N° 49
 
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[74] EDITION > [13] Editeurs
[39] MEDIA > [11] Edition
OLIVIÉ Frantz - LAVIELLE Charles-Henri - Directeurs des Editions Anacharsis
Directeurs des Editions Anacharsis
Frantz Olivié - Charles-Henri Lavielle
 
 

Entretien. Lancées par deux historiens, les éditions Anacharsis occupent des niches éclectiques dans l’édition française, avec des textes inédits ou introuvables sur le marché : témoignages et relations de voyages historiques, romans, sagas islandaises, sciences sociales…

 

ArtsLivres : Messieurs, quelle est votre formation à tous les deux ?

Frantz OLIVIÉ (FO) : nous sommes tous les deux historiens, avec de longues années d’études à Toulouse sur l’histoire de la Méditerranée. Charles-Henri s’est orienté sur l’histoire de Venise, et moi sur Byzance. Après plusieurs années de recherches en thèse, il devint clair qu’il n’y avait pas d’issue. Alors étant tous les deux de grands lecteurs, l’idée vint de monter une maison d’édition pour concilier notre intérêt pour l’histoire et les textes historiques et d’envergure littéraire. Le premier fonds devait être constitué par les textes rencontrés en université et que nous souhaitions rendre publics. J’ai pour cela aussi suivi une formation au métier de l’édition au CECOFOP ( Centre de conseil et de formation professionnelle ) à Nantes, aux Editions du Passeur qui en est l’outil pédagogique : travail sur les livres, de la réception du manuscrit à la diffusion, en passant par la fabrication.

Charles-Henri LAVIELLE (CHL) : En 2000, nous nous sommes constitués en association Loi 1901, avec un emploi jeune, Mily Cabrol, chargée du graphisme, de la mise en page et un peu du quotidien administratif. Des amis intéressés par notre perspective éditoriale nous ont été d’un grand secours : soumission de projets, avis et aides à la correction comme à la mise en page. Notre système est donc semi-collégial : nous décidons à deux de la programmation éditoriale, mais en consultant amis ou spécialistes, comme Paolo Odorico de l’EHESS. En fait, nous avions d’abord envoyé nos textes à divers éditeurs qui, tout en nous remerciant pour l’attention que nous portions à leur travail, répondirent qu’ils n’entraient pas dans leur programmation. Nous nous en sommes donc occupés nous-mêmes, avec l’aide de nos entourages : grâce à une souscription auprès d’eux, nous avons pu sortir nos trois premiers livres en 2003 : L’Akrite, La Boucle de Bérénice et Les Almogavres.

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Comment choisissez-vous vos textes ?

CHL : Nous avons une curiosité éclectique pour explorer les cultures lointaines, pour en montrer l’étrangeté et en relativiser l’exotisme.

FO : A l’université, j’avais repéré un article de Paolo Odorico, en apparence assez anodin, mais qui en fait remettait en cause le consensus français sur des questions fondamentales de la littérature byzantine. Il avait déjà traduit L’Akrite en italien, personnage que beaucoup ramèneront au héros combattant le dragon et les amazones, en invoquant immédiatement les clichés habituels. Or sa lecture montre aussi une langue et une densité culturelle qui ne sont pas les nôtres. Nos textes ne sont ainsi ‘difficiles’ qu’à proportion de l’ouverture d’esprit du lecteur. Cette collaboration ayant été concluante, Odorico nous proposa d’autres textes, tel Le Voyage d’Occident de Nicandre de Corcyre (2004), quasiment inconnu mais qui a très bien marché : les 1000 exemplaires ont été quasiment épuisés en deux mois.

Cliquez pour accéder à la chroniqueCliquez pour accéder à la chroniqueLe fonds méditerranéen à la base de notre formation se traduit dans nos choix éditoriaux, mais notre ligne éditoriale n’est pas géographiquement limitée. C’est ainsi que découvrant par hasard la traduction d’Aristide Marre, nous avons contacté l’INALCO pour republier L’Histoire des Rois de Pasey, qui nous a ainsi ouverts au domaine indonésien. Mais il y aussi la Chine, l’Inde, le Japon, et les Amériques : nous n’avons pas l'intention de nous cantonner à la seule Méditerranée, d’autant que nombre de textes déjà traduits mériteraient une nouvelle traduction. Dans La Boucle de Bérénice, nous sommes partis de l’ambiguïté de traduire un poème sur la divinisation d’une boucle de cheveux qui nécessitait d’être annoté et commenté comme autant d’essais d’interprétation et de propositions de lectures. Après un premier jet, La Boucle de Bérénice a ainsi été retravaillée dans un va-et-vient permanent avec Laurent Calvié (l’auteur). Entre-temps, il y eut Les Codices du Merveilleux, texte sur lequel j’avais travaillé pendant ma thèse, mais que je ne voulais pas présenter comme une ‘byzantinerie’ mais au contraire comme un texte purement fantastique, allant de l’Antiquité à nous, en passant par le Moyen Age. Charles trouva ensuite le récit d’un flibustier : l’Histoire du Sieur de Montauban. Puis vint Cymbalum Mundi, texte important historiquement mais qui n’était plus disponible en français moderne : son histoire est elle-même intéressante, car il fut brûlé sans qu’on sache trop pourquoi, et si beaucoup d’aspects ont été éclaircis, on trouve encore de nouvelles clés de lecture à ce texte facétieux.

Quels sont vos plus proches collaborateurs ?

Cliquez pour accéder à la chroniqueNotre ami Laurent Calvié, philologue et érudit consommé, est le larron de l’équipe, passionné de littérature classique, surtout celle méconnue, mais de grande envergure. La Boucle de Bérénice fut son premier livre chez nous, suivi de Cymbalum Mundi et de Cyrano de Bergerac dans tous ses états. Laurent a sa manière d’aborder les textes, dont il double systématiquement la lecture par des perspectives historiques et interprétatives. C’est un des derniers philologues existant sur Terre : il prépare une thèse colossale depuis quinze ans sur le corpus des rythmiciens grecs, Aristoxène de Tarente et quelques autres, dont les recherches en France remontent aux premiers philologues des XVIe XVIIe siècles. Il a repris tout le dossier en s’éloignant du travail fait jusqu’à présent, considérant que la question de la reconstitution de la musique grecque ancienne ne devait plus se poser, car rigoureusement impossible, d’autant que les rythmiciens grecs travaillaient le rythme de la langue autant que le rythme d’un point de vue philosophique. En effet, dans leur acception du rythme esthétique, une statue a du rythme de la même façon qu’un verre a le sien : c’est donc plus exactement la théorie du rythme.

Cliquez pour accéder à la chroniqueCliquez pour accéder à la chronique CHL : Il y a de même l’anthropologue Alban Bensa : après son 1878, nous avons publié tous ses textes écrits depuis 1990 environ sur les questionnements épistémologiques, en un volume. La Fin de l’Exotisme traite ainsi de ce qui fonde l’observation du réel dans le compte-rendu anthropologique, avec une virulente mais amusante critique du structuralisme français. Comme d’autres, il s’interroge sur l’introduction du devenir dans sa discipline, sur les questions du temps et d’écriture en anthropologie, sur la place de l’ethnographe sur le terrain qui en fait n’est pas neutre dans sa manière de percevoir et consigner les renseignements qu’on lui communique. Le Temps et les Autres de Johannes Fabian est un classique mondial de l’anthropologie, paru en 1983 mais qui attendait d’être traduit, comme tant de textes à contre-courant de la pensée structuraliste française.
Il n’y a pas que des auteurs dans une maison d’édition. La qualité de la mise en valeur du texte passe par le soin porté à la mise en page, aux corrections typographiques, orthographiques et grammaticales. Pour cela il faut des personnes extrêmement compétentes. Qui soient capables de comprendre les textes afin de repérer d’éventuels contresens qui auraient échappé aux lectures précédentes.

FO : Ayant vécu dans les îles Loyauté à la fin des années 1970, j’ai été spécialement sensible au travail d’Alban Bensa, spécialiste de la Nouvelle-Calédonie. Il a même monté un groupe de laboratoires sous le nom de Genèse et Transformation des Mondes Sociaux, ce qui indique bien qu’il travaille sur le devenir. Mais nous avons d’autres collaborateurs dans d’autres domaines comme Jean-Marie Barberà qui traduit et surtout nous apporte de nombreux textes du siècle d’or de la littérature catalane.

Comment définiriez-vous la philosophie de la maison ?

CHL : La philosophie, c’est autre chose. Notre ligne de conduite consiste à ne travailler que les textes que nous aimons, peut-être en vivrons-nous à terme ; faire notre métier d’éditeur tel que nous l’entendons fait qu’à deux notre rythme maximum ne peut dépasser huit à dix ouvrages par an. Nous sommes donc à l’opposé de la voie actuelle que l’édition a généralement prise, et qui maximise la quantité au détriment de la qualité. Or nous privilégions la qualité aux dépens de la quantité, tout en prenant des dispositions pour toucher la totalité du lectorat possible. C’est à nous d’arriver à lui, et non l’inverse ; nous évitons les ouvrages doctes, partant du principe que les éditions critiques de nos textes auraient dû être faites depuis longtemps, et qui restent à faire pour la moitié de nos titres au moins.

FO : Nous essayons de nous donner à connaître en dehors de nos cercles, par des biais simples. Par exemple, nous sommes aussi diffusés dans les maisons de jeux de rôles, car par certains aspects ( littéraires, historiques ) plus ludiques que sérieux, nos ouvrages sont des sources inépuisables pour les maîtres de jeu. Il y a peut-être aussi une voie plus ambitieuse : le délabrement des humanités amorcé dans les années 1980 étant bien parti pour durer encore une génération au moins, nous avons proscrit les textes bilingues, car nous ne sommes pas dans la tradition de publication de textes classiques comme tels. Notre propos est de défendre d’autres cultures, dites classiques, de manière accessible et non pontifiante, car l’inverse a beaucoup fait pour éloigner le public des littératures antiques et médiévales. Nous espérons ainsi enrayer ce processus par lequel la littérature classique s’est refermée sur elle-même, en stimulant l’intérêt tout en garantissant le sérieux de nos éditions. C’est donc un travail de longue haleine, souvent invisible et inquantifiable, très consommateur en temps avant d’être entendu comme nous le désirons.

CHL : Mais l’expérience montre que beaucoup de gens qui avant n’exploraient pas ces domaines, parce qu’ils n’étaient pas accessibles, trouvent un véritable plaisir à découvrir ces textes. Le problème n’est pas ce qu’on nous répète à l’envie sur la médiocrité de la culture de masse qui correspondrait à un désir des gens, c’est l’unicité de l’offre. Pour pouvoir exercer sa curiosité, non seulement il faut avoir accès à un choix, mais il faut avoir appris à chercher.

Vous soignez le façonnage de vos livres. Quelle est votre charte graphique ?

FO : Voulant défendre des textes de fond, il fallait songer à la pérennité du livre comme objet, d’où des intérieurs cousus, couverture avec rabats en deux couleurs avec fond uni, et un pelliculage mat qui donne un côté soyeux. Le format semi-poche permet de tenir le livre dans la main et de publier des textes assez courts. L’ensemble est sensible et tactile, mais coûte 30% de plus.

Cliquez pour accéder à la chronique CHL : Et 50% plus cher par rapport à la grande édition, qui prend du mauvais papier et une impression médiocre, alors que ses forts tirages ont largement de quoi absorber le surcoût : la qualité n’est pas leur premier souci. Certaines paginations plus importantes rendent impossible l’édition en format classique, comme pour Tirant le Blanc et Chaka, c’est pourquoi nous avons également un second format, plus grand. La charte graphique est un peu différente pour nos deux nouvelles collections lancées en 2005 : Fiction pour les romans contemporains à raison d’un titre par an, et Essai pour les essais en anthropologie. Cette collection Essai n’est d’ailleurs pas exclusivement réservée à l’anthropologie : elle comportera progressivement d’autres sciences humaines et des essais plus épistémologiques.

Les imprimeurs alternent : on essaie d’établir un rapport de confiance quand c’est possible, mais parfois il peut y avoir de gros ratages. Comme avec Cyrano, dont papier et reliures sont médiocres. Il importe donc d’en avoir deux ou trois, pour toujours disposer d’une alternative en cas de pépin. Mais nous sommes généralement satisfaits du travail de nos imprimeurs.

Parlons donc finances. Vivez-vous de vos éditions ?
Et quel est le budget d’impression d’un titre ?

Je travaille à plein temps et Frantz à mi-temps, ce qui pose le problème de la pérennisation et de l’augmentation du catalogue. De plus, nous sommes fragiles et très dépendants de la conjoncture : un seul livre qui ne marche pas sur nos six titres annuels nous pénalise gravement. Le tirage moyen est de 1000 exemplaires, la moitié s’écoulant généralement dans l’année. Certains titres marchent mieux, d’autres moins. Paradoxalement les retirages nous mettent parfois en difficulté, selon un scénario récurrent : ne pouvant faire de gros tirages d’emblé, la première édition épuise pratiquement tous les recours en matière de subvention. La seconde édition coûte donc cher, et si les ventes ne suivent pas sur le deuxième tirage on est rapidement en difficulté de trésorerie.

Cliquez pour accéder à la chroniqueCliquez pour accéder à la chroniqueFin 2005, nos meilleures ventes étaient, dans l’ordre : Tirant le Blanc, Le Voyage d’Occident, Des Turcs, Saga de Hrolfr sans Terre et 1878. L’impression d’un livre revient autour de 2000~2500 €, mais le papier ivoire et le plus grand format de Thessalonique, Chronique d’une Ville prise double la mise à 5000 € HT, pour 1500 exemplaires. Et c’est sans compter le travail en amont, difficile à chiffrer puisque nous faisons tout nous-mêmes.
Le problème de base est que nous n’avons pas de trésorerie : nous sommes toujours sur le fil du rasoir, malgré les subventions de la Région, du CNL, d’instituts privés, et de toutes les fondations que nous sollicitons pour tous nos textes étrangers. Par exemple, nous n’aurions jamais pu publier Thessalonique (subventionnée à 90%), L’Akrite et Le Voyage d’Occident sans l’aide de la Fondation Onassis, qui promeut la culture grecque.

FO : Laquelle n’avait pas jusqu’alors vocation d’aider l’édition. À ma connaissance, L’Akrite est leur premier pas en ce sens, cela dans l’idée de promouvoir la culture greco-byzantine.

D’ailleurs, comment êtes-vous diffusés ?

FO : Nous n’avions pas de diffuseur au départ, et le premier a ensuite vite mis la clé sous la porte. Nous sommes depuis aux Belles Lettres, que j’avais sollicité en lançant nos trois premiers livres. Ils les avaient trouvés intéressants, mais ils ne prenaient alors plus aucun éditeur. Ce n’est qu’après la faillite de notre premier diffuseur qu’ils nous ont accueillis en 2005.

CHL : Ils ont bonne réputation, et les libraires leur font confiance. Pour nos éditions Anacharsis peu connues alors, l’estampille Belles Lettres était un gage de sérieux, spécialement dans le domaine des sciences humaines. L’équipe de représentants est efficace, chacun a son domaine de compétence - littérature, poésie, philosophie ou histoire – et le plus compétent dans le domaine concerné éclaire ses confrères sur plusieurs points… Autre avantage, la taille humaine de leur entreprise fait que nos livres passent moins inaperçus.
C’est à Paris que nous sommes le plus vendus, de l’ordre de 50%, ce qui est surreprésenté par rapport à la population. Viennent ensuite des librairies à Toulouse et à Marseille avec qui nous avons tissé de bonnes relations. Nous ne sommes donc pas des éditeurs régionalistes.

Etes-vous suffisamment présents en librairie ?

CHL : Non, c’est sûr. Les libraires sont pris dans le jeu des flux financiers : leur survie est dans la maximisation du chiffre d’affaire quel que soit le produit, surtout ceux dont les gens ont entendu parler. Mais c’est à moyen terme suicidaire : ces livres-là sont aussi proposés dans n’importe quel supermarché, si bien que le libraire ne présente en ce cas plus aucune valeur ajoutée, il perd ainsi son rôle de prescripteur. Certains font leur vrai métier de libraire : proposer un bon choix et susciter la curiosité de la clientèle en lui proposant de découvrir de nouvelles lectures. On observe que notamment les nouveaux libraires ont pris conscience de cette nouvelle donne. Sans eux nous ne serions pas suffisamment présents en librairie. C’est le libraire qui fait la librairie, et c’est l’occasion de rencontrer des gens extraordinaires qui deviennent parfois des amis.

FO : Parfois, un simple titre en vitrine stimule les ventes. Je l’ai constaté à la librairie Compagnie, qui a ainsi vendu dix Thessalonique en moins d’un mois. Cela souligne combien un livre visible est vu, consultable et appréciable comme tout autre. C’est le simple contraire du réflexe aberrant de nous mettre systématiquement dans les rayons des littératures ‘exigeantes’, au fond du magasin quelque part sous une étagère croulante.

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Un mot sur vos autres titres ?

Cliquez pour accéder à la chroniqueCliquez pour accéder à la chronique FO : Après une première saga légendaire, Hrolfr sans terre, vint celle de Ragnarr aux braies velues : elle mobilise toute l’éthique viking dans un contexte magique où Ragnarr épouse la fille de Siegfried et de Brunhilde. Le point d’orgue est atteint quand, précipité par un ennemi dans une fosse aux serpents, Ragnarr meurt en déclamant un chant funèbre, un poème scaldique d’une trentaine de strophes qui évoque toute l’histoire de ses batailles et toute l’expansion viking en Europe, de la Baltique jusqu’à Rome. On retrouve cette idée du héros qui parcourt de vastes contrées dans Jacob Shalabin, roman catalan à la frontière entre Musulmans et Byzantins. Ensuite, Tirant le Blanc est un texte immense qu’on ne finit jamais d’explorer, comme il en existe peu. On peut le lire sur différents registres tant il traite de la vie par toutes les ficelles de la littérature.

Cliquez pour accéder à la chronique CHL : Oui, c’est un monument. Ce texte est considéré partout comme un chef-d’œuvre de la littérature universelle, certains y voient même le premier roman vraiment construit, avec tous les genres de la littérature européenne : épopée, roman historique, roman d’aventures… Les Almogavres , dont j’ai fait la postface pour l’avoir travaillé pendant mes études, a des liens organiques avec Tirant, dont le personnage est inspiré du Roger de Flore, le chef de bande mercenaire dans les Almogavres… Il y a aussi Les Naufragés qui raconte l’histoire d’une nef vénitienne qui s’abîme en 1431, au large des îles Lofoten en Norvège, avec une étonnante description des souffrances endurées à travers deux textes différents.

FO : Les Codices du Merveilleux fut un travail d’édition ludique, d’autant que Photios ne s’est jamais appelé Michel. Mais ces quatre textes sont à l’origine de toute une mythologie sur les monstres des contrées éloignées, orientales et septentrionales. J’estime que ces récits merveilleux sont nés avec ces textes, qui furent écrits entre le Ve siècle avant notre ère et le IInd siècle après. Je voulais proposer au lecteur d’entrer dans le voyage, tout en considérant la distance entre élaboration et récriture de ces textes, car aucun n’est un original : ce sont des paraphrases de fiches de lecture établies par Photios, sommité intellectuelle de son époque. C’est aussi un petit livre qui peut développer l’imaginaire et alimenter le désir du merveilleux dans des lointains, à partir de la bibliothèque de Photios, un monument de l’érudition médiévale. C’était aussi prendre le contre-pied de l’érudition chez Photios et chez les Grecs anciens, mythographes et menteurs éhontés, comme contre-pied à l’érudition actuelle qui aurait défendu une édition critique en bilingue, avec toutes sortes de gloses sur ce qu’il croyait ou ne croyait pas, etc. Je soupçonne Photios de les avoir lus avec le même émerveillement que nous, bien qu’il s’en défende… Le dernier texte, le Voyage d’au-delà de Thulé ( cf. aussi Pytheas ) est le résumé d’un roman disparu, datant du IInd siècle mais dont il ne reste guère que dix pages : il raconte les trajets de plusieurs couples qui à force d’errer dans l’Antiquité se retrouvent aux abords de la Lune, avec des histoires de magiciens. C’est sans doute le premier roman fantastique qui nous soit parvenu, et qui présente des parentés avec le Voyage dans la Lune de Lucien de Samosate, avec Jules Verne, et même Bram Stocker puisqu’il y a des morts-vivants, qui ont deux dates de mort et de naissance…



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[12]   Nos SPECIALITES > EDITION > Editeurs   
 
  JUUL Susanne - Directrice des Editions Gaïa (I)   Editeurs 
17 : 10.III.05
JUUL Susanne :
Directrice des Editions Gaïa (I)
 

Entretien. Fondées en 1992, les Editions Gaïa ont rapidement occupé une niche du paysage éditorial français. Spécialisées en littérature nordique avec un succès croissant, elles comptent d'excellents titres dans d'autres domaines et une incursion croissante dans le polar du nord. »»»

 
  BELLEMARE Gaston - Ecrits des Forges (Québec)   Editeurs 
5 : 01.VIII.04
BELLEMARE Gaston :
Ecrits des Forges (Québec)
 

Entretien du fondateur des éditions Ecrits des Forges ( un franc succès éditorial international ) et du Festival International de Poésie à Trois-Rivières au Québec. Gaston Bellemare détaille son activité et sa vision de l'édition en poésie. »»»

 
 
CHANDEIGNE Michel - Co-fondateur des Editions Chandeigne DEMARTIS David - Directeur des Editions du Murmure DEL RIO DONOSO Luis - Directeur des Editions La Porte AIMÉ Gérard - Directeur des Editions Alternatives RENOU-NATIVEL Corinne - Jean Daniel, 50 ans de journalisme DUBOST Louis - Lettre d'un Editeur de Poésie
 
 
[10]   THEMATIQUES > MEDIA > Edition   
 
  NEYME Jacques - Directeur des Editions Encre Marine   Editeurs 
12 : 20.XI.04
NEYME Jacques :
Directeur des Editions Encre Marine
 

Entretien. Qui n'a pas repéré la qualité des textes et celle du façonnage de cet éditeur éclectique voué à la philosophie et à la poésie ? Rencontre avec les deux Jacques, le fondateur et le collègue, et immersion dans la passion éditoriale acquise aux legs du bel esprit… »»»

 
  CHANDEIGNE Michel - Co-fondateur des Editions Chandeigne   Editeurs 
30 : 09.XI.06
CHANDEIGNE Michel :
Co-fondateur des Editions Chandeigne
 

Entretien. Jadis biologiste puis traducteur ( Gallimard, La Différence, Bourgois, etc. ), Michel Chandeigne promeut la civilisation lusophone avec la Librairie Portugaise et ses éditions dont la Magellane, superbe collection, est le vaisseau amiral dédié aux relations de voyages historiques. »»»

 
 
DEL RIO DONOSO Luis - Directeur des Editions La Porte BELLEMARE Gaston - Ecrits des Forges (Québec) JUUL Susanne - Directrice des Editions Gaïa (I) GAILLARD Roger - COSE-CALCRE : Comité des Auteurs en Lutte Contre le Racket de l'Edition DEMARTIS David - Directeur des Editions du Murmure AIMÉ Gérard - Directeur des Editions Alternatives
 
 
[16]   MONDE SYNOPTIQUE > FRANCE > Edition   
 
  Rédaction ArtsLivres - Les Salons d’ArtsLivres  Salons 
34 : 01.VI.07
Rédaction ArtsLivres :
Les Salons d’ArtsLivres
 

‘On publie trop de livres’ dit Umberto Eco : la majorité, sans intérêt en effet, décourage le public qui, floué, se détourne de la lecture. Pire, les meilleurs titres passent inaperçus. ArtsLivres.com fut lancé pour identifier et défendre les titres de qualité, sur Internet et dans les salons. »»»

 
  GIMENO-PONS Vincent - Marché de la Poésie – Entretien N°2   Edition 
49 : 01.VI.13
GIMENO-PONS Vincent :
Marché de la Poésie – Entretien N°2
 

Entretien N°2. Huit ans après notre entretien de 2005 avec le commissaire du Marché de la Poésie ( officieusement le premier salon en France de l’édition indépendante tous genres confondus ), retour sur les 31 années de cet événements emblématique. »»»

 
 
CESSE Philippe - Comment gagner un Prix littéraire en 40 Leçons : le Manuel des Auteurs Juniors ! JUUL Susanne - Directrice des Editions Gaïa (I) DURDILLY Hélène - Directrice de la revue Rehauts CESSE Philippe - Du roman comptant pour rien, ou le roman contemporain jetable ? DIONISI Dominique - 3e Salon de l'Autre Livre NEYME Jacques - Directeur des Editions Encre Marine
 
 

     
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