I . De L'EST… à la RUEE VERS L'OUEST
Metropolis. Le premier robot de l'histoire du cinéma apparaît dès 1927, dans le magnifique film Metropolis de Fritz Lang. Pourtant, il faut rappeler que Fritz Lang lui-même avait peu d'estime pour ce film dont il jugeait invraisemblable le scénario, écrit par sa propre épouse, Thea Von Harbou. D'ailleurs, le film fut un échec commercial à sa sortie.
Malgré cela, ce robot humanoïde aux traits féminins marqua pleinement les consciences cinéphiliques et collectives, malgré les nombreuses coupures ultérieures qui amputèrent le film de près d'un quart de sa totalité initiale. Metropolis eut droit à une deuxième sortie dans les années 1980 avec une bande-son comportant des chansons pop des grandes stars de l'époque : Freddy Mercury, Laura Branigan, Cycle V.
Perte de sensation. Puis, en 1935, le film russe d'Alexandre Andrievski présente une bourgeoisie créant un peuple de travailleurs mécaniques pour lutter contre le prolétariat. Le thème du robot est plus largement traité que dans Metropolis. Perte de sensation s'inspire largement de la pièce R.U.R. de Karel Čapek, le grand écrivain tchèque qui inventa le terme de robot, du slave robota (robotat') signifiant travail-labeur ( travailler ). Ce thème des robots-travailleurs fut repris la même année d'ailleurs par l'Allemand Harry Piel dans son film Travailleurs sans âmes .
Au cours des années cinquante, le robot constitua la panacée des productions à petit budget ( série B ), voire à très petit budget ( série Z ), se réduisant le plus souvent à un assemblage de bric et de broc… Les amateurs pourront visionner les productions d'Ed Wood, que Johnny Depp incarna ultérieurement dans le film éponyme de ce réalisateur fou et génial…
Le plus célèbre robot de cette période fut Robby, le robot serviteur dans Planète Interdite (1956) de Fred Mac Leod Wilcox. Ce petit robot sympathique plut tellement au public qu'il passa du rôle de personnage secondaire à celui de personnage principal, en tant que compagnon d'un petit garçon dans Le cerveau infernal (1957) de Hermann Hoffman.
II . NOS ENNEMIS LES ROBOTS
En 1968 l'arrivée du sublime 2001, Odyssée de l'Espace du grand Stanley Kubrick changea la donne, et en particulier le regard que les Majors porteraient sur les robots qui depuis firent florès. Chaque nouveau robot évoluant de conserve avec notre société, et de manière de plus en plus sophistiquée avec les progrès en effets spéciaux… Le thème récurrent de la révolte des robots fut ensuite relayé par Michaël Crichton dans son film Mondwest (1973), et largement repris par d'autres ensuite…
Ci-contre, les deux astronautes ont du s'enfermer pour parler des mesures à prendre contre Hal, l'ordinateur de bord qui déroge progressivement à son programme. Peine perdue, Hal peut lire sur les lèvres…
 1973 : dans Mondweist , un robot cow-boy ( joué par Yul Brynner ), fabriqué par de riches millionnaires pour leur seul divertissement, s'engage dans des bagarres et duels dans un Ouest de carton-pâte, sans risques pour ses géniteurs. Mais il se rebelle contre ses créateurs, et les poursuit avec une hargne tout robotique, selon le modèle de RUR.
1980 : Saturn 3 de Stanley Donnen ; thriller de science-fiction, où un robot doté d'un immense cerveau devient délinquant et assassine tous les êtres humains de la base… 1982 : Blade Runner de Ridley Scott, basé sur le roman Do Androids Dream of Electric Sheeps (1968) de Philip K. Dick. Deckard ( joué par Harrison Ford ) est un policier ( alias Blade runner ) chargé de retrouver et arrêter six êtres artificiels ( les réplicants ), créés par la Tyrell Corporation et strictement interdits sur Terre. En fait, ceux-ci sont revenus pour prolonger leur durée de vie, qui n'est que de quatre ans.
Mais Deckard tombe amoureux d'une réplicant, Rachel ( jouée par Sean Young ) placée sous la garde personelle du Docteur Tyrell ( Joe Turkel ) tandis que le chef des réplicants, Roy Batty ( Rutger Hauer ) lui enseigne à devenir humaine…
1984 : Terminator de James Cameron ( saga continuée en 1991, 2002 et 2006 ).
 Dans les films ultérieurs, les robots assassins sont plus évolués et se passent des mécaniques et électronique du premier Terminator, admirablement incarné par Arnold Schwarzenegger, promu depuis 'Governator' de Californie. Ces robots de nouvelle génération n'ont de robot que le nom, puisqu'on ne décèle en eux aucune composante mécanique ou électronique : on nage en plein fantastique.
2004 : I, Robot d'Alex Proyas. Les avis sont partagés, le réalisateur s'étant inspiré du recueil d'Isaac Asimov mais en le dépouillant de sa réflexion sur ce que peut être un robot et sa part d'humanité. Le film reste un pur produit hollywoodien avec star à l'affiche, le sémillant Will Smith ( Spooner ), dans une débauche de scènes d'action et d'effets spéciaux à outrance. Mention spéciale cependant aux robots qui sont particulièrement réussis, mais très différents du froid Terminator. Le secret de Spooner est assez vite dévoilé ( il a un bras bionique ), ainsi que l'identité du mystérieux instigateur de la révolte des robots. Lire notre critique de I, Robot.
III . NOS AMIS LES ROBOTS : Compagnons & Justiciers
Hollywood aime aussi les robots sympathiques… Une sélection des plus connus.
1956 : le petit robot de Planète interdite de Fred Mac Leod Wilcox ; 1957 : le petit robot du Cerveau infernal de Hermann Hoffman ;
1973 : Le plus célèbre des robots télévisuel est sans nul doute l'Homme qui valait trois milliards ( The Six Million Dollar Man, d'après le roman Cyborg de Marin Caidin ). La série américaine compte 101 épisodes de 50 minutes, fut diffusée sur la chaîne ABC, et sur Antenne 2 en 1975. Le colonel Steve Austin ( joué par Lee Majors ) est un astronaute dont la capsule s'écrase après le décollage, le blessant grièvement. Certaines parties de son corps ( bras doit, jambes et œil gauche ) sont remplacées par des prothèses électroniques qui font de lui un surhomme. Il devient dès lors un super agent secret, au service du gouvernement américain sous la direction d'Oscar Goldman. La série eut un tel succès que ses producteurs décidèrent d'en lancer une deuxième, le pendant féminin : Super Jamie.
1976 : Super Jamie ( Bionic Woman ) fut diffusée sur ABC puis sur NBC de 976 à 1978. Jamie Sommers ( jouée par Linsay Wagner ) est une ancienne compagne de Steve Austin, championne de tennis mais qui se blesse gravement lors d'un saut en parachute. Steve demande alors à ce qu'elle bénéficie des mêmes prothèses bioniques que lui. Elle devient ainsi un deuxième super agent secret sous la direction du même Oscar Goldman. Il y eut aussi une troisième série avec un chien bionique… 
1976 : le petit robot sur roulettes dans Wonder Woman ;
1977 : C3PO et D2R2 de la saga Star Wars ( repris ensuite en 1980, 1983, 1999, 2002 et 2005) de Georges Lucas ; C3PO a une vague ressemblance à l'androïde de Metropolis.
 1987 : Robocop de Paul Verhoeven. Trois suites : 1990, 1993, 2000, ainsi qu'une série télévisée en 1994, et une série en dessin animée (1994).
2001 : A.I. de Steven Spielberg. Le film présente un enfant robot, obéissant aux mêmes trois lois de la robotique établies par Isaac Asimov. Et dans la même veine, l'enfant robot ressent les mêmes sentiments qu'un enfant humain : joie, amitié, affection, dépit, etc. D'autres robots apparaissent, dont celui incarné par Jude Law, qui fit une très grande recherche dans ses mouvements pour crédibiliser son personnage. |