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| Texte | Iconographie | Pertinence | Objet | Informatif/Intéressant
Pagination > 450 p.
Historicisant
Universitaire
Appareil critique
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Dessins / Croquis
Photos / Reproductions
Quadrichromie
Griffe originale
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Cohérence
Esprit / Génie
Pluridisciplinaire
Sujet original
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Grand format
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Niels Stensen, alias Sténon, de bonne famille, protestante et danoise, fut un grand érudit du XVIIe siècle. D'abord brillant anatomiste, il termina sa vie comme évêque catholique en milieu hostile. Trois siècles plus tard, J. Berg a imaginé les notes personnelles de cet attachant ascète… Dans cette évocation d'une vie intense et forte, Jacques Berg s'est efforcé de retrouver le discours intérieur d'un personnage dont il s'est visiblement épris, au point que le lecteur éprouve un peu de cette attirance, non pour l'anatomiste ou l'évêque, mais pour le chercheur. Plus qu'un portrait, cette autobiographie imaginaire est une ode à l'Esprit, qui se rêve un peu en flamme divine. Ce n'est sans doute qu'une métaphore, mais la bonne littérature s'est de tout temps adossée à de belles métaphores : Niels Stensen a donc désormais son monument, dont la visite est un authentique plaisir de lecture.
Le Séjour en France
L'auteur commence par reconstituer des comptes rendus des vivisections opérées par Sténon, au cours desquelles celui-ci s'interroge sur l'absence de sentiments chez les animaux qui ont l'amabilité de lui servir de cobayes. Il accepte à moitié l'argument des Cartésiens, assimilant tout animal sauf l'Homme à une machine perfectionnée.
Puis est évoqué un fructueux séjour à Paris, qui lui permet de communiquer ses travaux sur la structure du cerveau notamment, thème sur lequel il peut désormais réfuter les descriptions publiées par René Descartes en personne. Il y rencontre Molière ( autre Jean-Baptiste ) avec qui il partage une grande admiration pour Pierre Gassendi d'une part, et d'autre part le sentiment que les médecins sont presque tous des personnages ridicules, que la vie est une fable et le monde une farce. Toujours à Paris, une pieuse veuve de guerre lui suggère de se faire catholique, ce qui à cette étape de sa vie lui semble superflu, mais comme elle est charmante et fort aimable, il n'entre pas en conflit avec elle.
Traversant ensuite le Royaume de France, il découvre l'étonnante diversité géographique et humaine, et une certaine indigence philosophique 'en province', ennui qui permet d'évoquer son enfance danoise ( auprès d'un père qui fournissait en argenterie la famille du roi Christian IV ), mais dont il se souvient fort peu, car sa vie semble commencer vraiment à son entrée à l'Université. De cette période, il lui reste un ensemble de gros cahiers couverts de sa fine écriture quasiment indéchiffrable pour autrui, intitulé Chaos ( ce qui signifie mélange fondamental voire gouffre primordial ) et reflet de sa curiosité kaléidoscopique.
La Révélation
La France n'est qu'une étape vers la Toscane : Stensen passe par Bordeaux, Montpellier, Nîmes et Marseille, puis à son grand inconfort traverse la Méditerranée vers Livourne. Pour se remettre des fatigues du voyage, il s'offre un souper bien arrosé, une belle humeur au sortir de table qui incite une servante de l'auberge à conquérir ses faveurs à titre temporaire. Mais il découvre alors que son corps le met à l'abri de ce qui, pour lui, est par ailleurs péché mortel. Cette découverte sur lui-même semble un appel à une voie de l'amour sans femmes : dans ces étranges dispositions, il est emporté par le flot de la procession de la Fête-Dieu, il se sent émotionnellement uni au peuple catholique, dans sa pure et naïve allégresse. Cette conversion se renforce à la Cour de Toscane.
Il refuse donc d'entrer à l'Académie des Sciences de Paris, trouvant d'excellentes conditions de travail auprès du Grand Duc et de son frère, qui lui donnent l'occasion de comparer les dents d'un requin récemment pêché aux dents fossiles, faisant ainsi avancer géologie et paléontologie. Cela n'empêche pas davantage une dame de haute noblesse d'œuvrer chaque jour à le persuader du bien-fondé de son évolution religieuse et spirituelle. Son retour provisoire à Copenhague n'y change rien : ses séances de dissection publiques s'accompagnent maintenant d'une prédication sur la grandeur de Dieu, ce que les spectateurs tolèrent comme expression d'une douce folie.
Mais Stensen se sent si étranger dans sa ville natale qu'il demande au roi de le renvoyer à Florence, faveur qui lui est accordée. Il y est ordonné prêtre en 1675, avec dispense de l'examen de théologie. Deux ans plus tard, Rome le fait évêque en considération de sa rigueur, de son éloquence et de son immense modestie qu'il a cultivées en tant qu'observateur de la Nature. Sa mission est de reconquérir le nord-ouest de l'Allemagne, le Danemark et la Norvège. Il séjourne d'abord à Hanovre, lieu de grande tolérance religieuse, où il s'entretient fructueusement avec Leibniz, puis à Münster et à Schwerin, dans des conditions austères toujours plus dures qui le mènent à la mort en 1686… Jean-Baptiste BERTHELIN © 2004-2007 - Les Beaux Esprits Se Rencontrent (LBESR) : Archivé édition N°17 : 10.III.05 * * *
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