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 | THIERY Danielle | | Le Festin des Anges | | | [3] Anne Carrière
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465 pages - 20 € ISBN 10: 2-84337-311-5
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| Texte | Iconographie | Pertinence | Objet | Informatif/Intéressant
Pagination > 450 p.
Historicisant
Universitaire
Appareil critique
| Cartes
Dessins / Croquis
Photos / Reproductions
Quadrichromie
Griffe originale
| Concision
Cohérence
Esprit / Génie
Pluridisciplinaire
Sujet original
| Cartonné / Relié
Grand format
Papier spécial
Maquette / Typographie
Autres / Cachet
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Une enquête sans fioritures, menée par une patronne de la Crim' doublée d'une mère prête à tout pour protéger sa fille adoptive de 'l'enfoiré'… Une écriture percutante et réaliste qui montre le travail de terrain de la police française, si loin des techniques de pointe américaines… Danielle Thiéry connaît son métier : c'est une des premières femmes reçues au concours d'officier de police en 1969, et est aujourd'hui commissaire divisionnaire. Elle s'inspire donc largement de sa carrière au quotidien, pour l'enquête comme pour les rapports professionnels avec leurs anicroches et jalousies. On retrouve d'ailleurs dans ses livres l'ambiance du film d'Olivier Marchal 36 Quai des Orfèvres, lui-même un ancien habitué de l'adresse : « un grand criminel, c'est comme le prince charmant qu'on a attendu toute sa vie : forcément grandiose. C'est un mythe, c'est idéalement irréel. De même qu'un prince charmant ne peut pas n'être qu'un homme qui se nourrit, va aux toilettes et ronfle la nuit, un grand criminel ne pouvait pas être cette caricature de citoyen moyen, sans histoire, sans vie, presque (p.235) »…
Elle n'abuse pas du jargon technique, tout juste entend-on parler du FAEG, le Fichier Autorisé des Empreintes Génétiques, qui montre le retard de la Police française sur les technologies de pointe de ses homologues américains ( pour plus de compléments, lire notre interview de Vassili Swistounoff, criminaliste ). Les chapitres courts, parfois quelques lignes seulement, mais les détails psychologiques sonnent toujours justes. Le récit est rythmé, sans détails superflus ( comme parfois chez Patricia Cornwell par exemple ) ; démonstration : « - Rien du tout de sexuel, c'est confirmé ? - Rien. Tous les orifices sont nets, exempts de traces de violence, de forçage ou de sperme. Abadie parlait avec une précision crue, sans chichis (p.268) »…
Edwige Marion : la Patronne
Edwige Marion commença sa carrière à la Brigade des Mineurs, puis passa aux Stups. Ses bons résultats à Lyon la propulsent Chef de la Brigade des Chemins de Fer à Paris : 500 hommes sous ses ordres, QG à la Gare du Nord C'est une femme indépendante qui, sans être carriériste, donne grande place à son métier sans compter son énergie ni son temps. Il lui faut faire tourner le service malgré l'insuffisance chronique d'effectifs, se consacrer aux affaires courantes, rédiger les rapports, signer les bordereaux de transmission de procédures, se justifier auprès de sa hiérarchie ( dont le représentant est un ancien amant ), recevoir certains membres de l'IGPN et les représentants de syndicats professionnels accessoirement, et s'imposer sans froisser les susceptibilités… Bref, le quotidien d'un haut responsable.
Dans son roman précédent Affaire classée, elle adoptait Nina, 13 ans. Dans Le Festin des Anges, cette professionnelle se met hors-la-loi et la mère se transforme en louve pour défendre sa petite et l'empêcher de basculer dans le camp des victimes traumatisées… Ici, Marion s'attaque aux dossiers de jeunes adolescents disparus en gare sans laisser de traces, mais parallèlement, sa fille est agressée et sa meilleure amie assassinée. Marion est persuadée que les deux affaires sont liées et travaille dans ce sens.
Le roman dévoile le côté glauque de la société, qu'on ignore volontairement en allant au bureau chaque jour en transports en commun : bas-fonds, réseaux parallèles, trafics et déviances : « quelque part, un accordéon jouait Le Dénicheur. Une femme qui passait avec son petit chien en laisse entama le refrain d'une voix chevrotante et une jeune fille en haillons qui mendiait à côté d'un tas de vêtements dans le même état, esquissa un pas de valse. C'étaient les tableaux de tous les jours. La fille dormirait sur son tas de loques, l'accordéoniste, russe, bulgare ou roumain, irait rejoindre une caravane dans un terrain vague de banlieue et tout le monde serait à son poste demain. Rien ne changerait jamais (pp.218-219) »…
Les Victimes
Le criminel est rapidement découvert, mais vite relâché faute de preuves. Commence alors un combat syncopé de courses-poursuites et de rebondissements qui mène sur le terrain, un véritable champ de bataille, les urgences mais sans médecins… Marion doit aussi affronter le père de la victime qui la rend responsable du drame, puisqu'elle était en retard pour récupérer les filles à la sortie du cours de théâtre le soir du drame : « ses yeux étaient rouges et gonflés, il avait dû pleurer sans discontinuer pendant tous ces jours et toutes ces nuits. Il y avait encore des larmes accrochées à ses cils et d'autres qui remplissaient le coin de ses yeux bouffis. Mais pour rien au monde il n'aurait capitulé (p.316) »…
Marion souffre de voir sa fille, qui se sent responsable de la mort de son amie, interrogée et obligée de revivre les affres de la reconstitution et les doutes de son témoignage : « je suis nulle. J'ai même pas été capable de reconnaître le gros taré. - Mais si, tu l'as reconnu, tu as fait ce qu'il fallait. - Mais je suis pas sûre, maman, je suis pas sûre. Tu comprends, maman ? […] Je veux le voir en face, reprit-elle, je veux que tu l'arrêtes et… - Et quoi, chérie ? Nina détourna la tête. Une larme glissa le long de son nez, puis une autre. - Je veux qu'il meure, maman. Sinon, ce n'est plus la peine que moi je vive (pp.330-331) »… Et on découvrira en quoi le meurtrier aussi est une victime… Norah GUENEAU © 2004-2007 - Les Beaux Esprits Se Rencontrent (LBESR) : Archivé édition N°17 : 21.VI.05 * * *
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