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[74] EDITION > [4] Salons
[150] FRANCE > [17] Edition
GIMENO-PONS Vincent - Marché de la Poésie - Entretien N°1
Marché de la Poésie - Entretien N°1
GIMENO-PONS Vincent (2005)
 
 

Entretien N°1. En 2005, nous avions demandé à monsieur Vincent Giméno-Pons, commissaire du 23e Marché de la Poésie de Paris, détaille le parcours et la politique du principal salon en France dédié de l’édition indépendante, haut lieu de la poésie et de la ‘petite édition’.

 

ArtsLivres : monsieur Giméno-Pons, le Marché de la Poésie est adossée à l’association C.I.R.C.E. Quelle est sa nature et quelles sont vos fonctions ?

Vincent GIMENO-PONS : CIRCÉ est une association Loi 1901 et son acronyme signifie Centre d’Information de Recherche de Création et d’Etudes littéraires, artistiques, scientifiques et techniques. Notre champ d’action dépasse donc largement la seule organisation du Marché de la Poésie, mais jusqu’à présent, nos difficultés à boucler le budget nous limitait à cette seule activité. Mais j’ai eu la chance de pouvoir y consacrer entièrement l’année 2004-2005. Alors que CIRCÉ avait jusqu’ici fonctionné comme simple organisateur du Marché, elle compte désormais des adhérents, ouverte à ceux disposant d’un code APE correspondant à une activité économique précise dans l’édition, et donc pas aux particuliers ni aux écrivains.

Et j’en suis le délégué général, chargé de coordonner et gérer le Marché pour qu’il fonctionne bien et que les éditeurs en soient satisfaits. La phase préparatoire est donc considérable et n’a pas de fonctions compartimentées, car nous sommes une petite équipe. Elle s’est exceptionnellement réduite cette année à deux personnes, moi-même quasiment à temps plein pour m’en occuper, et un autre poste pour gérer les événements périphériques au Marché et sa communication, un domaine plus spécialisé même si j’y participe.

CIRCÉ est à présent sur de bons rails, financiers notamment, et peut désormais se pencher sur les problèmes économiques de la petite édition ( diffusion et distribution ), ce qui aurait pu se faire plus tôt si elle en avait eu les moyens. Nous sommes dans une dynamique où les éditeurs essaient d’agir ensemble, ce qui facilite notre rôle d’intermédiaire entre eux et les Régions, le Centre National du Livre ( CNL ), la Direction du Livre, etc. Nous sommes porteurs d’un certain message avec les petits éditeurs : agir efficacement à leurs difficultés économiques sans cesse croissantes et plus dangereuses pour leur avenir.

Quel est l’historique du Marché de la Poésie ?

Jean-Michel Place avait publié un ouvrage, Enquête auprès de 545 revues littéraires, qui en faisait un vrai tour d’horizon, d’où germa son idée que les éditeurs se rencontrent au lieu de rester dispersées chacune dans leur coin de France. Ainsi naquit la première rencontre de revues, avec une cinquantaine d’éditeurs, dans la cour d’honneur de l’ancienne Bibliothèque Nationale. A la même époque, Jack Lang lançait la Journée de la Poésie du 22 mars, que nul ne considéra comme un événement. Mais les gens se sont précipités rue Richelieu, même les media, qui découvrirent soudain par cette manifestation un support de communication intéressant sur la poésie.





















En prenant de l’importance, le Marché se chercha un autre lieu. La seconde édition eut ainsi lieu Place Saint-Sulpice, en mars et dans des conditions très différentes d’aujourd’hui. La troisième édition fut à la terrasse du Forum des Halles, si bien que le Marché de la Poésie ne n’est vraiment installé Place Saint-Sulpice que depuis sa quatrième édition, avec des cabanes pour accueillir les éditeurs. Nous comptons y rester encore un peu, mais la Place est devenue insuffisante pour accueillir tous les éditeurs désirant participer et qui allongent notre file d’attente : les candidats ne manquent pas pour reprendre la place d’un éditeur qui se dédit. D’où la question du développement du Marché : il faudra bien un jour envisager une alternative à la Place Saint-Sulpice.

Un certain nombre de Prix de poésie sont décernés au Marché de la Poésie.
Quel est leur impact sur les ventes au Marché et au plan national ?

Peu. Ce sont des prix d’estime qui peuvent aider les auteurs, mas il est rare qu’un lauréat reçoive de l’argent. Le prix Yvan Goll, le prix Antonio Vicaro-Trois Canettes ou le prix Charles Cros n’ont aucun impact médiatique, sauf peut-être dans les instants suivant la remise du prix officielle : l’éditeur récompensé peut alors vendre quelques exemplaires supplémentaires, mais c’est tout. C’est plus la symbolique de la remise de prix qui prime : le lauréat est quand même choisi entre des pairs, des éditeurs de qualité généralement présents au Marché et qui les défendent à longueur d’année. C’est une reconnaissance de leur travail.

Quelle était la proportion d’éditeurs, de revues, d’auto-édition et d’étrangers ?

Jusqu’à présent, les éditeurs représentaient quelque 50~60% et 25% pour les revues, le reste étant en auto-édité, auto-publié et particuliers-poètes qui profitaient de la surface offerte pour mettre en avant des productions pas forcément dignes d’intérêt. Certes, c’était aussi le principe du Marché : du producteur au consommateur, avec parfois de petits artisans venant montrer leur travail. Un avantage du Marché de la Poésie est qu’un petit éditeur a la même présence qu’un grand éditeur comme Gallimard, qui n’a pas un stand écrasant comparé aux autres comme c’est le cas au Salon du Livre : les grands éditeurs payent même plus cher que les petits, du simple au double, alors que dans les autres salons c’est généralement l’inverse.

En 2004, nous comptions 478 inscrits, dont un quart d’étrangers : parmi eux, les Québécois ont une place prépondérante, car la poésie a chez eux une place plus importante que dans d’autres pays. C’est aussi le fruit d’un travail mené depuis longtemps : nous invitons chaque année un pays donné, et certains ont voulu revenir l’année suivante après s’apercevoir que le public français n’était pas forcément uniquement hexagonal, mais au contraire ouvert. Cela ne signifie pas qu’ils s’y retrouvent financièrement, car le voyage et l’hébergement alourdissent l’ardoise, mais ils n’auraient autrement pareille visibilité en France, même au Salon du Livre de Paris où ils sont noyés dans la masse.

La France compte quelque 3200 petits éditeurs, dont la moitié ( 1200~1500 ) mériterait d’être au Marché de la Poésie. Or c’est trois fois plus qu’on peut accueillir aujourd’hui. Notre politique a donc un peu changé depuis 2005 : nous voulons un regard plus professionnel et tenir compte du fait que l’enceinte est devenue insuffisante pour satisfaire la demande. Par conséquent, les écrivains autoédités et auto-diffusés seront désormais moins présents, pour permettre à de nouveaux éditeurs de venir, et dont le travail est bien plus important et fait sur le temps. Il n’y a pas de différence entre éditeurs de livres et éditeur de revues : ce sont tous des éditeurs de plein droit.

Quels seront donc vos choix et critères de sélection à l’avenir?

Je n’aime pas trop ces termes de choix ou sélection. Comme en poésie, on peut être insensible à un certain terrain poétique ; ce qui compte, c’est de reconnaître un travail, en l’occurrence l’activité, la cohérence et la qualité des choix d’un éditeur. Si on se contentait de ne choisir que ce qu’on aime, il n’y aurait plus grand-chose, et ce ne serait pas forcément du goût du voisin. Les critères correspondent ainsi au professionnalisme d’un travail, même s’il est fait en amateur : ce n’est là ni plus ni moins que le métier d’éditeur, dont nous défendons l’exigence.

Ainsi, l’éventail de titres n’aura pas d’influence, car la quantité ne fait pas forcément la qualité. C’est assez facile à voir : quelques livres d’un éditeur suffisent pour sentir tout de suite s’il est crédible ou si c’est de l’amateurisme à l’état pur. Il y a du très bel amateurisme qu’on peut défendre ponctuellement, mais sans oublier tout le travail de fond des nouveaux éditeurs sur le marché, dont on sait ainsi s’ils pourront tenir avec le temps : certains malheureusement disparaîtront pour raisons économiques.

Quels sont les impératifs que le Marché doit affronter ?

C’est une manifestation culturelle, et j’y insiste : ce n’est pas un énième événement spectaculaire. Par exemple, nos soirées sont assez pointues et visent vraiment à faire connaître les poètes contemporains, ce qui est plus difficile d’accès qu’avec les auteurs classiques. Mais la poésie étant née dans la rue, notre objectif est de montrer qu’elle est toujours vivante et présente auprès des gens.

Le second aspect est la notion de marché lié à la poésie : il y a tant de maisons éditions qui naissent avec des productions intéressantes, mais qui disparaissaient aussitôt pour de simples raisons économiques. Nous avons voulu mettre ces deux termes de marché et de poésie en parallèle, pour prouver que poésie est marché économique pouvaient et devaient faire bon ménage pour exister. Le nom du Marché de la Poésie vient de notre désir de redorer le blason de la poésie, c’est pourquoi la poésie fut mise en avant, même si le Marché n’exclut nullement les autres genres littéraires.

Quels sont la place et l’impact du Marché de la Poésie ?

Il est sans équivalent dans le monde : c’est une manifestation unique. Il y a certes des émules ailleurs, mais l’esprit insufflé depuis le début est si particulier qu’il a du mal à être reproduit. En France, c’est un marché important : les tentatives en Province ont échoué pour diverses raisons, mais à l’avenir nous serons amenés à en aider quelques-uns, quitte à les initier nous-mêmes pour que des Marchés existent ailleurs qu’à Paris. Il peut sembler mondain, mais il ne l’est pas : les petits éditeurs viennent généralement de Province, et monter à Paris une fois l’an leur permet de toucher un public auquel ils ont rarement accès. Voilà pourquoi il est important qu’il essaime au niveau national, même si c’est un peu centralisateur : il ne pourrait pas se faire ailleurs avec une telle ampleur.

La Belgique a un Marché de la Poésie, à Amay. Sinon, les tentatives sont embryonnaires ou ont disparu : Quimper eut son Salon de la petite édition, une sorte de mini-marché de la poésie initié par mon prédécesseur. D’une manière générale, ces salons sont plus consacrés à la petite édition, alors que nous nous consacrons à l’édition de création, ce sur quoi j’insiste beaucoup, car le Marché de la Poésie est dédié à l’ensemble de la création littéraire, et non seulement à la poésie. Ainsi, la plupart des éditeurs présents publient de la poésie, mais aussi des nouvelles, des essais, de la prose… Il n’y a pas non plus de concurrence avec d’autres manifestations : j’estime au contraire qu’elles sont complémentaires et renforcent notre travail à tous !

Pourriez-vous détailler ces problèmes de diffusion/distribution et de visibilité ?

Le premier problème est le manque de visibilité en librairie.
Puis vient celui de la diffusion/distribution, un problème commun à toute la petite édition en général, surtout en poésie : le tirage y est de l’ordre de 250~500 exemplaires, 2000 étant un best-seller ! C’est pourquoi la petite édition peut difficilement intéresser et intégrer la grande diffusion/distribution. Mais recréer des structures adaptées est délicat : les expériences passées, Distique notamment, prouvent qu’il faut prendre le problème autrement.

J’ignore encore comment, mais nous y travaillons avec l’ensemble des éditeurs ayant l’expérience de l’auto-diffusion et de l’auto-distribution, en mutualisant nos idées et initiatives respectives. C’est un travail de longue haleine commencé en mars 2005, et donc en plein chantier encore : CIRCÉ n’a pas pour l’instant les moyens de courir plusieurs lièvres à la fois. Cela n’empêche pas la réflexion sur certains points économiques de la petite édition et dont ont témoigné nos débats au Salon du Livre 2005. Nous sommes ainsi fermement intervenus au débat organisé par le SNE sur ses ‘solutions miracle’ aux problèmes de diffusion-distribution des petits éditeurs…

Le jour où ils seront résolus, et le principal acquis, les problèmes logistiques deviendront annexes et plus faciles à régler : la diffusion-distribution est au centre de toute activité économique, car sans visibilité on ne vend pas, et on peut difficilement lancer des projets sans quelque autonomie financière. A mon avis, l’appellation diffusion/distribution est plus à redéfinir que celle de petit éditeur : le réseau des libraires indépendants se réduit d’année en année, et 150~200 librairies ne redresseront pas toutes seules l’économie du secteur.

Il faut donc imaginer d’autres solutions et d’autres réseaux de vente que la seule librairie. Par exemple, la vente directe qui, avec des outils comme Internet et l’informatique, permettent de faire des catalogues de VPC peu chers. On ne peut ignorer cette voie : elle représente déjà le principal avec 80% des revenus de la petite édition ! L’équation « un éditeur, un libraire, un client », et faire fi de la vente directe, est dépassée. Sur ce terrain, nous ne sommes pas toujours d’accord avec les institutions, mais nous sommes mieux entendus des Régions, qui sont davantage confrontées aux affres économiques des petites entreprises et où les solutions intermédiaires sont même les bienvenues ! Il faut donc construire un réseau de vente directe sans ignorer les libraires indépendants, et réinventer le tissu de distribution ensemble !





















Comment les exposants venant au Marché de la Poésie le perçoivent-ils ?

La manifestation est assez importante pour eux, pour plusieurs raisons :
1. la plupart ne participe qu’à ce seul marché, qui est important, d’où possibilité de réaliser un chiffre d’affaires significatif ;
2. entretenir un contact de proximité avec leur clientèle attitrée ;
3. se faire connaître d’un public plus large qui les ignore faute de visibilité ;
4. prendre rendez-vous et contacts avec leurs auteurs, dont la plupart habitent l’Ile-de-France qui concentre 48% de l’édition française et des auteurs ;
5. prendre contact avec la concentration de libraires présente à Paris ;
6. prendre contacts avec d’autres éditeurs, d’où souvent des co-éditions l’année suivante… Tout cela fonde aussi la richesse du Marché.

Notre enquête de 2004, la première depuis le 7e Marché de la Poésie, montre en gros que les ventes représentent 50~60% de l’activité des quatre jours, soit le double du Salon du Livre de Paris. Cela est dû à notre volonté initiale d’avoir un salon thématique, et non pas un salon généraliste où tout serait noyé et perdu dans la masse. Or 90~95% de notre public viennent pour trouver des choses un peu plus pointues et ciblées : découvrir de la création littéraire, des choses nouvelles, des expérimentations d’éditeurs, etc. C’est ce terreau que nous avons toujours souhaité montrer.

Le Marché de la Poésie est la vitrine de cette création, et non celle de la production éditoriale qui imprime à tour de bras et dont les livres disparaissent six mois plus tard, au pilon. Contrairement à eux, les ouvrages de nos éditeurs vivent longtemps : c’est donc aussi une source de découverte d’auteurs et de renforcement de leur travail, même pour les noms plus connus et publiés chez les grandes grosses maisons d’édition : quand ils veulent faire des choses intéressantes, ils vont chez les éditeurs comme ceux présents au Marché de la Poésie !

Quel est la typologie du public au Marché de la Poésie ?

On nous a parfois taxés de « manifestation mondaine parisianiste ». Certes, le quartier Saint-Germain est riche d’une grande histoire culturelle et éditoriale : toutes les grandes maisons d’édition y sont nées ! Aussi, pour les éditeurs du Marché de la Poésie, avoir son siège social l’espace de quatre jours en plein cœur du quartier de l’édition n’est pas négligeable.

Ensuite, le public des Ve, VIe et VIIe arrondissements de Paris est plus ouvert que la moyenne nationale, ce qui au début nous a grandement aidé. Mais il n’est pas le seul, ou on n’aurait pas les quelque 50.000 visiteurs durant les quatre jours : nos vingt -rois années de labeur ont construit la pérennité de la manifestation et démontré le bien-fondé de notre démarche, et être au cœur de Paris est aussi un atout avec tous les transports en commun. Ce sont autant de justifications à notre implantation Place Saint-Sulpice.

Notre communication aide naturellement, mais c’est surtout le bouche à oreille, du public et des éditeurs, qu’on ne paye pas pour être présents : ils sont contents d’être là, car ce Marché a quelque chose de différent. Ils reviennent, même après certaines années où leur chiffre d’affaires a baissé, même par mauvais temps, même par manque de nouveautés ou en conjoncture défavorable, laquelle vulnérabilise d’abord les secteurs de la culture et du livre, et ce d’autant plus que les petits éditeurs ont rarement une ligne dans les journaux. Les gens achètent bien plus volontiers le titre dont on parle que celui qu’il faut chercher et découvrir… Mais on a aussi un public de particuliers qui, à partir de mai, met de l’argent de côté pour le dépenser au Marché. Et puis beaucoup de gens font l’effort de se déplacer depuis la Province.

Enfin, nous avons développé le public des bibliothécaires, en faisant découvrir la poésie à ces professionnels de la lecture, qui ne la connaissent pas forcément. Depuis 2002, nous organisons chaque année une journée de formation des bibliothécaires dans le cadre du Printemps des Poètes : ils sont de plus en plus présents à ces sessions, soit quelque 150 inscrits en 2005, avec au programme visite du Marché pour qu’ils découvrent ces petits éditeurs. D’année en année, ils prennent l’habitude de venir et de passer commandes.

En 2004, la manifestation afficha un déficit. A quoi cela fut-il dû ?

Les loyers paraissent toujours trop élevés. Mais en fait, le Marché n’est qu’une des manifestations autonomes de la Foire Saint-Germain, qui dure un mois et demi, aux côtés des salons des antiquaires, de la bibliophilie, de la céramique, du théâtre, etc. Nous sommes une des plus reconnues, et nous existions avant d’y être intégrés. Nous ne débarquons ainsi Place Saint-Sulpice sur quatre jours seulement : baraques et électricité sont déjà installés, avec un coup de main de la Mairie du VIe arrondissement, de la Foire St-Germain et de la Mairie de Paris. Nous payons au prorata, mais s’il nous fallait tout monter pour ces quatre jours, le prix serait triplé ou quadruplé. Les frais sont ainsi mutualisés entre les autres manifestations.

Quant aux pertes, quelque 30.000 €, on ne peut vraiment les appeler déficit : il s’agit de factures impayées correspondant à des frais logistiques de l’édition précédente et à des frais généraux de CIRCÉ sur le reste de l’année. L’Association a besoin d’un bureau pour exister et d’un téléphone pour fonctionner, possibles car les Editions Jean-Michel Place nous hébergent. Mais il faut payer un loyer mensuel correspondant à nos factures d’électricité, de téléphone et même de personnel de l’éditeur parfois mis à contribution pour le Marché : envois du courrier, des dossiers et des cartes postales, etc. Il s’agit donc de dépenses échues mais non honorées.

Or nous ne pouvions pas continuer ainsi après vingt trois ans de développement et de succès. Et le succès demande chaque fois plus de temps et de préparation en amont, non plus à partir du mois de mars comme auparavant pour une manifestation programmée en juin, mais bien avant pour l’organiser de manière professionnelle et avec des spectacles performants. D’ailleurs, il est difficile de prendre contacts avec l’étranger et faire venir des invités un mois et demi à l’avance. Je ne dis pas qu’il faille forcément des frais de fonctionnement avec un permanent toute l’année, mais au moins quelques subsides pour suivre un certain nombre de choses dans l’année.

Qu’avez-vous fait alors ?

Il était inconcevable, inconvenant même, qu’au bout de vingt trois ans, pareille manifestation, unique en son genre, n’obtienne pas des institutions publiques un budget suffisant, et dérisoire comparé à d’autres événementiels, et ce surtout quand rien n’est fait ailleurs pour la poésie. Il fallait donc convaincre nos institutions d’un petit effort sur quelques années, et travailler avec des partenaires privés pour remettre tout cela en marche… On a réussi l’exploit en 2004, mais acquis de haute lutte.

En ayant pu m’y consacrer une année pleine, nous avons réussi à convaincre le Ministère de la Culture, la Ville de Paris et la Région Ile-de-France de nous aider à correctement financer le Marché. Le problème est qu’il faudrait chaque année faire comme si la précédente édition n’avait pas existé, et recommencer les dossiers à zéro… Mais on a déjà un début d’écho de nos autres manifestations en périphérie du Marché, permettant une ouverture avec les partenaires privés, ce qui devrait d’ici à quelques années d’alléger la contribution publique.

Quelle est, dans les grands traits, la ventilation des postes de dépense ?

La manifestation a coûté 150 000 € en 2004, et près de 200 000 € en 2005 en comptant tous les nouveaux événements en complément au Marché de la Poésie. Nous assurons grosso modo 60% du budget total sur fonds propres, 2/3 par les participations financières des éditeurs présents au Marché et 1/3 par des partenariats privés. Les 40% restants se répartissent à peu près ainsi : 25% pour l’Etat, 7,5% chacun pour la Région francilienne et la Ville de Paris.

L’expérience de la Librairie des Prés [ NdlR : aujourd’hui defunte ], exclusivement dédiée à la petite édition, a-elle fait des émules en France ?

Ça me fait plaisir que vous citiez son exemple : Jacques Mogenet est un des artisans avec lequel nous collaborons pour plusieurs raisons. Nous avons été obligés de créer une librairie, soit parce que des éditeurs ne pouvaient être physiquement présents, soit parce que certains n’avaient qu’un ou deux titres de poésie ou de création littéraire à leur catalogue, ce qui ne justifiait pas d’un stand.

Nous avons donc confié à Jacques Mogenet de la Librairie des Prés et à Pierre Daguet de la Librairie Equipage notre librairie pour gérer des livres bien différents : ce sont des gens passionnants, qui vivent leurs envies et coups de cœur à longueur d’année. Nous leur avons aussi demandé d’avoir des ouvrages pointus et ciblés, car ce genre de libraires sont capables de dénicher des titres rares et introuvables ! En France, nombre de librairies ne sont pas assez aidées financièrement par les Régions et les institutions, notamment au niveau des baux. Si on les aidait pour leur bail [ NdlR : cela est chose faite à Paris par la Mairie de Paris ] ils s’en sortiraient mieux, car je doute que l’activité de la Librairie des Prés soit vraiment rentable. Mais on voit chez Jacques Mogenet ce sourire permanent du travail de qualité fait avec les gens qu’il rencontre en permanence et la richesse qui s’en dégage. La richesse n’est pas qu’économique.

2005 célèbre en France l’Année de la Russie et l’Année du Brésil.
Le Marché de la Poésie 2005 a mis l’Italie à l’honneur. Pourquoi ?

Simplement parce que CIRCÉ est indépendant et ne tient pas à entrer dans les cadres définis par les uns ou les autres. Nous avions envie de mettre l’Italie à l’honneur cette année, et c’est ce que nous avons fait. Pour 2006, on ne suivra pas l’invité officiel de la France, notre choix est déjà fait : le Portugal et la Finlande. On aura peut-être la chance une année ou l’autre d’opérer le même choix, mais le Marché ne s’est jamais servi de l’officialité pour lancer ses activités, bien que cela nous aurait peut-être facilité les choses économiquement, pour accueillir des écrivains par exemple ( subventions pour les billets d’avion, les hébergements ).

Nous essayons donc de trouver les moyens suffisants pour les faire venir, en veillant à notre cohérence : ne pas avoir les mêmes tous les dix ans, comme avec certains invités officiels. On bouge beaucoup les choses ainsi. D’ailleurs, nous devions avoir deux pays invités pour 2005, mais l’un n’a malheureusement pu réunir toutes les conditions nécessaires : là aussi, si on voulait vraiment faire les choses comme on les veut, il faudrait qu’on aille aussi les préparer dans le pays en question, bien qu’Internet nous facilite la tâche. Le fait est qu’on n’a pas l’esprit mode, et ce n’est pas l’esprit du Marché.

Nos choix sont arrêtés collectivement, à moins d’un coup de cœur dans l’équipe qui convainque les autres : et on se connaît suffisamment les uns et les autres pour être assez facilement convaincus… Nous voulions faire quelque chose autour de l’Italie depuis un moment, sans en avoir eu l’opportunité jusqu’ici. On pensait trouver facilement des partenaires en Italie ( Chambre de Commerce, Institut Culturel Italien, etc. ), mais ce ne fut pas le cas : nous avons dû organiser l’opération tout seuls, bien que le jumelage Paris-Rome ait débouché sur une soirée à l’Hôtel de Ville. Et il y a des choses autour : par exemple, la revue Po&sie ( Belin ) a cette année consacré deux numéros à l’Italie.

Vous parliez d’activités annexes au Marché. Pouvez-vous détailler ?

En effet, il s’agit d’une autre forme de développement de l’édition poétique à travers l’art contemporain. 2005 fait ainsi une tentative auprès du public, avec des domaines très proches du champ poétique… Dans certaines allées du Marché, nous montrerons quelques livres différents de ce qu’il a habitude de voir. Et nos deux soirées sur le podium du Marché ne suffisant plus à présenter tout ce qu’on nous propose, on a cherché des lieux supplémentaires où les produire, avec deux idées derrière : d’ici deux-trois ans, j’aimerais convaincre la Ville de Paris qu’elle devienne pendant une quinzaine Capitale de la Poésie, dans un sens beaucoup plus large que la seule écriture. Pour cela, il était indispensable de montrer qu’on voulait passer à l’action, pour qu’on vienne ensuite nous prêter main forte.

Aussi, si j’avais vraiment deux opérations à mettre en avant, ce seraient les deux qui importent dans cette perspective : une première soirée à la Bibliothèque Publique d’Information ( BPI ) au Centre Pompidou autour de la poésie électronique : les gens n’imaginent pas tous les accès aux nouvelles technologies pour la poésie, domaine resté pour beaucoup d’entre eux dans le domaine de l’ancien. Le but est de prouver le contraire, montrer des choses nouvelles grâce à ces instruments du troisième millénaire, autour de deux sites de poésie, le but n’étant pas de dire que la poésie est électronique ou non, mais de donner des exemples de ce qui peut se faire aujourd’hui en multimédia et de montrer la diversité de l’expression poétique…

La seconde soirée est celle au Palais de Tokyo, qui mit du temps à se monter, le temps d’en convaincre les responsables que la poésie n’était pas le summum de la ringardise. Mais on a réussi à montrer que la poésie pouvait être autre chose, plus dans leurs cordes : certes, on sort du cadre habituel à travers cette soirée de poésie visuelle, de performances et d’action, mais c’est un petit glissement vers d’autres domaines poétiques comme la poésie sonore, l’art contemporain, la musique, etc. Le domaine poétique que nous défendons dépasse le simple champ de l’écrit.

Vous réfléchissez aussi à des actions avec d’autres salons…

Depuis quelques mois, nous réfléchissons avec le Salon de la Revue et le Salon Page à nos logistiques. Après tout, nous nous fréquentons depuis longtemps, et il y a des choses à mettre en commun : communication, organisation, etc. Pour l’instant, nous ne faisons que discuter et apprendre du fonctionnement des uns et des autres, mais nous souhaitons concrétiser cette réflexion par des actions communes.

Nous aimerions aussi inviter ensemble un pays commun, ce qui serait plus facile et crédible pour demander aux partenaires institutionnels et aux institutions étrangères des moyens financiers à investir sur trois à cinq salons. En effet, nous comptons nous ouvrir aux autres salons thématiques de la petite édition. Pour les partenaires privés, c’est aussi plus intéressant : cinq manifestations à cinq moments différents de l’année donnent une plus grande visibilité à la petite édition. Et notre avantage est que notre public se retrouve de salon en salon : ces manifestations ne sont pas closes aux autres, c’est nous avons une bonne part de fidèles. La question maintenant est de savoir s’il faudra créer une structure commune pour les demandes conjointes et ne défendre qu’un seul dossier auprès de nos interlocuteurs, au lieu de nous disperser.

Il était donc important de se concerter : le Marché de la Poésie existe depuis 1983, le Salon de la Revue depuis 1990, mais chacun fonctionnait indépendamment. Inversement, le Salon du Livre 2005 eut une présence du Salon de la Revue et du Salon Page un peu à mon instigation, puisque la Région francilienne, qui aidait déjà le Salon de la Revue, confia à CIRCÉ la gestion du stand L’Autre Livre. Les premières véritables actions communes sont pour début 2006.

A ce propos, que vous apporte votre participation au Salon du Livre ?

C’est surtout pour les éditeurs : le public n’y découvre pas l’existence du Marché de la Poésie de la Place Saint-Sulpice. Mais pour la petite édition, c’est une concrétisation. Pour moi, c’est important, et nous nous sommes vraiment battus aux côtés de la Région Ile-de-France pour que tout se mette en place. La première action concrète fut la présence, une première au Salon du Livre, de cent cinq éditeurs franciliens sur ce stand. Nous mettions au service de la Région notre expérience de vingt trois ans sur le terrain à côté de nos éditeurs, et elle a joué le jeu.

Avec nous, il y avait la librairie Tchann et le Salon de la Revue, pour des questions d’organisation et de pluralisme. En 2004, profitant de notre rencontre avec le Conseil Régional sur les problèmes économiques du Marché, nous avions soulevé cette problématique de la politique du livre de la Région et d’une visibilité des petits éditeurs franciliens au Salon du Livre : 48% ( soit quelque 1000~1200 éditeurs ) de l’édition française est concentrée en Ile-de-France, ne l’oublions pas. Que la Région ne fasse rien pour le livre semblait absurde !

Nous avons été écoutés. Et entendu. Grâce aussi il est vrai à la volonté de la nouvelle équipe pour innover et mettre en place une politique du livre. Pour CIRCÉ, c’était du pur bénévolat, mais le travail des éditeurs méritait qu’on le fasse au vu de ce qu’initiait la Région. On peut formuler des critiques sur la conception du stand ou la présence de tel éditeur, je suis d’accord et preneur d’avis. Mais l’essentiel était de franchir le premier pas : ce n’est pas tous les jours qu’une Région présente cent cinq éditeurs au Salon du Livre de Paris ! Je pense que ce sont les prémisses de développements plus importants au Salon du Livre 2006. Mais une simple vitrine là-bas ne servirait à grand-chose : c’est surtout dans la mise en place d’une politique du livre qui nous intéresse, une défense des petits éditeurs sur l’ensemble de l’année…



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[3]   Nos SPECIALITES > EDITION > Salons   
 
  Rédaction ArtsLivres - Les Salons d’ArtsLivres  Salons 
34 : 01.VI.07
Rédaction ArtsLivres :
Les Salons d’ArtsLivres
 

‘On publie trop de livres’ dit Umberto Eco : la majorité, sans intérêt en effet, décourage le public qui, floué, se détourne de la lecture. Pire, les meilleurs titres passent inaperçus. ArtsLivres.com fut lancé pour identifier et défendre les titres de qualité, sur Internet et dans les salons. »»»

 
  GIMENO-PONS Vincent - Marché de la Poésie – Entretien N°2   Edition 
49 : 01.VI.13
GIMENO-PONS Vincent :
Marché de la Poésie – Entretien N°2
 

Entretien N°2. Huit ans après notre entretien de 2005 avec le commissaire du Marché de la Poésie ( officieusement le premier salon en France de l’édition indépendante tous genres confondus ), retour sur les 31 années de cet événements emblématique. »»»

 
 
DIONISI Dominique - 3e Salon de l'Autre Livre
 
 
[16]   MONDE SYNOPTIQUE > FRANCE > Edition   
 
  Rédaction ArtsLivres - Les Salons d’ArtsLivres  Salons 
34 : 01.VI.07
Rédaction ArtsLivres :
Les Salons d’ArtsLivres
 

‘On publie trop de livres’ dit Umberto Eco : la majorité, sans intérêt en effet, décourage le public qui, floué, se détourne de la lecture. Pire, les meilleurs titres passent inaperçus. ArtsLivres.com fut lancé pour identifier et défendre les titres de qualité, sur Internet et dans les salons. »»»

 
  GIMENO-PONS Vincent - Marché de la Poésie – Entretien N°2   Edition 
49 : 01.VI.13
GIMENO-PONS Vincent :
Marché de la Poésie – Entretien N°2
 

Entretien N°2. Huit ans après notre entretien de 2005 avec le commissaire du Marché de la Poésie ( officieusement le premier salon en France de l’édition indépendante tous genres confondus ), retour sur les 31 années de cet événements emblématique. »»»

 
 
DIONISI Dominique - 3e Salon de l'Autre Livre GAILLARD Roger - COSE-CALCRE : Comité des Auteurs en Lutte Contre le Racket de l'Edition CESSE Philippe - Du roman comptant pour rien, ou le roman contemporain jetable ? CHANDEIGNE Michel - Co-fondateur des Editions Chandeigne OLIVIÉ Frantz - LAVIELLE Charles-Henri - Directeurs des Editions Anacharsis NEYME Jacques - Directeur des Editions Encre Marine
 
 
[37]   THEMATIQUES > LITTERATURES > Poésies   
 
  GIMENO-PONS Vincent - Marché de la Poésie – Entretien N°2   Edition 
49 : 01.VI.13
GIMENO-PONS Vincent :
Marché de la Poésie – Entretien N°2
 

Entretien N°2. Huit ans après notre entretien de 2005 avec le commissaire du Marché de la Poésie ( officieusement le premier salon en France de l’édition indépendante tous genres confondus ), retour sur les 31 années de cet événements emblématique. »»»

 
  al WASHSHA - Le Livre de Brocart  Arabe Classique 
5 : 01.VIII.04
al WASHSHA :
Le Livre de Brocart
2 0
3 0
 

Rédigé à Bagdad au Xe siècle, ce livre est une collection d'aphorismes et pensées savoureuses d'auteurs que le rédacteur avait en haute estime. Commentés et classés par thèmes, on y trouve la sagesse du savoir-vivre, l'amitié, l'amour, les us et coutumes… A recommander. »»»

 
 
CARPELAN Bo - L'Année, Telle une Feuille ARONEANU Pierre - Le Maître des Signes VINCI Léonard de - Maximes, Fables & Devinettes BABRIUS - Fables Esopiques COMBES Francis - La Fabrique du Bonheur ANTHOLOGIE POETIQUE - Les Yeux du Dragon
 
 
[4]   THEMATIQUES > MEDIA > Library   
 
  GIMENO-PONS Vincent - Marché de la Poésie – Entretien N°2   Edition 
49 : 01.VI.13
GIMENO-PONS Vincent :
Marché de la Poésie – Entretien N°2
 

Entretien N°2. Huit ans après notre entretien de 2005 avec le commissaire du Marché de la Poésie ( officieusement le premier salon en France de l’édition indépendante tous genres confondus ), retour sur les 31 années de cet événements emblématique. »»»

 
  CHAUCHARD Catherine - REGNAULT Alain - BILIPO : Bibliothèque des Littératures Policières   Bibliothèques 
19 : 01.V.05
CHAUCHARD Catherine - REGNAULT Alain :
BILIPO : Bibliothèque des Littératures Policières
 

Entretien de deux responsables de la Bibliothèque des Littératures Policières sise à Paris. Cette institution, unique en Europe, conserve la production nationale de polars français et traduits de l'étranger, et organise nombre de manifestations connexes. Présentation. »»»

 
 
DIONISI Dominique - 3e Salon de l'Autre Livre MOGENET Jacques - Librairie des Prés
 
 

     
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OLIVIÉ Frantz - LAVIELLE Charles-Henri - Directeurs des Editions AnacharsisRédaction ArtsLivres - Les Salons d’ArtsLivres
CHANDEIGNE Michel - Co-fondateur des Editions ChandeigneDEMARTIS David - Directeur des Editions du Murmure
DIONISI Dominique - 3e Salon de l'Autre LivreMETAILIE Anne-Marie - Directrice des Editions Métailié (I)
 
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