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Cette anthologie de Thór Stefánsson propose quelque 200 poèmes courts et moyennement longs ( aucun ne dépassant la page sauf exception ), avec une brève notice bibliographique en fin d'ouvrage. Cette brève chronique en reprend une quinzaine d'extraits de six poètes. Après l'Anthologie Poésie Islandaise Contemporaine publiée en 2001 aux éditions Autres Temps / Ecrits des Forges, voici un nouvel éventail dont on retrouve certains poètes retenus dans les deux recueils, une excellente initiative compte tenu que les recueils de ces poètes, sauf exception, ne sont pas disponibles en français ( liste des recueils originaux et éventuellement traduits pp.165-168 ).
Une anthologie comme celle-ci donne un aperçu de la diversité et vivacité de la poésie en un pays, mais ne permet naturellement pas une bonne idée de l'œuvre d'un poète donné sur la base de quelques poèmes. Le mieux est donc de la consulter. J'ai reproduit ci-après dix poèmes ou extraits, suivis de six 'haikus' ( c'en sont dans l'esprit ) de Gunnar Hardarson, qui tous m'ont particulièrement touché
Enfin, devant les poètes retenus, j'ai placé le cas échéant une étoile pour ceux dont au moins un poème m'a interpellé, et deux étoiles quand au moins un m'a ravi. Ces notations n'engageant que moi et ne reflètent que ma propre sensibilité. La liste des poètes de l'anthologie ( un tiers de femmes ), par ordre de d'apparition, est : 1. Matthías Johannesssen 2. Jón frá Pálmholti * 3. Vilborg Dagbjartsdóttir 4. Hannes Pétursson 5. Thorsteinn frá Hamri 6. Bödvar Gudmundsson * 7. Jóhann Hjálmarsson 8. Nína Björk Ãrnadóttir ** 9. Ingibjörg Haraldsdóttir ** 10. Ãrni Ibsen ** 11. Sigurdur Pálsson 12. Anna S. Björnsdóttir ** 13. Ãgústína Jónsdóttir 14. Thór Stefánsson 15. Steinunn Sigurdsdóttir ** 16. Óskar Ãrni Órkarsson * 17. Ragnhildur Pála Ófeigsdóttir 18. Birgir Svan Símonarson 19. Berglind Gunnarsdóttir * 20. Gunnar Hardarson ** 21. Einar Már Gudmundsson 22. Ãsak Hardarson 23. Jónas Thorbjarnarson 24. Gyrdir Elíasson 25. Sindr Freysson
I . Nína Björk Ãrnadóttir
Regret (p.50)
Je caresse la fleur que tu m'as donnée. Son parfum est maintenant amer et ses pétales s'affaissent. Si je l'embrasse ses pétales tombent, mais le calice demeure il pleure.
Un Poème (p.53)
Je ne peux pas t'oublier la nuit je ne peux pas dormir Tes mots étaient parfois comme des couteaux parfois comme des cloches
et nous avons fait du feu sur une montagne depuis elle se souvient de nous La bruyère a chanté toutes les herbes ont chanté notre amour
et je ne peux pas t'oublier je ne peux pas dormir la nuit.
II . Ingibjörg Haraldsdóttir
Nostalgie (p.56)
Ce qui fut ne me manque pas je ne crois pas en la beauté du passé mais des rêves je m'en souviens avec regret maintenant qu'il refroidit, s'assombrit que l'écart se creuse entre ce qui est et ce qui devait être
Deuxième Poème de Novembre (p.58)
Toi qui connaissais toutes les réponses te pavanais tête haute dans la vallée sans hésiter sans douter tu croyais montrais du doigts le sommet : là est notre destination
te voilà maintenant tête basse autour de toi le marécage tremblant
et le silence
III . Ãrni Ibsen
A l'Asile (p.62)
entre ces murs
personne ne craint la mort
c'est la vie qui fait peur
Assurément (p.64)
et quand enfin tout fut clair le doute aussi était là
IV . Anna S. Björnsdóttir
Au Printemps (p.71)
Tes jours sans moi sont probablement comptés Désormais je serai toujours là
A la portée de ton esprit et de tes douces mains
Lorsque tu le désires des fleurs blanches voltigent dans ton cœur lorsque tu aimes je te touche par le velouté de l'orchidée
Et lorsqu'il pleut je t'embrasse par des baisers de pluie
Accord (p.73)
La prochaine fois que tu voudras me quitter j'approuverai des lèvres et je prétendrai que je suis d'accord avec toi
Lorsque tu reviendras et que tu diras c'était un rêve je prétendrai que je ne savais pas que tu reviendrais je prétendrai que ç'avait été un rêve et de nouveau mes lèvres seront douces et soumises pour un vieux voyageur comme chaque fois qu'il revient
à la réalité et au rêve
V . Steinunn Sigurdsdóttir
Eructations sur la Mort, entre autres (extrait, p.84)
Quand les gens meurent ce ne sont pas que des gens qui meurent meurt avec eux un univers de façon de faire, de travailler, de nuances de voix, de sagesse, de stupidité. Meurent un rire particulier, un sourire particulier.
Eructations sur la Mort, entre autres (extrait, p.85)
Nombreux ceux qui ignorent le sens de la vie
Pour moi aussi c'était une énigme jusqu'à un matin vers le milieu de mon âge quand je me retrouvais après le sommeil j'ai vu alors la lumière
Le sens de la vie, justement, c'est de se retrouver.
VI . Gunnar Hardarson
Trèfles (pp.116, 117, 120) Bancs de brouillard bas sur les zones de pêche
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Fleurs de givre sur une lucarne rouillée
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Et les feuilles semèrent leurs ombres sur le calme de l'après midi
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Je danserai pour que ça raisonne
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Les ombres courent se cacher derrière le calme de la nuit
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Sans bruit le soir éclôt Erwan L'Helgouach © 2004-2007 - Les Beaux Esprits Se Rencontrent (LBESR) : Archivé édition N°33 : 15.III.07 * * *
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