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 | GALLO Max | | Jésus - L’homme qui était Dieu | | | [1] XO
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314 pages - 19,90 € ISBN 13: 978-2-84563-416-9
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| Texte | Iconographie | Pertinence | Objet | Informatif/Intéressant
Pagination > 450 p.
Historicisant
Universitaire
Appareil critique
| Cartes
Dessins / Croquis
Photos / Reproductions
Quadrichromie
Griffe originale
| Concision
Cohérence
Esprit / Génie
Pluridisciplinaire
Sujet original
| Cartonné / Relié
Grand format
Papier spécial
Maquette / Typographie
Autres / Cachet
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Homme ou Dieu, Jésus demeure une énigme. Tout en laissant place au doute, Max Gallo narre la vie de cet homme qui prêcha auprès de son prochain sa déité. Jésus, l’homme qui était Dieu se lit comme d’épopée minutieuse du parcours d’un être humain, trop divin. Max Gallo est un conteur. Aux grandes figures de l’Histoire qu’il a racontées dans son Panthéon personnel ( De Gaulle, Napoléon, Victor Hugo, Louis XIV, Jeanne d’Arc ), Jésus Christ devait naturellement trouver sa place. Son récit Jésus, l’homme qui était Dieu prouve encore une fois que l’écrivain sait inscrire les grands personnages dans une trame narrative innovante, sans pour autant dénaturer la biographie de l’homme. Or, force est de constater que Max Gallo choisit ici un être dont la vie pose des problèmes d’historicité controversés.
Dans le respect des Evangiles
Tous les principaux épisodes évangéliques de la vie de Jésus de Nazareth sont présents dans ce récit, qui donne à voir Jésus dans ses actes et à l’entendre dans ses paroles : la conception virginale de Jésus par Marie, sa naissance à Bethléem, la fuite en Egypte pour échapper au massacre des nouveaux-nés ordonné par Hérode, sa discussion avec les docteurs du Temple à l’âge de douze ans, son baptême par Jean-Baptiste vers trente ans, sa retraite au désert, sa prédication en Galilée ( sermons, miracles, paraboles ), le choix de ses douze disciples, l’entrée à Jérusalem, la trahison de Judas, la Cène et l’institution de l’Eucharistie, la veillée à Gethsémani, son arrestation et sa condamnation à mort, sa comparution devant Pilate, la flagellation et sa crucifixion.
Max Gallo oscille dans son récit entre le respect de la vision déifiée de Jésus par les Evangiles et la nature humaine de l’homme de Nazareth. Ainsi, rien n’est dit sur cette période inconnue de la biographie du Christ : ses jeunes années. Luc affirme : « L’enfant croissait et se fortifiait, se remplissant de sagesse. Et la grâce de Dieu était sur lui ( Luc 2:40 ) ». Beaucoup pensent qu’il a mené une existence à Nazareth au cours de laquelle il a appris le métier de charpentier, celui de Joseph. Seul l’épisode de la rencontre avec les docteurs du Temple est rapporté dans le récit de Gallo. Homme ou Dieu ?
Aucun parti-pris n’est adopté sur la déité de Jésus, comme le résume clairement le sous-titre du livre : le Christ était un « homme » et en même temps, à ses yeux, aux yeux de ses disciples, aux yeux de nombres d’hommes d’hier et d’aujourd’hui, il était « Dieu ». La narration présente donc à la fois l’intervention de Dieu dans la vie de Jésus, dans la conception de ce dernier ou dans ses rencontres avec le divin ( Gethsémani, désert ), et les paroles humaines d’un être qui a une psychologie, une réflexion, une mission : son allant est régulièrement rendu par un « va, va, va » intérieur, son état d’esprit est parfois analysé par des incursions dans ses pensées.
Gallo ne donne donc pas à analyser Jésus dans son récit, mais il donne à l’entendre, à le lire, à le voir et, somme toute, il laisse libre le lecteur de le croire. Il fait un travail de romancier et non d’exégète. Les années au cours desquelles Jésus est au contact des foules sont donc rendues comme des années prolifiques de prédications. Le Christ est minutieusement décrit dans toutes les dimensions de son action : prédicateur, thaumaturge, attentif aux plus pauvres et aux plus faibles. Son geste se fait par des propos, des maximes, des paraboles, des proverbes, des miracles, des exorcismes. Max Gallo le montre comme une force qui va, un homme qui en entraîne d’autres, un être habité par sa mission qui se donne à ceux qui veulent se donner à Dieu. Un roman contemporain
Il est très périlleux de parler d’un homme dont le statut est si discuté de nos jours, comme il le fut de son temps. Or Gallo adopte un parti pris de romancier intéressant : c’est un centurion chargé de la crucifixion de Jésus qui prend en charge le récit. Ce narrateur, que l’on suit au début du roman, s’implique dans la narration en disant « je » pour impliquer le lecteur, puis disparaît progressivement pour laisser les faits se raconter d’eux-mêmes. Ce centurion, qui au début doute et porte un regard neutre, est le narrateur idéal, miroir d’un lecteur contemporain qui doute lui aussi, mais est prêt à entendre ces faits, cette vie, cet homme qui serait né en fait en -4 et mort en 28 ou 29 de notre ère.
Ainsi ce livre respecte-t-il le Livre sans se faire le porte-parole du Nouveau Testament ( bien malin le lecteur qui pourra dire, en quittant le livre, si Max Gallo est croyant ou pas ). On y entend les paroles de Jésus, mais aussi ce qu’il se dit. Un regard psychologique est porté sur le Christ sans nier le fait qu’il puisse être guidé par le Dieu des chrétiens. Il n’est jusqu’au parti-pris très intéressant sur les motivations humaines, trop humaines, de Judas quand il livre Jésus aux supérieurs juifs : son questionnement est d’une nature humaine mais teintée des idées de foi, de peur du démon de l’époque. Judas aurait livré Jésus pour le placer dans une situation où celui-ci aurait à affirmer sans peine sa force divine, dans l’adversité, et ainsi s’affirmer aux yeux de tous fils de Dieu.
L’analyse du roman de Max Gallo doit porter aussi sur le style. Le choix du présent de l’indicatif, de phrases courtes tend à rapprocher le texte des versets de la Bible dans leur traduction française. S’il se tient à distance de son ‘personnage’ dans le fond, l’auteur écrit un texte qui, dans sa forme, le rapproche du lecteur et le donne à voir : il suffit de fermer les yeux pour l’imaginer. Mais, sans doute volontairement, Gallo ne décrit pas Jésus physiquement, pour laisser dans la tête du lecteur d’abord ses paroles, ses actes sa place d’homme fils de Dieu, à part… non un être de chair mais un être d’esprit.
Ce roman, écrit clairement, dans le style bien connu de l’Académicien ( entre épopée et conte ), laisse finalement libre le lecteur de croire ou pas. Sa force est de rapporter des choses lues comme si elles étaient des ‘choses vues’, pour paraphraser Victor Hugo. Max Gallo, par la voix de son centurion, s’y fait enquêteur lucide, s’adressant à un lecteur du XXIe siècle. Jésus, lui, demeure une énigme : un homme ou un Dieu ?
Olivier STROH © 2004-2007 - Les Beaux Esprits Se Rencontrent (LBESR) : Archivé édition N°45 : 21.XII.11 * * *
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