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 | BERGAMINI Alexandre | | Retourner l'Infâme | | | [16] Zulma
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74 pages - 8,50 € ISBN 10: 2-84304-336-0
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| Texte | Iconographie | Pertinence | Objet | Informatif/Intéressant
Pagination > 450 p.
Historicisant
Universitaire
Appareil critique
| Cartes
Dessins / Croquis
Photos / Reproductions
Quadrichromie
Griffe originale
| Concision
Cohérence
Esprit / Génie
Pluridisciplinaire
Sujet original
| Cartonné / Relié
Grand format
Papier spécial
Maquette / Typographie
Autres / Cachet
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Tableaux plus que roman, voici une demi centaine d'expériences homosexuelles dans des lieux ou bas-fonds anonymes. Difficile exercice littéraire que de retranscrire des scènes crues centrées essentiellement sur le coït, mais non sans complicité et reconnaissance des amants… La couverture de ce troisième titre de l'auteur de l'excellent Autopsie d'un Sauvage annonce un roman. Disons-le, ce qualificatif est usurpé, d'abord parce qu'il n'a rien de romanesque, ensuite parce qu'il est très court ( 56 chapitres de moins d'une page généralement ), enfin et surtout parce que ce sont plutôt des tranches de vie d'une homosexualité effrénée. Là est donc l'intérêt : retranscrire en mots une réalité surtout vécue par l'action, à défaut d'émotion.
Le narrateur, pour reprendre le célèbre mot d'Oscar Wilde, résiste à tout sauf à la tentation : « je ne résiste pas, je deviens garçon facile. A la moindre attraction, je m'ouvre, m'élargis comme un estuaire, mouille comme une femme fleuve, une femme barrage qui cède. Je m'étends comme un lac s'étale. Je cède avant le pressentiment. Je romps à la source. A la possibilité du désir. Aux possibles, je m'abandonne d'instinct (p.16) ». Mais ces amours et promiscuités anonymes répondent à un minimum personnel : « c'est avec les visages que je fais l'amour, pas avec les sexes. Il me faut un visage pour que je puisse fermer les yeux (p.36) »…
Les pages égrènent donc la diversité de ses aventures, parfois non sans quelque poésie si l'on considère la crudité du propos : « je me fonds dans les bouches rondes, envahi par le chuchotement des mots contenus, des mots inavouables et violentés. Sources ardentes où je m'abreuve. Salive nourricière chargée d'écume (p.14) ». Passent donc en revue les hommes et sexes qu'il reluque, les rencontres d'un soir ou d'une boîte et le souvenir des toilettes sales, du prostitué masculin qui couche gratuitement parce que le narrateur lui plaît, ou encore des tableaux de fellations, de sodomies ou d'éjaculations : « la fierté réduite à quelques gouttes éjectées dans une bouche, une main, une fosse. Les hommes mis à bas, tombés comme gouttes de plomb fondu sur le carrelage d'un W.-C. fermé à clef, sur le velours d'un siège jadis rouge de désirs, aujourd'hui empourprés de honte et de solitude (p.21) »… Ailleurs, c'est une aventure tout à l'est de la Turquie, ou encore le témoignage d'une vieillesse qui jouit encore épanouie de sa sexualité. Clarisse YOUNG © 2004-2007 - Les Beaux Esprits Se Rencontrent (LBESR) : Archivé édition N°22 : 21.IX.05 * * *
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