N° 49
 
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KLINGER Friedrich Maximilian - La Vie de Faust, ses Exploits & comment il fut précipité en EnferKLINGER Friedrich Maximilian
La Vie de Faust, ses Exploits & comment il fut précipité en Enfer
 
[9] Grèges
 
313 pages - 20 €
ISBN 10: 2-9519090-6-3
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 Pagination > 450 p.
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Ce Faust (1791) de Klinger (1752–1813) inspira les deux de son ami Goethe. Manifestement inspiré ou possédé par le thème, Klinger le refondit deux fois (1794 et 1813) : savoureux et spirituel, l’auteur de Sturm und Drang se révèle un écrivain spirituel et fin psychologue.

La présente traduction est celle de la seconde version (1794), ornée des reproductions de quelques gravures d’époque ( pp. 51, 79, 155, 185, 255, 267 ). L’appareil critique en fin d’ouvrage comporte les variantes, les notes du traducteur, ainsi qu’une postface. Cet intéressant roman entend dessiller les yeux, en montrant combien la vie extérieure est illusion et que la vérité n’est à chercher qu’au cœur de chaque homme. Située au XVe siècle, l’intrigue met en scène un Faust en « inventeur de l’imprimerie », empli d’illusions et de clichés sur l’humanité, bien que révolté par l’injustice : « je veux savoir pourquoi le juste souffre et l’homme vicieux est heureux. Je veux savoir pourquoi il nous faut acheter la jouissance d’un instant au prix d’années de souffrances et de douleur (p.55) ». De son côté, comme cela est détaillé plus bas, le Diable lui propose un marché : son salut, contre la réalité révélée par un beau tour d’Europe…

Nombre de passages ont aussi des relents Nietzschéens, avant la lettre ; Faust et le Diable n’hésitent pas à lancer leurs piques sur le ‘troupeau’, notamment dans la belle société : « un homme si remarquable, que les gens méconnaissaient en raison de leur bêtise (p.65) » ou encore « vous tous qui vous accrochez la fraise de conseillers autour du cou, comme l’âne le fait du licou […] Et vois, les imbéciles siégeaient au Conseil et les fous délibéraient au tribunal (pp.70, 71) ». Et les belles écervelées ne sont pas en reste : « elles avaient toutes le regard fixe d’un troupeau d’oies et ne se lassaient pas de détailler du regard la toilette de Léviathan (p.73) »…

Le Pacte

Faust entend prouver la prééminence de la vertu, ce que le Diable naturellement réfute, comme ici : « et si je te montrais que l’or a un pouvoir irrésistible sur le cœur de l’homme (p.175) ». Pour bien prouver son point de vue, ce dernier propose de lui montrer la réalité et de réaliser ses désirs dans un périple à travers l’Europe médiévale, à l’issue duquel Faust devra aller en enfer s’il perd son pari. Pour commencer, le Diable dénonce plusieurs fois cette connaissance intellectualisante dont Faust est si fier : « je me propose de te montrer concrètement ce dont tes philosophes déblatèrent et de dissiper avec mon souffle les nuages devant tes yeux, amassés par l’orgueil, la vanité et l’amour propre et qu’ils colorent si joliment […] à t’entendre, on remarque encore bien que tu n’as fréquenté que les livres et que tu as perdu ton temps et ta peine ; ce qui certes n’est pas le chemin qui mène à la connaissance du cœur humain […] Que dirais-tu si quelqu’un résolvait en simple bon sens les formules rhétoriques dont tu couvres ton inexpérience et ton ignorance ? ( pp. 59, 80, 161) ».

De fait, dès le début quand le Diable lui apparaît en parfait gentilhomme, Faust s’écrie, toujours prisonnier des clichés : « un prince de l’Enfer sous ce masque ? Sous l’apparence de l’homme ? Je voulais avoir un diable, et non une personne de mon espèce », ce à quoi le Malin rétorque : « Faust, peut-être le sommes-nous entièrement quand nous nous ressemblons ; du moins aucun masque de nous habille-t-il mieux. N’est-ce pas votre manière de cacher ce que vous êtes et de simuler ce que vous n’êtes pas ? […] Sans doute t’attendais-tu au diable avec ses cornes et ses pieds de bouc, tel que le représente votre craintive époque. Depuis que vous avez cessé d’adorer les forces de la nature, elles vous ont abandonnés et vous n’êtes plus capables de penser quelque chose de grand (p.50) »… Encore que Faust fasse parfois preuve d’esprit : « l’enseignement de quel philosophe as-tu suivi pour que tu me serves un si après l’autre (p.128) »…

Mais ce diable d’homme qu’est Léviathan enfonce le clou, martelant ici et là combien tous ces discours ne sont que poudre aux yeux : « Faust ! Faust ! L’homme recherche mille choses, dans les nuages et hors de soi, alors qu’il les porte en son sein et qu’elles sont sous son nez […] Ne fais pas confiance à l’homme, dans lequel l’artifice, l’entendement et l’intérêt ont soumis et fait évaporer l’animalité de sa nature à tel point que sont éteints jusqu’aux signes de son instinct et de sa sensualité (pp.61,119) ». Et il poursuit : « Faust, nous ne faisons que commencer de lever la couverture qui recouvre le cœur humain […] Je t’ai promis de te montrer l’homme dans sa nudité pour te guérir des préjugés de ta jeunesse et de tes livres, afin qu’ils ne puissent plus te déranger dans la jouissance de la vie ; et quand tu auras compris que ma prétendue direction de l’Eternel, à laquelle tu as renoncé pour l’amour de moi, et à la face duquel vous commettez les atrocités les plus effroyables, quand tu auras compris qu’elle n’est qu’illusion de votre orgueil, et si alors il te reste encore de la force dans le cœur, je me propose de t’ouvrir les terribles mystères qui t’enveloppent en ce moment (pp.121,129) »…

Le Diable : instrument d’un Faust vengeur

Au long des étapes, Faust constate la duplicité des uns et le péché des autres, la corruption des juges et l’avidité des rois, la luxure des hommes et la vénalité des femmes : « tout ceci était enveloppé de tant de dignité, de finesse et de décence qu’il était difficile à l’œil le mieux exercé de faire la différence entre ce qui avait été appris, l’effet de l’artifice et l’acquis d’une part et le naturel de l’autre (p.118) »… Et sans voir comment le Diable gagne des points, Faust est témoin du masque que porte la société derrière des valeurs plus ou moins hypocrites : « Faust, si le puissant Satan était roi de France, il ne pourrait pas semer les germes du mal futur d’une main plus terrible que celui-ci ne le fait […] En Espagne, ils trouvèrent la tromperie et l’hypocrisie sur le trône sous le masque de la religion ( pp. 173, 192 ) ». Et partout où Faust va et voit un crime, il se dresse en justicier et entend « tirer vengeance des oppresseurs de l’humanité au nom de celle-ci (p.130) » en demandant au Diable d’intervenir grâce à ses pouvoirs surnaturels :
- LE DIABLE : Faust, tu anticipes la vengeance du Vengeur !
- FAUST : Sa vengeance sommeille et le juste souffre ; je veux voir réduit à néant celui qui porte le masque de la vertu (p.131).

En fait, l’auteur semble avoir nourri une rancune solide et grinçante contre l’hypocrisie religieuse ambiante, des prélats comme de la population : « le prince-évêque était un homme à l’apogée de ses années et si monstrueusement gros que la graisse semblait avoir entièrement recouvert ses nerfs, son cœur et son âme. Ses seules sensations étaient à table, il n’avait de sens que sur la langue et ne connaissait d’autre malheur que quand un mets qu’il avait commandé n’était pas réussi. Sa table était si bien pourvue que Faust, que le diable avait plusieurs fois régalé, était forcé de reconnaître qu’un évêque surpassait en délicatesse du goût ce sacripant prestidigitateur lui-même (p.107) »… Plus loin, on lit : « quand Faust vit pour la première fois réunis les dames et leurs cavaliers sur la grand’place dans toute leur splendeur, il se flattait d’assister à une joyeuse fête ; mais quand il entendit les misérables, dans la procession que guidaient les prêtres louant Dieu, geindre et se lamenter, il se convainquit bientôt que l’abus de la religion fait de l’homme le monstre le plus épouvantable de la terre […] Peuvent-ils bien souhaiter un meilleur pape qu’un pape qui sanctifie leurs vices par son propre exemple ? ( pp. 193, 200 ) »…

Simplement, Faust ne tient pas compte des mises en garde récurrentes du Diable. Par exemple, quand Faust lui demande d’intervenir, son démon s’écrie non sans malice : « et pourquoi le diable doit-il mettre un terme à de telles cruautés, alors que celui que les hommes appellent leur père et protecteur en est le patient spectateur ? C’est probablement dans l’ordre du monde moral que les rois, qui se disent tels par la grâce du ciel et qui prétendent tenir de lui la place qu’ils occupent, ne peuvent faire autrement que de traiter de la sorte les hommes à la tête desquels il les a placés. Si j’obéissais à ta colère aveugle, qui parmi ceux qui nous restent à voir échapperaient à ta vengeance ? (p.171) ». Car en effet, ce dernier répète : « ne t’ai-je pas dit que l’homme était plus prompt dans son jugement et sa vengeance que le diable dans l’exécution du mal ? (p.247) ». Alors naturellement, tournant la situation à son avantage en excellent avocat du diable, « Satan dit en souriant : ‘Non mais, quels humains, un peu ! Et quand ils veulent représenter quelque chose d’épouvantable, les voilà qui dessinent le diable ; dessinons donc, à notre tour et pour nous venger, quand sous voudrons représenter quelques chose d’ignoble, l’être humain et je veux que les philosophes, les papes, les ecclésiastiques, les princes, les conquérants, les courtisans, les ministres et les auteurs me servent de modèle (p.262) »…

« Et Satan conduit le bal… » comme dans un autre Faust, l’excellent opéra de Charles Gounod...

Philippe CESSE

© 2004-2007 - Les Beaux Esprits Se Rencontrent (LBESR) : Archivé édition N°31 : 28.XII.06

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