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 | LAPAQUE Sébastien | | Court Voyage Equinoxial | | | [8] Sabine Wespieser
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167 pages - 17 € ISBN 10: 2-84805-033-0
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| Texte | Iconographie | Pertinence | Objet | Informatif/Intéressant
Pagination > 450 p.
Historicisant
Universitaire
Appareil critique
| Cartes
Dessins / Croquis
Photos / Reproductions
Quadrichromie
Griffe originale
| Concision
Cohérence
Esprit / Génie
Pluridisciplinaire
Sujet original
| Cartonné / Relié
Grand format
Papier spécial
Maquette / Typographie
Autres / Cachet
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Bonne introduction, sous forme de carnets de voyages, à l'histoire et à l'exploitation de l'Amazonie. Agréable à la lecture, ce petit livre rappelle ses premiers découvreurs, les fastes de Manaus et Bélem entre les XIXe et XXe siècles, la vie des indigènes, la déforestation… Conformément au plan fourni en début d'ouvrage, le récit progresse d'est en ouest le long de la transamazonienne, la rodovia transamazônica, rappelant selon les lieux visités tel voyageur ancien ( Francisco de Orellana, Lope de Aguirre, Hans Staden, le Brésil de Montaigne souvent cité, etc. ), là tel événement historique ou ethnographique… On apprend ainsi la brève existence de la France Equinoxiale dans la région de Rio de Janeiro, puis la fondation par les Français de la ville de Saint-Louis bien plus au nord mais dont les Portugais les chassèrent vite pour la rebaptiser São Luis ( avec un 's' à la place du 'z' final), et les refouler successivement vers le nord-ouest, où ces derniers finirent par s'établir enfin durablement, dans l'actuelle Guyane…
Il y a aussi la splendeur passée de la ville de Manaus, où la bourgeoisie entretenait des mêmes luxes qu'en Europe : Enrico Caruso et Sarah Bernhard vinrent même s'y produire, mais « c'était avant 1906, avant que des graines volées en Amazonie ne donnent naissance, en Malaisie, à d'immenses plantations d'hévéas qui firent s'effondrer les cours mondiaux du latex (p.79) ». Le texte donne d'ailleurs moult informations hydrographiques dûment consignées, en rappellant diverses anecdotes instructives comme la fondation de l'éphémère république de Counani, le voyage de l'indien Essomericq, l'utopie du projet Fordlandia ou les valses politiques selon les présidents du Brésil. Tout juste regrettera-t-on l'absence d'une iconographique qu'appelait l'intérêt de cette publication.
Le Rêve avorté
Dans les années 1970, la même volonté qui avait conduit à l'érection de la nouvelle capitale Brasilia pour désenclaver l'ouest du pays, avait fondé d'immenses espoirs sur la construction de la rodovia transamazônica : « para o Oeste ! » était alors le mot d'ordre, telle une nouvelle ruée vers l'or dans ces latitudes équatoriales. La voie devait être colonisée et exploitée sur une bande de 20 km d'épaisseur maximale à chaque côté, autant dire presque rien vue l'immensité de la forêt vierge, et assurer un début de repeuplement dans cette forêt d'émeraude immense…
Mais l'optimisme de la première décennie fondit vite : « en 1995, une étude nous a révélé que 70% des colons arrivés dans la région en 1972 avaient revendu leurs terres. De 1988 à 1997, d'autres projets de colonisation ont été imaginés. Une vingtaine de plans se sont succédé. Sans Résultat. Les départs ont cessé, mais on ne trouve presque plus de pionniers à Rurópolis (p.46) ». En effet, l'INCRA ( l'Instituto Nacional de Colonizacão e Reforma Agrária ), autorité chargée de gérer ce gigantesque aménagement du territoire, ne put contrer le libéralisme débridé, ni la corruption ni l'appétit de puissants lobbies, au point que les Brésiliens l'ont surnommée « Instituto que Nada Conseguiú Realizar na Amazônia », l'Institut qui n'a jamais rien réussi à réaliser en Amazonie (p.46) »…
Car voici la cause, en quelques mots : « nous ne sommes plus très nombreux à être là depuis le début. Les colons ont revendu leurs parcelles à des fazendeiros qui ont pu se constituer d'immenses domaines à bas prix. Facilement 2000 à 3000 ha, parfois beaucoup plus. Le rêve d'une colonisation heureuse de la forêt a duré dix ans, entre 1970 et 1980, lorsque se sont installés des petits colons qui ont pu planter, récolter et vendre du cacao ou du poivre dans de bonnes conditions. Ensuite sont arrivés les gros fermiers, de la Bahia ou de Rio Grande do Sul, qui leur ont proposé des sommes leur paraissant mirobolantes. Ces malheureux ont vendu leur terre et sont partis grossir les favelas à la périphérie des villes. Après quelques années, lorsqu'ils ont manqué d'argent, ils sont revenus travailler sur leurs anciennes terres (p.29) »…
De quoi se familiariser un peu sur quelques grandes variables de cet immense état fédéral… François MARCHADIER © 2004-2007 - Les Beaux Esprits Se Rencontrent (LBESR) : Archivé édition N°20 : 01.VI.05 * * *
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