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| Texte | Iconographie | Pertinence | Objet | Informatif/Intéressant
Pagination > 450 p.
Historicisant
Universitaire
Appareil critique
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Dessins / Croquis
Photos / Reproductions
Quadrichromie
Griffe originale
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Cohérence
Esprit / Génie
Pluridisciplinaire
Sujet original
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Légendaire amour que celui des hommes pour les automobiles : cet éloge plein d’humour envers les mythiques voitures françaises ( 2CV, 4CV, Dauphine, Simca ) se double d'un sens de l’autodérision et de griffes envers la bêtise. Avec une vingtaine de croquis de l’auteur. Une fois n’est coutume, il convient de commencer ce livre par la fin, par la postface du traducteur qui cerne le l’auteur ( 1924 – 1984 ) : parcours journalistique, talents artistiques et sens d’humour anticonformiste qui tança la bêtise tout azimuts… D’entrée, le ton est désopilant et d’un romantisme consommé : « j’ai eu une liaison qui a duré toute ma vie, une amante que ne m’a jamais trompé : ma voiture. Elle m’a mené d’aventure en aventure, a elle-même constitué une aventure, une poitrine bien chaude contre laquelle se blottir. Pour moi, elle a été la coquille de l’escargot, sans laquelle celui-ci ne va pas bien loin (p.13) ». Et le narrateur de préciser que cela doit avoir des explications psychanalytiques hélas bien au-dessus des capacités du légendaire Herr Doktor Freud, qu’il n’hésite pas à railler : « du rêve. Ce rêve viril que le bon docteur Freud n’a pas eu le temps d’analyser. Sa clientèle était essentiellement constituée de femmes dont le principal ennui était l’ennui. Il doit sa célébrité au fait d’avoir interprété leurs rêves et de les avoir distraites en herborisant dans leur âme. Il est vrai que cela peut consoler une femme de savoir pourquoi cela ne marche pas au lit avec son mari, que c’est parce qu’elle a vu, en rêve, son papa couvrir sa maman comme un étalon en rut – mais cela n’a guère d’importance pour la marche du monde (p.14) »…
Une Renault, sinon rien
Naturellement, il n’est pas question d’amours, sauf une romance ou un mariage à peine évoqué et résumé en une ligne. La passion est ici pour les voyages ( URSS, USA, Italie, Espagne, Irlande, France ) et les voitures populaires, et pas n’importe lesquelles. Ce Finlandais portait les françaises dans son cœur, et né en 1924, on comprend que le comparatif ait porté sur les deux grands modèles de l’après guerre : Coccinelle / 4CV ( Renault ) que cette dernière remporte haut la main : « peut importait qu’en hiver [la Coccinelle] fût à peu près aussi glaciale qu’un réfrigérateur, que sur route glissante elle eût la fâcheuse habitude de faire un tête-à-queue et de poursuivre son chemin en marche arrière jusqu’à ce qu’un obstacle l’arrête. Pas plus que le fait que le réservoir à essence fût placé presque dans les bras du conducteur qui, en cas de choc frontal, avait toutes les chances de mourir carbonisé. De toute façon, elle n’avait que deux portes et les passagers arrière étaient voués au même sort. En outre, le moteur faisait un bruit infernal. Malgré cela, rien ne pouvait ébranler la confiance dont jouissait la Volkswagen (p.65) ». Or « la petite Renault avait des avantages notoires sur la Volkswagen. Elle avait quatre portes – ses détracteurs prétendaient naturellement que cela rendait la carrosserie plus fragile. Le moteur était silencieux et refroidi à l’eau – ses ennemis disaient que cette eau gèlerait et ferait éclater le bloc moteur, malgré l’antigel. Le poids en était mieux réparti et elle n’était pas aussi prompte à partir l’arrière-train en avant. En outre, le réservoir à essence était placé de façon plus astucieuse, sous le siège arrière (p.66) »…
Comme le précise le traducteur, cet éloge à la France aurait dû assurer à l’auteur une certaine notoriété dans l’Hexagone. Mais ce roman ne fut traduit (2002) que vingt après sa parution en 1983, époque des grands humoristes comme Coluche et Le Luron qui auraient certainement vu d’un bon œil la verve de cet auteur qui pointait du doigt les inepties de ses contemporains. Exemple : « c’est ainsi que j’ai fait mon entrée dans la publicité. Mais ma seule contribution durable en tant que cerveau, dans ce domaine, en l’espace de dix ans, fut que je pus réaliser librement mes idées sans que de véritables professionnels de la publicité viennent les améliorer pour qu’elles ressemblent exactement à toutes les autres réclames du même genre. Ce qui était l’idée de leur métier (p.63) ». Et ce grand voyageur d’épingler l’étranger, toujours dans le registre automobilistique : « les Grecs ont gardé quelque chose de la façon de conduire des Turcs, même s’ils en ont été libérés bien avant l’apparition de la première voiture sur leurs routes (p.153) »…
Nicolas VAILLANT © 2004-2007 - Les Beaux Esprits Se Rencontrent (LBESR) : Archivé édition N°17 : 10.III.05 * * *
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