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 | HADDAD Hubert | | Palestine | | | [16] Zulma
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155 pages - 15,50 € ISBN 13: 978-2-84304-421-2
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| Texte | Iconographie | Pertinence | Objet | Informatif/Intéressant
Pagination > 450 p.
Historicisant
Universitaire
Appareil critique
| Cartes
Dessins / Croquis
Photos / Reproductions
Quadrichromie
Griffe originale
| Concision
Cohérence
Esprit / Génie
Pluridisciplinaire
Sujet original
| Cartonné / Relié
Grand format
Papier spécial
Maquette / Typographie
Autres / Cachet
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Palestine ou l’histoire d’un soldat israélien plongé dans la réalité palestinienne des territoires occupés. Hubert Haddad, un auteur qui plonge son crayon dans l’encre noire de la guerre en Terre sainte. Quand la littérature dévoile la vérité et se place d’un seul côté : celui de la vie. Pour le lecteur occidental, le conflit israëlo-palestinien n’est souvent que cartes géographiques, déclarations de dirigeants, résolutions de l’ONU et images télévisées d’affrontements incessants. Pour la population de Terre Sainte, elle est sang, sueur, larmes et familles décimées. Dans Palestine, roman captivant de vérité et de sincérité, Hubert Haddad suit un soldat israélien, Cham, pris en otage par un commando palestinien après l’attaque d’une patrouille près d’Hébron. Laissé pour mort, Cham se réveille dans la maison de la vieille aveugle Asmahane et de sa fille Falastìn, seules femmes d’une famille palestinienne privée du père, militant pour la démocratie assassiné, et du frère disparu Nessim, à qui ressemble tant le soldat Cham. De cette troublante ressemblance, l’auteur a fait un hymne à l’humanité : le juif Cham devient progressivement le palestinien Nessim, protégé comme tel par les deux femmes qui l’hébergent, accepté comme tel par des groupes terroristes qu’il intègre.
De l’autre côté du miroir
Comme dans La culture de l’hystérie n’est pas une spécialité horticole (2004), Hubert Haddad s’inspire d’un fait d’actualité pour débuter son roman, en l’occurrence la condamnation de Michaël Blanc pour trafic de drogue ; Palestine a puisé dans la prise d’otage du soldat Shalit. Et comme dans La double conversion d’Al-Mostancir (2003), il fait opérer à son personnage principal un changement d’identité : Saint Louis converti en mystique musulman dans le premier roman, un soldat israélien si gagné par la cause palestinienne qu’il envisage le pire acte terroriste dans Palestine.
En ce sens, l’auteur poursuit sa réflexion sur l’humanité et montre, par un changement d’identité, qu’avant d’appartenir à une communauté, chacun est d’abord un être humain à la recherche de son identité : le « connais-toi toi-même » que Socrate avait repris de l’Oracle de Delphes. De même, « qui est-on, sans miroir ? (p.29) » écrit Hubert Haddad, et « va vers toi-même (p.97) » se dit le soldat Cham. Voilà peut-être pourquoi il est précisé que l’auteur « n’a rien oublié de ses origines judéo-berbères ». Au-delà des déterminismes communautaires, quand un juif parle d’Adam et Eve, l’appel du muezzin retentit chez Hubert Haddad.
Aimer et vivre en temps de guerre
Il est aussi poignant de lire comment la frêle et anorexique Falastìn soigne et se rapproche du soldat Cham. Car, loin de signer un roman à thèse, voici décrit le quotidien du conflit israëlo-palestinien, avec ses tentatives de vie normale, son lot de brimades quotidiennes infligées par des soldats israéliens, la désespérance de terroristes arabes aveuglés par leur lutte jusqu’à ne voir que le sacrifice comme issue mais aussi le soldat Mazeltof qui veut remettre ses grades car trop d’enfants sont tués dans le conflit. Et la destruction de la maison de la vieille Asmahane devient la métaphore de ces vies décimées par une guerre fratricide menée au nom d’un seul Dieu.
Ce roman donne à lire l’histoire d’êtres de chair, d’os et d’esprit, pris dans un conflit déshumanisé. Son style est moins baroque que celui des précédents romans de l’auteur, peut-être marqué par le sujet traité. Il n’en propose pas moins des descriptions inspirées d’une terre où « les champs d’oliviers ont un tremblement argenté évoquant une source répandue à l’infini ». Hubert Haddad signe ici un livre au parfum de vérité. Olivier Stroh © 2004-2007 - Les Beaux Esprits Se Rencontrent (LBESR) : Archivé édition N°35 : 26.IX.07 * * *
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