de la bibliothèque de l'Hospitalet dans la banlieue de Barcelone et grand fan de polars, a développé un fonds important au sein de sa bibliothèque. Il vient de créer un festival européen à Barcelone, en janvier, avec un site Internet qui est un véritable portail sur nombre d'institutions comme la nôtre, mais aussi sur des revues, des groupes constitués et des ressources dans le monde entier. C'est un homme précieux qui connaît bien le domaine sud-américain, espagnol et méditerranéen, il est présent dans beaucoup d'actions.

Nous entretenons également des liens avec une libraire de Milan ( La Libreria del Giallo ), et une autre à Bonn ( Missing Link ), membre d'une association internationale d'auteurs de romans policiers et membre du jury du prix Glauser. Il y aussi des bibliothèques, des institutions et des responsables de revues avec lesquels nous maintenons nos contacts. A Londres, le libraire Maxim Jakubowski organise sa grande manifestation Crime Scene, fin juin : il est au cœur des manifestations en Angleterre. Aux Etats-Unis, nos collègues de la bibliothèque universitaire de UCLA conservent les archives de Raymond Chandler.

Il est très sympathique que les chercheurs étrangers restent en relation avec nous, ou deviennent des sortes de correspondants. On essaie d'être présents à certaines manifestations, et sommes parfois invités à l'étranger, où nous avons appris que nombre d'étrangers appréciaient notre travail et fréquentaient la Bilipo lors de leurs séjours à Paris. C'est tout l'attrait des bibliothèques spécialisées que d'avoir un public intéressé et motivé.

Combien d'expositions la Bilipo accueille-t-elle par an, et sur quels thèmes ?

AR : Nous présentons en moyenne deux grandes expositions par an, avec des expositions plus légères de plasticiens ou d'autres artistes. Ce sont le plus souvent des expositions thématiques : après avoir célébré en 1995 les 50 ans de la Série Noire, nous avons présenté de nombreuses expositions commémoratives qui ont permis de couvrir le champ de la littérature policière en France : 70 ans du Masque, 50 ans de Fleuve Noir, 10 ans de Rivages, 15 ans de Grands détectives

CC : Il y a eu aussi des expositions consacrées à des auteurs, Frédéric Dard qui a connu un grand succès. Nous avons toujours un commissaire extérieur pour ce genre d'exposition, il vaut mieux un spécialiste pour rédiger les textes d'accompagnement. Nous nous occupons du reste : mise en scène, recherche de documents. Notre partenariat avec la société Sherlock Holmes de France a donné lieu à l'exposition Sherlock Holmes à Paris, grand succès, à l'instar de Maigret à Paris, dont le commissaire Michel Carly proposait des visites dans Paris sur les traces de Maigret et de Georges Simenon. Nous avons par ailleurs proposé des expositions qui permettaient de mettre en relation réalité du crime et traitement fictionnel de cette réalité. C'est ainsi que nous avons présenté Les Crimes de Paris au XIXe siècle et Célérité et discrétion : deux siècles d'histoire des détectives privés en France. Pour ces deux manifestations nous avons bénéficié du concours de l'historien Dominique Kalifa.

Ces expositions ont un double objectif : valoriser la littérature policière, les collections et les réserves de la bibliothèque. C'est dans cet esprit que nous avons par exemple monté l'exposition Polar Jeunesse, un aboutissement du travail mené par Alain et Sylvie Kha, une de nos collègues, sur cet aspect de la production éditoriale. Ils s'intéressent à ce secteur depuis plusieurs années, recevant des classes auxquelles ils présentent la littérature policière, les collections destinées à la jeunesse, des titres qui leur paraissent particulièrement intéressants. Ces rencontres ont souvent été suivies de rencontres avec des auteurs. Notre prochain projet consiste à créer un Prix Jeunesse décerné par des collégiens eux-mêmes. C'est une manière d'assurer la relève avec les jeunes lecteurs !

C'est aussi dans ce même esprit - faire partager nos passions - que nous organisons des rencontres d'auteurs ou de spécialistes : nous ne privilégions pas nécessairement les rencontres d'auteurs et les signatures, mais nous essayons de construire des rencontres intéressantes avec des voix diverses. La Bilipo ne pouvait pas se contenter d'être un simple lieu de consultation, elle est un lieu de mémoire, animé et vivant. Le sujet s'y prête, et nous avons la chance que ce domaine soit particulièrement dynamique : il y a prochainement une grande manifestation à Lyon, puis une à Paris autour du polar européen à laquelle nous serons associés, et le Salon du Livre propose chaque année des rencontres avec des auteurs de romans policiers…

Selon vous, quels sont les auteurs qui mériteraient être redécouverts ?

Jean Meckert ( qui écrit aussi sous le pseudonyme de Jean Amila ) par exemple, dont Joëlle Losfeld a repris six ou sept titres. André Héléna, auteur complètement oublié et auquel nous avons consacré une exposition ( les éditions E-Dite ont réédité de nombreux titres de cet auteur ). Il y a ceux qui ont eu leur heure de gloire, comme Albert Simonin dont certains titres sont encore disponibles à la Série Noire, et d'autres réédités prochainement aux Editions Cartouche. Mais il a les problèmes de droits qui empêchent parfois une nouvelle édition. C'est moins compliqué pour les auteurs tombés dans le domaine public ou sur lesquels les enchères ne sont pas très fortes. Souvent les éditeurs rééditent des auteurs importants comme Emile Gaboriau, Wilkie Collins, Freeman Wills Crofts, l'Australien Fergus Hume, un autre ancêtre du roman policier dont le premier titre historique, Le Mystère du Hansom Cab, vient d'être publié chez Terre de Brume : il s'agit pour ce dernier titre d'un vrai travail d'édition avec une préface, une présentation et un appareil critique.

En France, la notion de collection policière remonte à 1927, avec la création du Masque. Le fonds transféré depuis la BnF ne démarrant qu'à cette date, nous avons dû acheter les titres antérieurs : romans criminels, romans de justice, de police, et aussi toute une littérature populaire remplie de complots, d'histoires de sociétés secrètes, d'affaires sombres menées par des bandes malfaisantes etc. Ce sont les romans de Ponson du Terrail, Marcel Allain et Pierre Souvestre, Eugène Sue, Paul Féval, Emile Gaboriau… Comme je l'ai dit plus haut, il se trouve encore des éditeurs courageux pour les rééditer. Il y aura toujours des amateurs pour déplorer tel ou tel auteur absent, mais il est difficile pour les éditeurs de les rendre tous constamment disponibles. Ainsi, les œuvres complètes de Georges Simenon ne sont déjà plus disponibles chez Omnibus, et il est difficile de trouver l'ensemble des œuvres de Léo Malet

Quels sont, pour chacun de vous, vos auteurs et titres préférés ?

AR : Je n'ai pas d'auteurs préférés, tout dépend des parutions et des nouveautés. Je fonctionne plus au coup de cœur sur un titre et pas forcément sur toute l'œuvre d'un auteur. J'aime aussi faire lire des les premiers romans pour y faire des découvertes. J'aime le roman très noir, bien écrit, plutôt psychologique et dense, avec un personnage d'enquêteur à forte personnalité, atypique, qui évolue dans un contexte social où transparaissent les problèmes contemporains sur lesquels l'auteur porte un regard critique. De mes dernières lectures je conseillerai surtout Marcus Malte, notamment La part des Chiens. Certains diront que ce n'est pas du roman policier : c'est une sorte d'errance de deux personnages à la recherche d'un autre, ou Indridason pour son roman La cité des Jarres.

CC : Quant à moi, j'apprécie la littérature du XIXe, Paul Féval mais pas seulement. Je suis moins curieuse de mes contemporains que ne l'est Alain. J'ai eu la chance de commencer par les classiques, des valeurs sûres et reconnues, et je n'en ai pas encore fait le tour. J'aime le noir, classique, et des auteurs tels Dashiell Hammett, Raymond Chandler, Jim Thompson, et plus particulièrement David Goodis, un grand nom du noir américain. Nombres de publications chez Rivages s'inscrivent dans cette tradition. Ainsi, le dernier James Lee Burke est formidable : il renouvelle les thématiques et décors, sans s'embarrasser de psychologie ( que je n'aime pas dans certains romans policiers contemporains ), une écriture très behavioriste, efficace et elliptique, avec des codes et valeurs liés au puritanisme et au mal, un peu étranges pour nous Français, toutes qualités qu'on retrouve chez James Ellroy ou Raymond Chandler



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[15]   THEMATIQUES > MEDIA > Edition   
 
  NEYME Jacques - Directeur des Editions Encre Marine   Edition 
12 : 20.XI.04
NEYME Jacques :
Directeur des Editions Encre Marine
 

Entretien. Qui n'a pas repéré la qualité des textes et celle du façonnage de cet éditeur éclectique voué à la philosophie et à la poésie ? Rencontre avec les deux Jacques, le fondateur et le collègue, et immersion dans la passion éditoriale acquise aux legs du bel esprit… »»»

 
  DIONISI Dominique - 3e Salon de l'Autre Livre   Diffusion 
24 : 21.XII.05
DIONISI Dominique :
3e Salon de l'Autre Livre
 

Entretien. Historique du salon, et détail des contraintes de la petite édition et de l'édition indépendante devant la concentration de l'édition et de celle de la diffusion-distribution. 2~5 déc. 2005 »»»

 
 
LOIRE Cédric - La Part de l' Oeil : JUUL Susanne - Directrice des Editions Gaïa (I) METAILIE Anne-Marie - Directrice des Editions Métailié (I) DEMARTIS David - Directeur des Editions du Murmure AIMÉ Gérard - Directeur des Editions Alternatives GIMENO Vincent - 27e Marché de la Poésie 2009
 
 
[3]   Nos SPECIALITES > POLAR & POLICE > Monde polar   
 
  DIXMIER Michel – WILLEMIN Véronique - L’Œil de la Police	  Monde polar 
34 : 26.VI.07
DIXMIER Michel – WILLEMIN Véronique :
L’Œil de la Police
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A l’image de certains tabloïds actuels, les scandales sanglants faisaient déjà partie du fonds de commerce de L’Œil de la Police. Ce beau livre est un superbe florilège des une de ce journal emblématique de la Belle Epoque, avec dessins et textes explicites. »»»

 
  GUENEAU Norah - La Mémoire dans le Polar  Monde polar 
19 : 01.V.05
GUENEAU Norah :
La Mémoire dans le Polar
 

L'articulation et la sélection des souvenirs sont des thèmes récurrents en littérature. Le roman policier en utilise davantage les différentes connexions entre passé et présent, entre réel et imaginaire, entre souvenirs situationnels et réalité. Présentation et exemples. »»»

 
 
GUENEAU Norah - Le Roman Policier Actuel
 
 
[4]   Nos SPECIALITES > EDITION > Bibliothèques   
 
  DE POLI Aldo - Bibliothèques  Architecture 
1 : 01.VI.04
DE POLI Aldo :
Bibliothèques
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Vingt bibliothèques publiques du monde entier, bâties depuis 1995, défendent le concept de ce volume, avec historiques, schémas et fiches techniques. Une très belle initiative. »»»

 
  von MEISS Susanne - GUNTLI Reto - Bibliothèques de Rêve  Bâtiments 
16 : 16.II.05
von MEISS Susanne - GUNTLI Reto :
Bibliothèques de Rêve
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Cet ouvrage, de belle facture, attirera l'amateur de bibliophilie par la qualité des reproductions de superbes bibliothèques, publiques et privées, d'Europe occidentale. On regrettera cependant certains oublis, quelques hors-sujets ainsi que le texte trop convenu. »»»

 
 
van MALE Thora - Art Dico CHALAMOV Varlam - Mes Bibliothèques
 
 
[14]   Nos SPECIALITES > ARTS-EXPOS-MUSEO > Conservateurs   
 
  LEMOINE Serge - Directeur du Musée d'Orsay   Directeurs Musées 
13 : 11.XII.04
LEMOINE Serge :
Directeur du Musée d'Orsay
 

Entretien. Nommé à la tête du Musée d'Orsay en 2001 après deux décennies vouées au développement du Musée de Grenoble ( le premier musée d'art moderne créé au monde dès 1919 ). Parcours et exposé du directeur. »»»

 
  LERI Jean-Marc - Directeur du Musée Carnavalet   Musées 
1 : 01.VI.04
LERI Jean-Marc :
Directeur du Musée Carnavalet
 

Entretien. Jean-Marc Léri a aimablement répondu à nos questions sur la mission et la politique de ce musée qu'il dirige, symbole s'il en est de la mémoire historique de la capitale. »»»

 
 
VAUDOUR Catherine - Le Musée des Merveilles CHIU Che Bing - Le Jardin du Lettré LACAMBRE Geneviève - Exposition Manet-Velázquez SUEUR-HERMEL Valérie - Conservatrice, Bibliothèque Nationale de France ROSENBERG Pierre - Ex-PDG du Musée du Louvre KARAKAWA Shirō - Les Haniwa, céramiques des III-Ve siècles
 
 

     
EDITION :
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GIMENO Vincent - 27e Marché de la Poésie 2009OLIVIÉ Frantz - LAVIELLE Charles-Henri - Directeurs des Editions Anacharsis
CHANDEIGNE Michel - Co-fondateur des Editions ChandeigneDUBOST Louis - Lettre d'un Editeur de Poésie
DEMARTIS David - Directeur des Editions du MurmureAIMÉ Gérard - Directeur des Editions Alternatives
DIONISI Dominique - 3e Salon de l'Autre LivreMETAILIE Anne-Marie - Directrice des Editions Métailié (I)
 
MONDE POLAR :
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DIXMIER Michel – WILLEMIN Véronique - L’Œil de la Police	GUENEAU Norah - La Mémoire dans le Polar
GUENEAU Norah - Le Roman Policier Actuel
 
BIBLIOTHEQUES :
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von MEISS Susanne - GUNTLI Reto - Bibliothèques de Rêvevan MALE Thora - Art Dico
CHALAMOV Varlam - Mes BibliothèquesDE POLI Aldo - Bibliothèques
 
 
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