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 | FREARS Stephen | | Les Liaisons Dangereuses | | Titre original : Dangerous Liaisons | | | |
120 minutes - ISBN 10:
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| Scénario | Réalisation | Pertinence | Acteurs | Informatif
Long-métrage
Suspense
Script original
Langue en contexte
| Costumes
Décors somptueux
Perspectives
Effets spéciaux
Réalisme
| Concision
Cohérence
Esprit / Génie
Esthétique
Sujet original
| Actuation excellente
Brochette de stars
2nds rôles importants
Distribution importante
Distribution internationale
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Cette adaptation du célèbre titre de Choderlos de Laclos est sans doute aucun la plus réussie du cinéma : l'esprit du livre est respecté malgré quelques libertés sacrifiées au genre, servi par des acteurs hors pairs : John Malkovich, Glenn Close, Michelle Pfeiffer et Uma Thurman… Rares sont les films à égaler le livre original. Celui-ci certes ne peut, en deux heures, prétendre à reproduire toute la richesse littéraire et finesse du langage des épîtres du Choderlos de Laclos, et l'on ne peut que conseiller de (re)lire son livre avant de (re)voir ce film. Néanmoins, il est difficile de faire mieux que ne l'a fait ici le réalisateur britannique Stephen Frears, qui outre rendre l'esprit de ces relations épistolaires en une fiction dynamique, sut s'entourer d'une superbe palette d'acteurs : John Malkovich ( le vicomte de Valmont ), Glenn Close ( la Marquise de Merteuil ), Michelle Pfeiffer ( la présidente de Tourvel ) et Uma Thurman ( Cécile de Volanges ). Il suffit d'ailleurs pour s'en convaincre de voir la fade et infantilisante version de Milos Forman ( Valmont ), sortie la même année (1988).
Le film de Frears reprend dans les grands traits la trame élaborée par Laclos dans ce recueil de lettres qu'il dit avoir trouvées. La version cinématographique a rajouté quelques plans de scènes intimes, assez chastes au demeurant, avec quelques licences comme la modification de la fin de l'horrible Madame de Merteuil : ici, le cinéaste s'est limité à ce que la société la conspue en public, alors que dans l'histoire originale elle termine défigurée par la syphilis. Autrement, la rivalité et les paris entre Merteuil et Valmont sont bien rendus, à l'image de l'éveil enthousiaste à la sensualité de Cécile de Volanges.
Les quatre acteurs précédemment cités jouent leur rôle à la perfection, chacun répondant aux principaux traits de caractères de classique français. Après, c'est une question d'appréciation personnelle de la lecture du livre : à mon sens Glenn Close apparaît fidèle au portrait de Madame de Merteuil. Les trois autres, sans trahir le texte original, semblent légèrement surfaits : John Malkovich paraît un peu plus roublard et un tantinet moins élégant que le séducteur épistolaire, tandis que Michelle Pfeiffer et Uma Thurman incarnent des personnages nettement moins effacés que dans le livre, sans doute parce que Stephen Frears leur a donné un rôle actif à part entière. Cela étant dit, l'alchimie est réussie, ce qui n'est pas un moindre exploit si l'on considère combien le livre de Laclos est descriptif par la nature même de sa présentation.
Il reste que ce film est un modèle du genre, autant par la qualité de sa réalisation que par le soin apporté aux dialogues comme aux costumes. De ce fait, film et livre se complémentent avec bonheur. Et soit dit en passant, la jeune Uma Thurman dans le rôle de Cécile de Volanges préfigurait déjà le personnage de June, l'épouse ( et femme fatale ) de l'écrivain Henry Miller dans le film de Philip Kaufman, Henry and June (1990). Philippe Cesse © 2004-2007 - Les Beaux Esprits Se Rencontrent (LBESR) : Archivé édition N°22 : 21.IX.05 * * *
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