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 | CANALI Luca | | Vie de Pline | | ou l'art des merveilles | Titre original : Vita di Plinio. Ovvero l'arte della meraviglia | [27] Arléa
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149 pages - 17 € ISBN 10: 2-86959-710-X
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| Texte | Iconographie | Pertinence | Objet | Informatif/Intéressant
Pagination > 450 p.
Historicisant
Universitaire
Appareil critique
| Cartes
Dessins / Croquis
Photos / Reproductions
Quadrichromie
Griffe originale
| Concision
Cohérence
Esprit / Génie
Pluridisciplinaire
Sujet original
| Cartonné / Relié
Grand format
Papier spécial
Maquette / Typographie
Autres / Cachet
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L'Histoire Naturelle de Pline l'Ancien est une recension encyclopédique des savoirs au Ier siècle, non sans fantaisies. En voici une instructive synthèse, avec les principaux éléments biographiques, dont sa mort sous l'éruption du Vésuve rapportée par son neveu, Pline le Jeune. En moins de 140 pages, le latiniste Canali revient sur la vie des deux Pline, notamment sur l'oncle dont il discute en dix chapitres les principales caractéristiques de son gros œuvre passé à la postérité. Caius Plinius Secundus ( 23 - 79 ) fut un immense lecteur, très soucieux de son temps au point de toujours chercher à en employer chaque seconde, tout en rédigeant un énorme corpus de notes de lectures : « il avait laissé à son neveu cent soixante volumes d'extraits de ses lectures, rassemblant des feuillets écrits recto-verso en tout petits caractères (p.21) ». Parallèlement à cette frénésie lettrée, il fut tout à tour officier de cavalerie en Germanie, procurateur de Vespasien en Espagne, et amiral de la flotte de Misène, où il mourut en portant secours au pied de l'emblématique volcan.
Son neveu ( et fils adoptif ) hérita de cette grande capacité de travail, et prit le nom de son oncle après sa mort. Caius Caecilius Plinius Secundus ( 61 - 114 ) suivit ses traces dans la haute administration romaine, d'abord en tant que jeune et brillant avocat, puis consul en l'an 100, et dix ans plus tard, légat de l'empereur romain, en Bithynie ( nord-ouest de la Turquie actuelle ). Son œuvre oratoire a été perdue, à l'exception de son surfait Panégyrique à Trajan ; ses Lettres nous sont parvenues, et témoignent d'un esprit curieux, mais sans la réflexion ni la 'rigueur' de celle du vieux Pline.
Ce dernier, comme cela a été souligné, fit preuve de systématisation dans la rédaction de l'Histoire Naturelle, tout en incluant : - des tirades moralistes contre le luxe et les folies qu'il entraîne : en particulier, l'or chez les hommes et les bijoux chez les femmes ; - une dénonciation générale des médecins, considérés comme des charlatans et des médicastres ; - les fraudes hominum, ces violations de la Terre Mère par l'Homme, font de Pline un observateur de l'équilibre et de la mesure naturelles, que les écologistes contemporains ne renieraient pas ; - dans la même idée, une dénonciation de la chasse aux fauves et de leur encagement dans les demeures des riches Romains ;
Mais, en homme de son temps, il était fasciné par le hors normes et le merveilleux, ces paradoxa et mirabilia que souligne le sous-titre. Cela explique les nombreuses licences à son 'esprit scientifique', qui avait bien noté le legs des scientifiques de Milet, ainsi que « la différence entre gens de lettres et gens de sciences : tandis que les gens de science, 'géants surhumains d'une stature supérieure à celle du commun des mortels', sondent les mystères du ciel et de la terre et 'arrachent aux grands dieux les lois éternelles de l'univers en dissipant le brouillard du pauvre esprit des hommes', les gens de lettres, eux, gâchent leur temps dans d'inutiles exercices de beau style (p.35) ». En cela, Pline ne fit que suivre la tradition d'un Ctésias ( l'inventeur de la licorne ), lequel n'avait fait que reprendre des descriptions comme celles de Homère ( l'inventeur de la sirène ), un 'inconscient collectif' du merveilleux qui connaîtrait une quinzaine de siècles d'or, jusqu'au siècle des lumières.
De ce point de vue, le livre de Canali économisera le temps de ceux également économes de leur temps et ne souhaitant pas le dilapider en digressions historiques ou fantasques… Mais pour cela, il manque à ce livre une table des matières et un index thématique, qui auraient été fort utiles. Enfin, précisons que Pline, comme Pompéi du reste, succomba pendant l'Empire en 79 après Jésus-Christ ( le 24 août exactement ), et non pas sous la République « en 79 avant J.-C. » comme le dit la quatrième de couverture. Gilles de ROKHA © 2004-2007 - Les Beaux Esprits Se Rencontrent (LBESR) : Archivé édition N°29 : 01.IX.06 * * *
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