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 | DUARTE Carles | | Le Silence | | Titre original : El Silenci | [6] Noroît (Le)
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99 pages - ISBN 10: 2-89018-484-6
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| Texte | Iconographie | Pertinence | Objet | Informatif/Intéressant
Pagination > 450 p.
Historicisant
Universitaire
Appareil critique
| Cartes
Dessins / Croquis
Photos / Reproductions
Quadrichromie
Griffe originale
| Concision
Cohérence
Esprit / Génie
Pluridisciplinaire
Sujet original
| Cartonné / Relié
Grand format
Papier spécial
Maquette / Typographie
Autres / Cachet
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Bilingue français-catalan. Les Ennéades ont inspiré le poète qui, une citation de Plotin en exergue de chaque poème, en développe l’idée selon sa propre sensibilité. Ce recueil exhale ainsi un esprit d’unicité du monde, entre tradition et mysticisme, entre cosmogonie et poésie… Carles Duarte est coutumier de l’inspiration suite à la lecture de textes sacrés ou classiques de tout le pourtour méditerranéen. Revisiter les grands textes est toujours salutaire quand leur lecture génère un transport intérieur ; ici, c’est Plotin qui file les trente-cinq poèmes du recueil, chacun de quelques strophes en vers livres.
Le ton est donné par le dernier vers du poèmeVII : « la Terre est notre ancêtre (p.29) », thème que l’aède renforce en se décrivant lui-même plusieurs fois comme ‘réincarnation’ d’un ancêtre, témoin de son temps et du monde : « mes mains explorent / le visage du monde (p.35) ». Le poème XXXIII, ouvrant sur une citation de l’impermanence chez Plotin, « il y a toujours des hommes et des chevaux, mais ce ne sont pas les mêmes – Plotin II.1.1 », traduit aussi l’idée d’héritage temporel entre les êtres humains :
[…] Le rêve s’accomplit : le cheval court et je suis cet homme qui, il y a des siècles, vit courir le cheval (p.33)
Si dans l’ensemble le recueil inspire respect et une profonde sérénité, le lecteur peut regretter qu’il n’ait été davantage travaillé, simplement écrit au fil de la plume. Vu l’ambition spirituelle, certains poèmes déçoivent là où d’autres compensent par leur profondeur, tel le poème XXIII, débutant par l’exergue « il y a un univers véritable, et il y a l’ensemble des choses visibles, qui est l’image de cet univers’ – Plotin - VI.4.2 » :
Une source ne meurt pas qui emplit le ciel de matière, le courant de la vie se répand en des lieux si lointains que tu ne peux les imaginer.
L’univers est immense et tes yeux ne savent le voir, penchés sur ton petit monde qui te cache la véritable image et la source qui ne meurt pas.
Le corps lutte pour vivre, il ne se donne ni lorsqu’il brûle la douleur, ni lorsqu’il sait le destin qui l’attend.
Ce que l’on voit se transforme et s’achève dans cette blessure qui nous saigne, un souffle recommence.
Je suis celui que j’étais : une voix qui reprend des voix déjà éteintes, une peau qui rejoint un toucher déjà ancien.
Toujours je reviens à la lumière, toujours au silence (pp.68-69)… Erwan L'HELGOUACH © 2004-2007 - Les Beaux Esprits Se Rencontrent (LBESR) : Archivé édition N°27 : 15.VI.06 * * *
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