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Pagination > 450 p.
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Enquête sur un décès accidentel par un flic anti-mafia, en congé maladie pour blessures, le tout dans un huis clos insulaire à l’atmosphère pesante, car tout est exacerbé sur une île : beauté des paysages, force des éléments, interrogations, sentiments humains… L’Intrigue : crime ou accident ?
L’Île Noire est la suite de L’Âme à l’Epaule: on retrouve notre palermitain de la Brigade anticriminelle Salvo, grièvement blessé par la Mafia. Il part en convalescence à Lipanusa, île de lave noire située entre Sicile et Tunisie, en compagnie de Mario, un médecin ami d’enfance qui assure ses gardes au dispensaire local.
Toni, brute épaisse revenue d’un séjour à Cuba, cette île de tous les plaisirs selon ses dires, est retrouvé crâne fracassé dans une pièce fermée de l’intérieur… Un vrai mystère donc, dans une remise adaptée au bricolage. Mais Salvo, qui a tabassé Toni et surpris une conversation entre ce dernier et un obscur personnage ( son associé ? son fiancé ? ), garde le silence pour ne pas compter parmi les suspects. Mais son instinct a donné l’alarme, il « pense à un crime comme à un événement qui provoque des modifications du milieu environnant : ce qui était avant ne sera jamais ce qui sera après. C’est comme si tu entrais dans une pièce, prenais un siège, t’y asseyais et puis le remettais en place. Ce siège n’occupera jamais la même position qu’il occupait avant, aussi attentif que tu puisses être, c’est impossible. Je te dis ça pour t’expliquer que, selon moi, le crime parfait n’existe pas (p.107) »…
Est-ce en raison de l’ambiance spécifique à l’île et à ses habitants ermites hors saison touristique ou sa diminution physique ? En effet, Salvo a subi l’ablation d’un poumon suite à son agression, et ne doit plus ni fumer ni faire d’efforts physiques violents. Ne plus être au meilleur de sa forme l’amène à plus d’introspection : « j’aimerais intervenir, dire moi aussi quelque chose. Toutefois, je m’abstiens, ça, ce sont leurs histoires à eux, moi je viens de la terre. Mais, une tempête est une bénédiction. Elle nous rend à notre condition d’humains, elle nous bat à plates coutures. Renverse tous les progrès, nous met à égalité avec la nature (p.115) ». Finalement, ne s’est-il pas inventé un crime pour ensuite le résoudre avec l’excuse qu’une île n’est jamais qu’un monde en réduction avec son pesant de meurtriers ?
Impressions
Ce roman est en dessous de L’Âme à l’Epaule : l’enquête est moins palpitante, le décor plus minimaliste, les personnalités moins fouillées, encore que les sentiments soient plus exacerbés. On sent d’ailleurs que l’auteur eut quelque difficulté : « je ne sais pas comment ils font, les écrivains, pour parler des journées de solitude, des journées en solitaire, sans rien faire, en parvenant à les remplir d’événements. Je veux dire, ils ont une manière d’organiser le temps de leurs personnages pour lesquels une journée d’inaction semble durer peu […] Les journées passées à rien faire, les journées de liberté, pour moi, n’ont pas de fin (p.45) »… Certes, l’exiguïté de l’île et le faible nombre d’habitants limitent les possibilités de suspects.
Sur le plan littéraire, le traducteur a tenté de transcrire le dialecte local avec des tournures novatrices et savoureuses : « qui fait une chose et y pense pas n’est pas un homme… Et même pas un animal. Passque, ce que fait l’animal, il le fait par nécessité. Pour dire… la bête, elle le sait si elle a faim, ou soif, ou bien s’il vient le temps des chaleurs… mi capìu, vous me comprites ? - Je vous écoute, maître, parlez, je lui dis en dialecte (p.173) »…
Norah GUENEAU © 2004-2007 - Les Beaux Esprits Se Rencontrent (LBESR) : Archivé édition N°2 : 16.VI.04 * * *
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