N° 49
 
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[74] EDITION > [13] Editeurs
[150] FRANCE > [17] Edition
NEYME Jacques - Directeur des Editions Encre Marine
Directeur des Editions Encre Marine
Jacques NEYME
 
 

Entretien. Qui n'a pas repéré la qualité des textes et celle du façonnage de cet éditeur éclectique voué à la philosophie et à la poésie ? Rencontre avec les deux Jacques, le fondateur et le collègue, et immersion dans la passion éditoriale acquise aux legs du bel esprit…

 

Entretien régulièrement mis à jour avec les couvertures des nouveaux titres chroniqués :
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ArtsLivres : Dans quels buts avez-vous fondé votre maison d’édition ?

Jacques NEYME : Depuis plusieurs années, je me désolais de ce que l’édition de philosophie n’avait le support qu’elle méritait. J’ai donc tenté de donner lui un véritable support, qui mette fond et forme en consonance, et montre que typographie, papier et marges pouvaient changer l’accès au texte et le rendre plus réjouissant…

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Avec ce souci permanent, j’ai choisi une encre bleu marine, un papier de qualité et les pages non rognées : quand j’étais jeune, les livres devaient être tranchés et c’est ce plaisir du coupe-papier que j’ai voulu retrouver ! Je dois notre logo à un ami, Michel Denis, logo dont je voulais qu’il symbolise la rencontre des contraires, puisqu’au début en effet j’avais idée de nous appeler Coincidentia Oppositorum… Mais mes amis m’ont fait remarquer que monter une maison d’édition était une entreprise suffisamment ardue pour la compliquer davantage avec un nom abscons ! Aussi avons-nous opté pour les vagues : les contraires peuvent toujours se rencontrer à Encre Marine

Outre la philosophie, vous publiez aussi dans d’autres disciplines…

Oui, quelques textes poétiques et essais littéraires. En tant que professeur de philo, j’ai été marqué par ma rencontre des pré-socratiques, époque où poésie et philosophie étaient intimement mêlées, quand le logos était encore poétique, avant que n’apparaisse le champ dur du concept et plus tard le carcan universitaire, imposé… D’une certaine manière, je me sens aussi proche de Pyrrhon, de Montaigne surtout, et aussi de toute la tradition matérialiste d’Épicure, Lucrèce, les matérialistes du XVIIIe siècle, peut-être parce que je n’éprouve pas de sentiment religieux ou que je n’ai guère le sens du sacré. Pour reprendre la distinction que fait Aristote, je me sens plus proche des amis de la terre que des amis du ciel

Cliquez pour accéder à la chroniqueCliquez pour accéder à la chroniqueMais comme je lis aussi d’autres auteurs avec respect, nous publions aussi des textes rares en poésie, qui à mon avis complètent nos textes de philosophie, avec des échos et résonances possibles entre eux. Par exemple, il peut y avoir une approche du plaisir ou de la jouissance que les philosophes nomment d’une certaine manière et que le poète François Solesmes célèbre à sa façon dans ses Murmures de l’Amour ou Marées

Quelle est la philosophie de la maison ?

Un même mot caractérise tous les éditeurs : le livre… Mais tous n’y entendent pas la même chose. Un ensemble de feuilles reliées sur la tranche avec une couverture s’appelle un livre : le catalogue de la Redoute est donc aussi un livre. Or notre projet est complètement différent : la petite édition n’a pas la rentabilité comme souci premier, c’est certain. Il faut y songer, certes, mais j’ignore comment y parvenir. Si je n’avait pas mon salaire d’enseignant, je ne pourrais continuer !

Je suis donc un ‘résistant de l’édition’, et c’est miracle que de continuer à exister, car ce qui devrait toujours motiver la publication d’un livre n’est pas son succès éventuel, mais sa qualité. Toute la différence est là : s’il n’y a rien à publier, on ne publie pas, et tant pis s’il n’y a pas de rentrée littéraire à faire. Mais si on sent que deux livres valent la peine d’être publiés, on les publie !

Jacques FAUCONNET : Il y a autre chose qui me semble importante : il n’y a pas un auteur que tu n’aies pas conseillé, orienté et enfin encouragé à reprendre son livre…

Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage…

Jacques NEYME : Mais c’est ça, le travail de l’édition ! La veille de cette interview, nous avions travaillé quelques heures avec un auteur : il en était ravi ! Et même lorsque je réédite un texte comme l’Essai sur Epictète de Colardeau publié en 1801, on le revisite, on en retraduit le latin et le grec ( en l’espèce par Jean-Baptiste Gourinat ) pour offrir un meilleur accès au plus grand nombre, et on le fait préfacer ( ici par Pierre Hadot ). Bref, on lui donne une vie nouvelle !

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Car il y a des éditeurs, José Corti par exemple, qui, eux, font un vrai travail d’édition ! Et s’ils ont eu de grandes plumes, c’est qu’ils le méritaient ! L’éditeur est là pour donner l’occasion à l’auteur de s’affronter lui-même, car l’auteur, dans sa solitude, n’a pas cette chance, alors modestement l’éditeur tente de lui renvoyer la balle… Ce n’est pas par jalousie, parce qu’on serait un écrivain raté, qu’on édite : l’éditeur est celui qui aide à mener à maturité un enfant qui en a encore besoin. Après, par provocation, je dirais qu’on le mènera sur les fonts baptismaux ! ! !…

Par exemple, il faut lire chez José Corti Claude Louis-Combet : extraordinaire ! Après, vous pourrez mourir tranquille… Honnêtement, je crois qu’il est un des plus grands écrivains contemporains, et Dieu sait si j’aime ce qu’écrit Solesmes ! Mais là, c’est un autre grand talent, à un niveau fabuleux ! Au point que tous ses livres me donnent le frisson : Blesse, Ronce noire sur Georg Trakl, une histoire d’inceste et une écriture comme on n’en fait plus ! Absolument bouleversant ! Cet écrivain extraordinaire m’a envoyé son dernier livre, un opuscule sur la solitude, D’île et de Mémoire : un bijou ! Je suis jaloux !

Cliquez pour accéder à la chronique Comment votre propre aventure commença-t-elle ?

J’avais la chance de connaître une femme extraordinaire de ma région, Violette Maurice qui, déportée à dix-huit ans en camp de concentration, avait à son retour écrit N.N. Nacht und Nebel, texte alors diffusé confidentiellement. Comme je l’appréciais, je l’ai montré à son insu au philosophe Marcel Conche qui, s’enthousiasmant pour ce texte extraordinaire, se chargea de la présentation ! Nous avons depuis publié d’elle Incandescence.

Cliquez pour accéder à la chroniqueEt m’apercevant qu’en désactivant les systèmes automatiques des logiciels, on peut pratiquement faire de la typographie avec un simple l’ordinateur ! Aussi, là où je rêvais d’acheter une presse à bras, j’ai trouvé un instrument performant, à condition de ne pas se laisser mener par la machine. On s’est donc lancé avec ce texte, sans savoir que nous compterions aujourd’hui quelque 90 titres. Ce livre d’ailleurs retint l’attention, et je remercie encore René de Ceccatty d’en avoir parlé au Monde quand Encre Marine n’était encore rien du tout et n’avait même pas d’exemplaires de presse, juste des photocopies…

Ce qu’il y a de fabuleux, c’est qu’en quelques années je me suis lié d’amitié avec la plupart de nos auteurs et, modestement, Encre Marine ressemble un peu à un jardin d’Épicure. On s’y sent pas mal… Mais entre le jardin d’Épicure et le commerce, il y a un fossé immense ! Heureusement, notre rythme de parution augmente, six à sept titres par an actuellement. Pour notre programmation, on travaille avec deux ans d’avance.

Justement : quelle est votre politique éditoriale ?

Ce qu’on en ressent…
Certes, on peut me reprocher de ne publier que des auteurs connus, et nous avons une belle brochette qui nous a parfois préférés aux grandes maisons spécialisées en philosophie, mais cela tient aux contraintes financières. En effet, je n’ai aucun fond financier solide, et je ne peux lancer quelqu’un qu'en courbant l’échine trois ou quatre ans durant. J’ai ainsi lancé quelques auteurs inconnus comme Claude Monserrat-Cals, avec son extraordinaire Cette Lumière sur la mystique iranienne autour de la lumière… Faute d’argent, j’ai attendu quatre ans pour le publier. Mais quatre ans après, toujours avec peu de moyens, je l’ai quand même publié tant j’en avais envie !

Or n’étant pas connu, ce fut un échec commercial, alors que c’est un texte fabuleux ! Si Henry Corbin avait été là, il l’aurait défendu ! Je ne peux donc trop me permettre de tels paris, surtout quand même les auteurs ‘connus’ se vendent peu : nos livres coûtent cher en fabrication, mes marges sont dérisoires car je veux respecter le public et offrir au plus grand nombre de beaux ouvrages à des prix abordables. Enfin, nos tirages sont restreints faute d’une aisance financière qui me permettrait de les augmenter.

Combien êtes-vous dans la maison ?

Officiellement ?
Un ! Tout seul !
Mais officieusement, j’ai quelques amis, comme mon comparse Jacques Fauconnet, ici-présent : ils font cet indispensable travail de relecture et de vérification des coquilles. Nous travaillons actuellement sur un texte du XVIIe siècle, d’un jésuite un peu pervers, Garasse, qui assassinait les libertins ou les traînait dans la boue. Pour ce texte de 1000 pages, c’est Jacques qui s’est chargé d’en récupérer l’édition originale en latin afin d’établir un index pour améliorer la compréhension de certains mots anciens. Ces amis travaillent dans l’ombre, mais leur travail est irremplaçable…

Jacques FAUCONNET : C’est qu’on ne travaille pas : on prend du plaisir ! Cela dit, je fais un travail de relecture, et parfois de recherche. C’est un grand privilège d’être le premier à découvrir les textes que Jacques a retenus : c’est pour moi une espèce d’aventure dans les mots. Je baigne dans la littérature depuis longtemps et je suis heureux d’être dans cette construction-là.

Jacques NEYME : Oui, et moi aussi : notre travail est avant tout du plaisir. En un mot, voici notre théorie : nous sommes toujours en vacances, mot dérivant de vaquer ( vacuité ) et nous vaquons toujours à quelque chose qui nous plaît ! Lorsque j’enseigne, je suis en vacances ; quand je fais de l’édition, je suis en vacances ! Nous sommes donc bien toujours en vacances : n’est-ce pas merveilleux ?!

Oui, et c’est contagieux. Quel est votre parcours à tous deux ?

Jacques NEYME : Je suis professeur de philo à Saint-Etienne, en Terminale : quinze heures de cours par semaine que je prends beaucoup de plaisir à enseigner, ce qui me permet aussi de gagner l’argent pour assurer le quotidien, puisque Encre Marine est hélas encore en déficit et ne rapporte pas un centime !

Jacques FAUCONNET : J’ai été prof de lettres, et j'ai pris bien du bon temps à enseigner. Je me suis aussi beaucoup investi dans le théâtre, amenant nombre d’élèves à le découvrir. Actuellement, outre le petit coup de main à Jacques, je ‘vaque’ dans des associations culturelles : groupe de lecture et sa Fête des lecteurs, cinéma art et essai et théâtre bien entendu.

Décrivez-nous le façonnage d’un de vos Poche…

Un Poche est un livre qui entre dans la poche, et non un ‘poche-jetable’ ! Il faut qu’il soit beau, solide, jouissif au toucher et qu’il reste dans un prix abordable. Or son évolution m’attristait au point que j’en ai refondu le concept pour proposer une alternative de qualité, autour des 10€ ! Il est imprimé à l’encre bleu marine sur du papier bible de qualité ( meilleur que celui de la Pléiade ) pour éviter la transparence… Mais il coûte un peu plus cher car 20g de grammage en plus pour des tirages modestes. Il est ensuite relié, les cahiers sont cousus en une reliure Integra souple, qui ne casse pas, avec un signet en toile et un tranche-fil bleu marine

Cela en fait un petit livre raffiné. Il ne ressemble pas aux Poches courants, dont la fabrication est certainement de trois ou quatre fois moins chère, mais il rentre dans la poche : on peut toujours l’avoir sur soi et le travailler sur ses belles marges, contrairement aux Pléiade encore une fois qui n’ont ni marges ni aérations. Après les coûts de fabrication et distribution, il ne me reste que quelques centimes dérisoires… En fait, le livre de poche de n’importe quel éditeur pourrait être de qualité, à prix modeste vu les tirages qu’ils font. Si je tirais les miens à quinze ou vingt mille exemplaires, je les vendrais non pas à 10€ mais à 5€, et je gagnerais ma vie ! Je ne comprends donc pas pourquoi les livres de poche sont aussi chers, surtout que lorsqu’on les lit une fois, ils se cassent souvent en deux ! On devrait les appeler Livres Jetables.

Jacques FAUCONNET : Il est important d’insister sur le fait qu’en effet tu voulais faire des livres de qualité, dans le contenu comme dans le façonnage, et à la portée du plus grand nombre. Dans cela, il y a aussi un choix politique…


Jacques NEYME : Oui, la beauté pour tous et non plus réservée à une élite…
J’aime bien aller à la librairie Gallimard, rue Raspail, car ils ont des tirages de tête : les feuilleter m’amuse car leurs tirages de tête sont publiés sur mon papier courant… Alors que mes propres tirages de tête, c’est quand même autre chose !

Vous avez aussi et surtout des formats plus grands…

Oui. Outre les grands formats reliés comme les poches, certains comme la série des Dōgen sont brochés, avec les pages rempliées. Le papier est celui que la tradition réservait aux exemplaires de tête : en général, du Rives 120g, filigrané, sous couverture avec quatre volets rempliées, un grand rabat et de belles marges tournantes de sorte que, la marge tournant dans le sens des aiguilles d’une montre, on puisse positionner les doigts de chaque côté du livre sans masquer le texte…

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Le dernier, Inmo ( ça ), est notre quatrième titre de Dōgen, toujours avec des calligraphies originales. Le traducteur est Charles Vacher, un Français travaillant au Japon et menant une double vie, de financier le jour et de traducteur de Dōgen le soir. Pour la petite histoire, il ne faut surtout pas mettre un trait long sur le o, car avec un ō long le titre signifierait poil pubien en argot japonais : les grosses plaisanteries vont donc bon train, du style comment je pourrais jouer sur le jeu de mots ou agrémenter la couverture pour en doper les ventes…

Cliquez pour accéder à la chroniqueCes livres reviennent très cher, car ils sont entièrement faits main : cousu à la main, plié à la main, et calligraphié. Un calligraphe au Japon trace les kanji dans une calligraphie originale, d’après celles qu’il trouve dans les temples et dont on reproduit les kanji typographiques pour éclairer le texte. Il faut ensuite effectivement plier le papier pour une plus grande visibilité, ce qu’on ne peut toujours faire. Par exemple, Bussho dépassant les 500 pages, doubler le papier en aurait fait un livre trop épais. Or doubler le papier d’un côté pose un sérieux problème : on n’a plus la même épaisseur entre le dos et le côté opposé, si bien qu’on est obligé de le doubler dans la couture par une épaisseur de papier cachée, identique à celle du rabat.

Cliquez pour accéder à la chroniqueCliquez pour accéder à la chroniqueDe même, le Murmures de l’Amour de François Solesmes a été broché et non rogné. En outre, Solesmes fait l’objet de tirages de tête ( une douzaine d’exemplaires sur papier Arches 160g, ce qu’on ne peut faire en format relié. Nous brochons les titres qui comptent un nombre de pages réduit, mais nous les relions s’ils dépassent 300 pages. Ainsi, nos livres de philosophie sont désormais presque tous reliés en grand format, comme le très beau Au commencement était la Faim de Jérôme Thélot, sous-titré Traité de l’intraitable, est un texte sublime où littérature, où poésie et philosophie se répondent.

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Cliquez pour accéder à la chroniqueNous avons aussi une collection à part, reliée elle aussi, une bibliothèque hédoniste avec Michel Onfray qui bénéficie d’une maquette et d’une couverture différentes : Erasme, Lorenzo Valla, Cyrano de Bergerac ont déjà paru dans cette collection. L’Hexameron rustique du très ‘polisson’ philosophe sceptique du XVIIe siècle, La Mothe Le Vayer, est un texte réjouissant qui expose par exemple les préoccupations des théologiens, tel Saint-Augustin préoccupé entre autres par comment vérifier la virginité d’une jeune fille sans perforer l’hymen du doigt…

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Comment vous est venue l’idée d’imprimer en bleu marine et avec ces caractères qu’on ne trouve nulle part ailleurs ?

On va tout vous dire ! Pour le bleu marine, je ne sais pas, j’aimais la couleur, d’où notre nom. Car enfin, pourquoi toujours du noir ? On a trouvé un bleu marine profond et dense, qui favorise la lecture autant qu’un rapport lumineux sur la page. Ce n’était donc pas l’originalité pour l’originalité.

Quant à la typographie, j’utilise tout simplement le Garamond d’origine, avec ses lettres ligaturées et sa petite police Expert pour les quelques lettres ornées : des e ouvrant qui ne sont pas totalement muets et laissent l’œil glisser… Dans le fi, le point du i passe dans la courbure du f où il se confond sans vraiment disparaître : c’est une petite coquetterie, et une certaine jouissance pour l’œil… Ce n’est donc pas le Garamond livré sur les ordinateurs et imprimantes,ce Garamond recomposé qui n’a rien à voir… Entre nous, notre police vaut très cher !

Quels sont les obstacles rencontrés pour être diffusé ?

Ils se sont réduits avec les ans. Pendant longtemps, j’ai été diffuseur et distributeur, partant avec mes valises chez les libraires, faisant les factures et les envois, le tout menacé par les mauvais payeurs. J’ai donc fini par prendre un diffuseur-distributeur, avec qui ça ne s’est pas très bien passé : dix ans de travail anéantis où j’ai perdu pratiquement tous les libraires avec qui je travaillais en confiance.

Je suis depuis aux P.U.F, dont je suis content ; le coût de distribution est important mais ils font un assez bon travail : disons que nous avons maintenant une visibilité en librairie, sans les problèmes des mauvais payeurs, d’expédition et d’ennuis avec la Poste ( non réception, livres abîmés, etc ). Cela me libère du temps pour me consacrer à la typo, à la vérification, à la mise en page…

Être sis à Saint-Etienne pose-t-il des problèmes, de contact par exemple ?

Non, aucun. Je vis à la campagne et travaille chez moi : pas de frais de local ou de représentation, et la technologie permet de communiquer avec le monde entier. Je monte à Paris tous les deux ou trois mois, pour présenter mes livres, rencontrer des auteurs, lesquels descendent aussi à la maison… En fait, je ne vois pas l’intérêt d’être sur Paris, ce que j’aurais en plus. Mais je vois ce que j’aurais en moins…

C’est que la province n’avait pas ces fameuses plates-formes de distribution en librairie, telle Sodis, chez lesquelles les éditeurs déposent leurs palettes pour une distribution en librairie pour éviter l’envoi par la Poste. Aujourd’hui, mon imprimeur leur remet nos palettes, et c’est réglé. Mais quand je diffusais et distribuais seul, c’était un gros problème car je ne pouvais faire payer le port au libraire, qui restait à ma charge et réduisait encore mes marges. En outre, comme certains libraires sont attentionnés (!), ils me commandaient un livre le lundi, le même le mercredi et un autre le vendredi, travaillant à flux tendus : facile quand on ne paie pas le port !!!

Comme Jacques Neyme est modeste, c’est à vous Jacques Fauconnet que nous laisserons le mot de fin pour nous dire ce que vous pensez de son travail .

Jacques NEYME : Alors attention, Jacques, il y a un cigare en jeu ! Si tu déconnes, plus de cigares !

Jacques FAUCONNET ( rires ) : Il est difficile de séparer l’amitié de l’admiration, d’autant qu’une forte amitié nous lie, avec une grande complicité. Mais je puis vous dire que je suis admiratif de deux choses : sa puissance de travail, et surtout sa rigueur et ténacité dans la ligne qu’il s’est choisi. Cela le caractérise, autant que sa mission d’accoucheur de bons textes, avec la sûreté dans le goût et le choix…

Jacques NEYME : Non, non : on me surnomme Oxymore parce que j’ai une ‘sûreté-fragile’…



* * *

[12]   Nos SPECIALITES > EDITION > Editeurs   
 
  JUUL Susanne - Directrice des Editions Gaïa (I)   Editeurs 
17 : 10.III.05
JUUL Susanne :
Directrice des Editions Gaïa (I)
 

Entretien. Fondées en 1992, les Editions Gaïa ont rapidement occupé une niche du paysage éditorial français. Spécialisées en littérature nordique avec un succès croissant, elles comptent d'excellents titres dans d'autres domaines et une incursion croissante dans le polar du nord. »»»

 
  BELLEMARE Gaston - Ecrits des Forges (Québec)   Editeurs 
5 : 01.VIII.04
BELLEMARE Gaston :
Ecrits des Forges (Québec)
 

Entretien du fondateur des éditions Ecrits des Forges ( un franc succès éditorial international ) et du Festival International de Poésie à Trois-Rivières au Québec. Gaston Bellemare détaille son activité et sa vision de l'édition en poésie. »»»

 
 
DEL RIO DONOSO Luis - Directeur des Editions La Porte DUBOST Louis - Lettre d'un Editeur de Poésie DEMARTIS David - Directeur des Editions du Murmure GAILLARD Roger - COSE-CALCRE : Comité des Auteurs en Lutte Contre le Racket de l'Edition ArtsLivres - Chroniquer sur ArtsLivres CHANDEIGNE Michel - Co-fondateur des Editions Chandeigne
 
 
[16]   MONDE SYNOPTIQUE > FRANCE > Edition   
 
  Rédaction ArtsLivres - Les Salons d’ArtsLivres  Salons 
34 : 01.VI.07
Rédaction ArtsLivres :
Les Salons d’ArtsLivres
 

‘On publie trop de livres’ dit Umberto Eco : la majorité, sans intérêt en effet, décourage le public qui, floué, se détourne de la lecture. Pire, les meilleurs titres passent inaperçus. ArtsLivres.com fut lancé pour identifier et défendre les titres de qualité, sur Internet et dans les salons. »»»

 
  GIMENO-PONS Vincent - Marché de la Poésie – Entretien N°2   Edition 
49 : 01.VI.13
GIMENO-PONS Vincent :
Marché de la Poésie – Entretien N°2
 

Entretien N°2. Huit ans après notre entretien de 2005 avec le commissaire du Marché de la Poésie ( officieusement le premier salon en France de l’édition indépendante tous genres confondus ), retour sur les 31 années de cet événements emblématique. »»»

 
 
GIMENO-PONS Vincent - Marché de la Poésie - Entretien N°1 DEL RIO DONOSO Luis - Directeur des Editions La Porte BRINCOURT André - Littératures d’Outre-Tombe DEMARTIS David - Directeur des Editions du Murmure AIMÉ Gérard - Directeur des Editions Alternatives CESSE Philippe - Comment gagner un Prix littéraire en 40 Leçons : le Manuel des Auteurs Juniors !
 
 
[10]   THEMATIQUES > MEDIA > Edition   
 
  CHANDEIGNE Michel - Co-fondateur des Editions Chandeigne   Editeurs 
30 : 09.XI.06
CHANDEIGNE Michel :
Co-fondateur des Editions Chandeigne
 

Entretien. Jadis biologiste puis traducteur ( Gallimard, La Différence, Bourgois, etc. ), Michel Chandeigne promeut la civilisation lusophone avec la Librairie Portugaise et ses éditions dont la Magellane, superbe collection, est le vaisseau amiral dédié aux relations de voyages historiques. »»»

 
  JUUL Susanne - Directrice des Editions Gaïa (I)   Editeurs 
17 : 10.III.05
JUUL Susanne :
Directrice des Editions Gaïa (I)
 

Entretien. Fondées en 1992, les Editions Gaïa ont rapidement occupé une niche du paysage éditorial français. Spécialisées en littérature nordique avec un succès croissant, elles comptent d'excellents titres dans d'autres domaines et une incursion croissante dans le polar du nord. »»»

 
 
GAILLARD Roger - COSE-CALCRE : Comité des Auteurs en Lutte Contre le Racket de l'Edition BELLEMARE Gaston - Ecrits des Forges (Québec) DEMARTIS David - Directeur des Editions du Murmure DEL RIO DONOSO Luis - Directeur des Editions La Porte OLIVIÉ Frantz - LAVIELLE Charles-Henri - Directeurs des Editions Anacharsis AIMÉ Gérard - Directeur des Editions Alternatives
 
 

     
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RENOU-NATIVEL Corinne - Jean Daniel, 50 ans de journalismeMETAILIE Anne-Marie - Directrice des Editions Métailié (I)
AIMÉ Gérard - Directeur des Editions AlternativesDEMARTIS David - Directeur des Editions du Murmure
 
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CESSE Philippe - Du roman comptant pour rien, ou le roman contemporain jetable ?OLIVIÉ Frantz - LAVIELLE Charles-Henri - Directeurs des Editions Anacharsis
Rédaction ArtsLivres - Les Salons d’ArtsLivresCHANDEIGNE Michel - Co-fondateur des Editions Chandeigne
DEMARTIS David - Directeur des Editions du MurmureDIONISI Dominique - 3e Salon de l'Autre Livre
 
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