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SENKOVSKI Ossip - Les Travailleurs de l’EnferSENKOVSKI Ossip
Les Travailleurs de l’Enfer
Titre original : Bolchoï vykhod ou Satany – Zapiski domovogo
[15] Interférences
 
141 pages - 15 €
ISBN 10: 2-909589-13-7
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 Pagination > 450 p.
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Dans la veine romantique du XIXe siècle, voici deux nouvelles diaboliques et spirituelles signées de l’énigmatique baron Brambeus. Le texte est riche et pénétrant, le ton juste et satirique. Ossip Senkovski (1800-1858) fut un érudit, polyglotte et universitaire, éditeur et écrivain…

Pour mieux resituer ces deux nouvelles, il faut rappeler quel homme fut l’écrivain. Né dans une famille noble de Pologne, il se spécialisa très tôt dans les langues orientales, voyageant deux ans durant au Moyen Orient « avant de devenir titulaire à l’âge de vingt-deux ans d’une chaire d’arabe et de turc dans la ville de Saint-Pétersbourg (p.8) ». C’est qu’outre parler polonais, russe, persan, syriaque, latin, grec, serbe, italien, français et allemand, il étudia aussi l’islandais, le chinois, le mongol et le tibétain, témoignant d’un don exceptionnel pour les langues et d’une intelligence rare dont témoigne sa curiosité.

Ses origines polonaises et relations révolutionnaires lui ayant sans doute interdit d’embrasser une carrière dans la diplomatie russe, il opta pour la littérature et l’édition, devenant en 1834 « rédacteur en chef du Cabinet de Lecture, une revue encyclopédique à grand tirage destinée à un large public (p.9) », revue éclectique avec des tirages inouïs pour l’époque et parvenant dans les contrées éloignées de l’empire russe. C’est dire si le personnage avait des ressources intellectuelles, ‘une tête bien pleine et bien faite’ dont témoigne le texte et certaines saillies à valeur aphoristique : « a-t-on jamais entendu cela : ‘réfléchir en lisant’ ? (p.51) ». Il usa souvent d’un pseudonyme commode, baron Brambeus, pour ses textes burlesques voire caustiques quand il s’agissait d’apostropher ou de pourfendre les sottises et clichés de son époque.

Du Diable à l’Esprit sain

L’avant-propos de Sophie Benech, la traductrice, apporte force éclairages sur cette période en Russie, et en Europe pour ce qui fut de l’engouement aux XVIIIe et XIXe siècles pour la littérature satanique, la démonologie et l’occultisme. Qu’on songe simplement au magistral Faust de Goethe ( autre célèbre érudit ) et aux séances spirites de Victor Hugo. On peut comprendre que l’auteur, excédé par leurs méandres incessants, ait voulu égratigner les Romantiques : « la particularité du style romantique est qu’il faut se creuser la tête sur chaque phrase pour en trouver le sens, si tant est qu’elle en ait un (p.51) »… Les deux nouvelles, respectivement datées de 1832 et 1835 sont essentiellement une même histoire : certains personnages sont communs ( Boubantus et Fifi-Coco ) et leurs thématiques se poursuivent, dialectiques entre les esprits de l’autre monde, tentations ‘diaboliques’ des âmes vers l’amour et la luxure, celles des femmes en particulier…

Dans la première nouvelle, le Diable est le personnage central et évolue dans une grande salle souterraine dont les fissures demandent une rapide réparation… Rien que l’image d’un antre de cette taille sous terre interpelle sur le plan psychologique ; de plus, ce Diable se nourrit de livres, car en enfer les biscuits sont imprimés, pendant que ses sous-fifres pervertissent les hommes sur terre : « il faut savoir que, dès que Satan mange un livre, sa gloire disparaît aussitôt sur terre et les hommes oublient son existence (p.27) »… Sur le plan littéraire, le ton est badin : on donne à Satan du « votre Sinistre Obscurité » ou du « votre Infernale Majesté » et ses descriptions sont imagées autant que plaisantes : « mon cher petit Boubantus, vas-y, dépêche-toi de me faire ton rapport : seulement, parle de façon concise et intelligente, car je suis en colère et je m’ennuie… Et il bâilla de façon épouvantable, ouvrant une bouche plus large que le cratère de Vésuve : des nuages de fumée et de flammes sortirent de son gosier (p.47) »…

La seconde nouvelle est plus psychologique : un squelette sorti de sa tombe, un esprit de la maison et le diable en personne conversent sur le monde des hommes et le leur. Intéressante trilogie que freudiens et jungiens interpréteront différemment, mais qui en tout état de cause exprime les différentes voix qu’entend l’auteur : « seul le corps redoute la mort, car elle le menace d’anéantissement, mais dès que la maladie et l’épuisement dépouillant la matière de ce terrible pouvoir despotique que les hommes appellent la voix de la nature, dès que l’esprit ne rencontre plus en elle d’opposition (pp.74-75) ». C’est dans cet état d’esprit que notre Diable interroge le mort : « comment trouvez-vous ce monde, le nôtre, celui des esprits (p.91) » ? Ce à quoi l’intéressé répond : « ce qui me plaît surtout, c’est cette étonnante tranquillité, ce détachement qui distinguent la vie des morts (p.91) ». Autrement dit, le monde des esprits, celui de l’inconscient et des complexes personnifiés…

L’auteur en est lui-même fort conscient, certains passages aux accents scientifiques révèlent chez lui une bonne sensibilisation de l’âme humaine et de son onirisme : « vous faites allusions aux rêves ? Vous voulez peut-être avancer les rêves comme preuve de l’activité autonome de l’esprit dans un corps autonome de l’esprit dans un corps paralysé et inerte ? Mais les rêves, mon bon monsieur, se produisent uniquement dans un état de semi-veille, de somnolence, durant les moments d’éveil et d’endormissement, et non pendant le sommeil absolu (p.96) ». Passons sur le fait qu’en réalité le vrai rêve n’a lieu que pendant les moments de sommeil absolu, pendant ces périodes dites de sommeil paradoxal ; quand des équivalents ont lieu en état de demi-veille ou de veille, on parle plutôt aujourd’hui de visions, de fantasmes, voire de révélations… Voilà pour quelques rudiments d’analyse.

Ossip Senkovski semble avoir été de plus un tendre amant, ou tout au moins un grand observateur de la gent féminine et de la relativité des amours : « elle l’aimait, mais seulement de façon abstraite. Jadis, elle l’avait aimé de toute son âme et de tout son corps. Mais une fois que leurs corps eurent dépensé dans l’atmosphère embrumée du mariage toutes leurs réserves de cette merveilleuse substance volatile qui oblige même deux morceaux de fer froids à s’attirer et qui les soude si solidement l’un à l’autre, il n’était plus resté que l’imagination pour lier les deux époux, et ils prenaient pour de l’amour le fantôme d’amour qui rôdait dans leurs esprits. Ce fantôme avait toutes les formes et toutes les couleurs de la réalité (p.129) »… Et beaucoup n’auraient rien à redire de ce dernier et superbe passage : « quand une femme est tout entière l’incarnation même d’un pur amour envers un seul homme, quand cet amour est devenu sa vie, l’élément qu’elle respire, sa deuxième âme, là, les démons n’ont rien à en tirer […] L’amour accomplit des miracles chez une femme, poursuivait le mort. Cette force incompréhensible transforme une faible créature en l’être le plus fort qui soit pour ce qui est de la volonté, et en l’être le plus glorieux qui soit pour ce qui est de la noblesse des sentiments. L’objet de son amour perd alors pour elle ses formes terrestres, il devient idéal et règne sur elle de près comme de loin ; l’espace disparaît pour elle, le temps lui-même est impuissant, et elle vit à travers son bien-aimé, qu’il soit vivant et séparé d’elle par la distance, ou bien enseveli dans une tombe (p.104) »…

Philippe CESSE

© 2004-2007 - Les Beaux Esprits Se Rencontrent (LBESR) : Archivé édition N°27 : 15.VI.06

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