Avec un royal 60,62%, la force tranquille mouche les deux candidatures masculines ( DSK : 20,83%, Fabius : 18,54% ), précisant le scénario pressenti début 2006 par RTL. Chronique d’un duel annoncé… |
Pour le monde germanique, RTL est un conglomérat médiatique concentré sur les stations de radio et télévision. Bien que basé off-shore au Grand Duché du Luxemboug, RTL émet principalement dans les trois Bénélux, France et Allemagne, avec des audimats TV rivalisant avec les phalanges en Italie et en Espagne de son 'Emettence' Berlusconi, dont l'incursion de La Cinq est aujourd'hui défunte en France mais où RTL-1 et RTL-2 sont une proéminente radio jumelle. RTL peut donc légitimement s'estimer être une vraie compagnie européenne bien au fait des affaires de ces cinq pays. En fait, RTL est depuis longtemps une entreprise globale comme le site du groupe en rend fièrement compte : « 34 chaînes TV et 34 stations radio dans 11 pays », dont Russie, Australie et Etats-Unis. Voilà pour le 'conte' d'apothicaire…
Et voici l'histoire en France… Le slogan RTL « Vivrensemble » ( avec un 'e' élidé pour la concaténation des deux mots ) lança la semaine dernière [1] la campagne présidentielle de l'an prochain avec une fine dialectique droite-gauche, centrée sur les quatre étoiles de la politique française : deux amis libéraux à peine tout sourires à gauche, deux camarades souriant à peine à droite. Maintenant que l'ensemble de la France, depuis les intéressés à l'homme de la rue, discute si les personnalités publiques peuvent être utilisées comme icônes marketing, ce quatuor est certainement constitué des seuls « candidats à la candidature » ( comme les média les désignent ou snobent ) avec quelque chance d'élection.
Présentation des trois mousquetaires de la France : le Premier Ministre UMP Dominique Galouzeau de Villepin, le Ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkőzy ( aussi président de l'UMP, grand rival de Jacques Chirac, et divorcé récent ) et François Hollande ( le premier secrétaire du PS depuis 1997 ). Alors, messieurs, qui est l'outsider ? Le quatrième cavalier ?

D'Artagnan ? Mais non mais non… Cette fois le Chevalier Blanc est une colombe. Une femme. Cherchez la femme ne dit-on pas : Ségolène Royal pourrait bien être la vraie candidate à la république depuis que Madame Bernadette Chirac a elle-même ouvertement déclaré qu'elle pourrait succéder aux bottes de son mari. Il y a eu d'autres femmes par le passé, mais Ségolène Royal est la seule que les média aient accepté comme reine éligible au Palais de l'Elysée, le sanctuaire présidentiel de la nation. Et elle a ceci de se faire élire quand elle le désire : en 1988 elle seule partit disputer un siège parlementaire que presque tous les Socialistes tenaient pour un pré-carré de la droite et par conséquent sans espoir comme tentative. Eh bien, elle se prouva avoir vu juste et s'embarqua dans une belle envolée ministérielle : pas moins de quatre portefeuilles entre 1992 et 2002, avec un petit hiatus en 1995.
Elle est aussi connue pour mener des campagnes tranquilles et expliquer avec force « la politique autrement », dénonçant les abus sur les enfants et la pornographie, tout en favorisant le PACS pour les gays et leurs semblables… Pour 2004, elle s'était propulsée à vitesse quadratique à la présidence d'une région entière ( Poitou-Charentes ), mettant fin au long règne régional du Premier Ministre UMP d'alors, Jean-Pierre Raffarin, bientôt remercié après le sonore NON au Traité de Constitution Européenne qu'il avait tant défendu. Sur cette lancée les sondages veulent maintenant que Madame Royal ramène les Socialistes au pouvoir.
Monsieur Hollande peut être légitimement fier de son alter ego au parti : l'un est sûr de gagner. Dans ce cadre de pensée, voyons qui court qui : après tout, en tant que gentleman il est l'homme de la situation qui la soutiendra et lui cédera le siège sur sa voie. Si Madame Royal réussit, elle deviendra la première Présidente de la Nation, et une Première Dame pourrait désirer lui retourner la faveur de manière princière : le remercier et nommer par Décret Royal à quelque haute fonction ou autre poste confortable à la cour, disons Prince consort ( ou avocat du diable selon la dénomination qui le dérange moins, le terme n'étant encore inscrit en terminologie républicaine ).
Pour être précis, le règne du sphinx François Mitterrand fut souvent décrit comme une « monarchie républicaine » fidèle à ses intérêts : il aurait ainsi dit que « l'intelligence est probablement la chose la mieux partagée au monde » et « ne croyez pas que j'aie des illusions sur la longueur de la postérité. Au mieux, c'est le temps d'existence de la planète ». Dans cette ligne de pensée et tenant compte de son long attachement au service public, Monsieur Hollande n'a peut-être jamais eu autant d'atouts pour considérer une mission publique aux côtés Madame Royal première femme à la tête de l'Etat après cinq Présidents au sommet de la Ve République…
Quoi qu'il en soit, tous deux sont parents avec des rêves de mondes meilleurs pour l'enfance, comme l'avoir à dîner à l'Elysée plus d'une fois l'an comme cela est la coutume de nos jours. Car Madame Royal a donné à Monsieur Hollande pas moins de quatre beaux enfants, et pourrait souhaiter se réunir avec ceux de Michelle Bachelet, Ellen Johnson Sirleaf, Tarja Halonen et de Hillary Clinton éventuellement. Auquel cas, elle lui prouvera avoir vu juste comme tant d'autres par le passé tel l'écrivain Louis Aragon qui avait prophétisé : « la femme est l'avenir de l'homme ». Après les expériences passées en Asie ( Indira Gandhi, Corazon Aquino ) et en Amérique Latine ( Eva Perón , Violeta Chamorro ), cette poignée de mères présidentes tenant désormais compagnie aux meneurs sur Terre seraient-elles en train de reproduire leur histoire en Europe ?
Note : [1] Février 2006
Liens : Ségolène Royal, site web officiel : http://www.desirsdavenir.org/ http://fr.wikipedia.org/wiki/Segolene_Royal
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