|
|
 | NODIER Charles | | Infernaliana | | | [5] A Rebours
| |
174 pages - 17 € ISBN 10: 2-915114-07-02
| |
| Texte | Iconographie | Pertinence | Objet | Informatif/Intéressant
Pagination > 450 p.
Historicisant
Universitaire
Appareil critique
| Cartes
Dessins / Croquis
Photos / Reproductions
Quadrichromie
Griffe originale
| Concision
Cohérence
Esprit / Génie
Pluridisciplinaire
Sujet original
| Cartonné / Relié
Grand format
Papier spécial
Maquette / Typographie
Autres / Cachet
|
Diable ! Voici de quoi allécher les fans de vampires, spectres, revenants, démons et autres diablotins, tout en redécouvrant l’écrivain de nouvelles que fut Charles Nodier (1780–1844), lui-même grand amateur d’histoires surnaturelles. Recueil très soigné, préfacé par Hubert Juin. « Et puis, il faudrait bien, après tout, que le fantastique nous revînt, quelque efforts qu’on fasse pour le proscrire. Ce qu’on déracine le plus difficilement chez un peuple, ce ne sont pas les fictions qui le conservent : ce sont les mensonges qui l’amusent (p.7) » - Charles NODIER
Infernaliana est un recueil d’une petite quarantaine de nouvelles ( certaines improprement appelées « roman court » ) portant sur des êtres surnaturels généralement maléfiques, dont le périple termine le plus souvent par la mort. Parfois, c’est le spectre d’un personnage assassiné qui revient hanter l’auteur du crime, ou à l’inverse, celui qui le vengera de la vilénie. La quinzaine de pages de la préface donne quelques éléments biographiques et une intéressante discussion sur les raisons, pour et contre, la paternité de Nodier pour ces textes. Cela importe, car ces textes sont inégaux, en longueur comme en qualité, certains sont travaillés, d’autres semblent consigner un fait rapporté d’ailleurs. C’est ainsi que des contes d’une page ou moins, factuels et presque arides, côtoient de véritables perles, rehaussées par une belle mise en page imprimée sur papier ivoire de bel effet.
La préface a aussi le mérite de replacer la genèse de ce recueil en contexte, tant les histoires de vampires faisaient florès du temps de Nodier depuis un bon siècle: « les vampires ne furent guère connus que vers le dix-huitième siècle. La Valachie, la Hongrie, la Pologne, la Russie, furent leur berceau. Voltaire, dans son Dictionnaire philosophique, nous dit : ‘On n’entendit parler que de vampires depuis 1730 jusqu’en 1735 ; on les guetta, on leur arracha le cœur, on les brûla : ils ressemblaient aux anciens martyrs ; plus on en brûlait, plus il s’en trouvait’ ». A ces chasses de sorcières, vampirisées au sens second, s’ajoute la coutume de guillotiner ( sans user de l’appareil du docteur Guillotin ), de perpétrer les crimes à minuit l’heure du crime, et surtout celle popularisée au XXe siècle par le mythe de Dracula : occire un vampire on lui clouant un pieu au cœur, panacée récurrente chez Nodier, et par conséquent connue dès le début du XIXe siècle.
Diverses et variées, ces nouvelles abordent toute une panoplie de forfaitures et de conduites plus ou moins extraordinaires, alors bien dans l’air du temps. Le diable lui-même est de la partie, et joue au succube en une occasion, qui montre les talents de narration de Nodier : « Orlandine n’était plus dans ses bras… Il ne vit à sa place qu’un horrible assemblage de formes hideuses et inconnues… ‘Je ne suis pas Orlandine, dit le monstre, d’une voix formidable, je suis Belzébut !...’ Thibaud voulut prononcer le nom de Jésus. Mais le diable, qui le devine, lui saisit la gorge avec les dents, et l’empêcha de prononcer ce nom sacré (p.90) ».
Ailleurs, Caroline est une nouvelle d’une jeune fille hautaine, dédaignant sans manières les avances d’un soupirant d’âge déjà avancé. Si sa réserve est aisément compréhensible, sa froideur insolente aura la monnaie de sa pièce, l’esprit du mourant se vengent en venant la hanter de sa seule présence chaque nuit pendant un temps équivalent à son martyre terrestre : « les deux amies partirent enfin. Le mourant, voyant entrer Caroline, fit un dernier effort, et prenant la parole, d’une voix éteinte. ‘Il n’est plus temps, Mademoiselle, dit-il, vous m’avez refusé avec barbarie le bonheur de vous voir, quand je vous en ai fait prier ; et je ne désirais que vous pardonner ma mort. Souvenez-vous seulement que vous avez mis trois ans à me conduire douloureusement au tombeau… Adieu, mademoiselle… A cette nuit (p.98) »… Nicolas VAILLANT © 2004-2007 - Les Beaux Esprits Se Rencontrent (LBESR) : Archivé édition N°40 : 01.VII.10 * * *
|
|
|