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[69] U.S.A. > [9] American heroes
[121] ARTS CINEMATOGRAPHIQUES > [29] Fiction
CHARRETON Xavier - Le Héros de Western
Le Héros de Western
Typologie du Héros Américain Type
par CHARRETON Xavier
 

Héros solitaires et emblématiques du Far West, cowboys et shérifs ont peuplé des décennies de Western et l'inconscient collectif de générations, aujourd'hui encore… Petits rappels sur la naissance d'une réalité devenue mythe cinématographique…

 

I . TYPOLOGIE : Cow-boys, Shérifs, Hors-la-Loi & Bandits
II . LE HEROS DE WESTERN : caractéristiques générales
III . LE HEROS DE WESTERN : Evolution
IV . LES FEMMES


 

Jusqu'en 1763, les Etats-Unis n'étaient que treize états situés à l'est des Appalaches. Les premiers pionniers franchirent cette frontière naturelle en longs convois de chariots pour gagner l'ouest du continent, sur des milliers de kilomètres. En 1848, la fièvre de l'or gagna après la découverte d'un filon d'or, et cela accéléra ce déplacement humain jusqu'à l'aube du XXe siècle.

Les colons apprirent à domestiquer ce territoire hostile, au prix de violences et d'un quasi génocide des Indiens. Ainsi, dans cette nation dont Tocqueville avait noté la primauté de la liberté sur l'égalité, la conquête allait de pair avec un risque accru, la violence étant le prix à payer pour la conserver. Comme dit Wayne Guard, « en l'espace de deux générations, les hommes qui colonisèrent cette terre d'Amérique vécurent un retour spontané à l'état primitif sauvage et à partir de là, posèrent les fondements d'une stabilité sociale, que le reste de l'univers avait mis plusieurs millénaires à mettre sur pied ».

Cela s'accompagna de la cristallisation d'une nouvelle civilisation qui se nourrit de ses propres légendes, dont presse et littérature se firent bientôt l'écho en en accentuant la dramaturgie. C'est dans cette logique que le cinéma américain s'empara ensuite de ces nouveaux mythes, dans un pays jeune et immense qui venait d'en être le théâtre. C'est ainsi que naquit ce genre cinématographique si typiquement américain et si reconnaissable : le western !


I . TYPOLOGIE : Cow-boys, Shérifs, Hors-la-Loi & Bandits

Contrairement au cliché, un homme de l'ouest n'est pas nécessairement un cow-boy. Ces garçons vachers assuraient le déplacement et la protection de vastes troupeaux, contre les attaques des Indiens, des hors la loi ou d'hommes de main de ranchers concurrents. Fines gâchettes, ces aventuriers solitaires dans l'âme aimaient les grands espaces et, comme Daran, préféraient « dormir dehors » à la quiétude relative d'une vie rangée. Le western popularisa leurs style de vie autant code vestimentaire. Aujourd'hui encore, à Cheyenne ( capitale du Wyoming ), Stetson, boots et jeans Wrangler sont encore de rigueur.

Les shérifs sont les héros naturels et privilégiés de ces fictions, exaltant à l'écran toutes les valeurs positives du héros. Ils luttent pour le bien, puis se retrouvent esseulés ou entourés ; alors émerge généralement quelque petit jeune qui n'a pas froid aux yeux. Ils ont toute autorité, et nourrissent sans complexe un sentiment de supériorité que magnifie leur badge épinglé au revers de la veste.

Les bandits sont les anti-héros types, attaquant trains et diligences, ou dévalisant les banques en ville. L'importance des mauvais, garçons au cinéma ne cessa jamais de croître jusque dans les années 1970, dans les opéras sanglants de Sam Peckimpah ( cf. La Horde Sauvage ), les films de Sergio Leone, où Le Bon, la Brute et le Truand sont trois icônes d'importance égale. Dans Il était une fois dans l'ouest (1968), les rôles de Henry Fonda ( le méchant ) et de Charles Bronson ( le gentil ) sont ainsi traités sur un pied d'égalité.

Les hors-la-Loi, tels Billy the Kid, fuyaient moins la justice que l'injustice. John Tunstall, qui l'avait employé comme cow-boy dans son ranch du Comté de Lincoln, le décrivit ainsi à ses parents : « ce garçon qu'on appelle Billy The Kid, est un compagnon extrêmement aimable, avide de s'instruire, gai, extraordinairement sociable et doué d'un sens aigu de la Justice […] Ses dons le destinent à des actions d'envergure. Son violon d'Ingres est la philosophie ; il parle sans cesse de socialisme et de capitalisme et porte toujours sur lui le petit livre d'un Anglais du nom de Karl Marx »…


II . LE HEROS DE WESTERN : caractéristiques générales

En réalité, les limites entre ces différents types de personnages étaient ténues. Certains passaient consécutivement, parfois simultanément ( Wyatt Earp ) d'un statut à un autre : « Dave Mather était l'un de ces personnages hauts en couleur qui se sentaient aussi bien du côté de la loi que de l'autre côté ». Pat Garret avait aussi été l'ami et le compagnon d'armes de Billy the Kid, avant de devenir shérif pour ensuite le traquer et débusquer dans ses repères qu'il connaissait bien : le premier abattit le second en pleine nuit…

Mais l'archétype du héros est la figure immuable d'un décor invariable, faisant du western un genre particulièrement codé, avec en tête son ascendance WASP ( white anglo-saxon protestant ). Ensuite, c'est un homme perdu dans l'immensité, dont le western restitue l'impression de solitude par de larges plans panoramiques : profondeur du champ et éloignement de l'horizon. En ces espaces vierges dont l'Histoire reste à écrire, ces héros s'affirment en hommes légitimant leur droit à la haine et à rendre justice eux-mêmes, une volonté incorruptible dans le respect de la morale et du droit. Leur colère est figée ainsi à l'écran par des plans serrés sur les visages, en particulier sur les yeux et la bouche. Ils parlent ensuite de manière très masculine, volontiers vulgaire, passant leur temps libre à avaler les whisky sec au saloon du coin.

Dans une interview accordé à François Forestier, John Sturges ( Règlement de Compte à O.K. Corral, Le Trésor du Pendu, Les Sept Mercenaires, Dernier train pour Gunhill) définissait le héros de Western par trois caractéristiques :
1. l'isolement : le héros doit être solitaire, le shérif n'a pas d'alliés, le cavalier est perdu dans le désert, etc. Le personnage principal est isolé, ne peut compter sur aucune aide, et affronte seul son destin ;
2. la violence : le héros y est toujours confronté, car pas de western sans coups de feu ;
3. la loi est en faillite, il y a nécessairement un moment où le héros fait justice.


III . LE HEROS DE WESTERN : Evolution

Le western connut son apogée entre 1939 et 1952, période où John Ford réalisa La Chevauchée fantastique, film qui signa un regain de créativité que le son avait sinistré en figeant les formes dans des carcans inextricables. Cette œuvre majeure permit au western de reprendre ses droits sur l'espace. Ainsi, le charismatique John Wayne, sobre et bourru, y interprète le héros Fordien type pour la première fois : solitaire et intègre, dur et incorruptible avec les hommes, mais timide et maladroit avec les femmes. La société américaine aimant le fétichisme, les armes portées par les héros devinrent bientôt des personnages à part entière : « il fallait qu'un jour l'intérêt se déplaça de l'individu à son outil de mort, afin de célébrer ses vertus mécaniques et au-delà, l'attrait exercé par lui sur les hommes », dixit Jean-Louis Rieupeyrout. En attestent le Winchester 73 d'Anthony Mann, le Colt 45 d'E.L. Parin ou encore The gun that won the West de W. Castle.

Le 'surwestern' apparaît dans les années 1950, avec quelque chose de plus que le western traditionnel, un côté supplémentaire : esthétique, sociologie, morale, psychologie, érotisme, etc. Ainsi, Le Train sifflera trois Fois parle aussi de la mentalité d'une ville. De cette manière renaît le western musical, où le héros s'illustre par des numéros vocaux. Gene Autry et Roy Rogers en furent les pionniers de ce sous-genre qui se développa dans les années 1930, pour pallier la faiblesse des scénarios. Une scène de Rio Bravo de Howard Hawks en est d'ailleurs la résurgence directe : Ricky Nelson et Dean Martin sont ainsi mis en scène dans ce numéro décalé, que certains amateurs tiennent pour un morceau d'anthologie. Dans le surwestern, le sentiment de supériorité du héros est progressivement altéré au profit du réalisme, lequel privilégie profondeur et psychologie. Moins égoïste, le héros intervient car on fait appel à son altruisme.

Le premier héros du 'western crépusculaire' est sans doute Le Gaucher (1958) d'Arthur Penn, un rebelle sans cause et incarnant la fureur de vivre des adolescents. Dès lors, codes et mythes ne cesseront plus d'être malmenés. Le héros du western crépusculaire est désenchanté : Pale Rider (1985) de Clint Eastwood fut un chef d'œuvre du genre. John Ford déconstruisit ces mêmes légendes de l'Ouest qu'il contribua à mythifier, car L'Homme qui tua Liberty Valence (1962) n'est pas celui que l'on croit.

Cette remise en cause du mythe donna à Sergio Leone l'occasion d'une relecture du genre. D'un point de vue formel, si le cadre spatial et temporel est respecté, la révolution italienne n'en est pas moins fondamentale : les personnages tapent d'abord et discutent après. Ce sont des gueules, sales, mal rasées, alcooliques, matérialistes et cyniques. Ces individus sans foi ni loi ne semblent motivés que Pour une Poignée de Dollars (1962) ou à la rigueur Pour quelques dollars de plus (1964)…

Le western devient aussi l'occasion de revisiter l'histoire de l'Amérique sur un ton désabusé comme Pat Garrett et Billy the Kid (1973) de Sam Peckinpah, ou de réhabiliter les « native Americans » comme dans Little Big man (1970) d'Arthur Penn. Pour mémoire, Le Massacre de fort Apache (1948) de John Ford fut le premier film où les Indiens n'apparaissent pas que comme des sauvages : Cochise en effet s'affirme par sa dignité et son courage. Mais cet homme de paix est trahi par des agents indiens, ou par des officiers méprisants et racistes. Dans Danse avec les Loups (1990), Kevin Costner introduisit des préoccupations écologiques et un éloge de la spiritualité indienne, dans un violent réquisitoire contre la civilisation responsable de leur génocide.


IV . LES FEMMES

Calamity Jane est la seule légende féminine capable de rivaliser avec les grandes pointures masculines du Far West. A part elle, les femmes ne sont que des figures fondues aux décors, souvent reléguée aux rôles de danseuses de cabarets, de putains, ou de belles mais naïves voyageuses prêtes à tomber dans les bras du héros, telle Feather ( Angie Dickinson ) qui dans Rio Bravo céda à l'irascibilité vieillissante du vieux shérif ( John Wayne ).

Dans les années 1990, il y eut quelques tentatives de féminiser le genre : dans Mort ou vif (1998) de Sam Raimi, Sharon Stone incarna une héroïne de l'ouest. Belles de l'Ouest (1994) contribua au retour de Drew Barrymore après une longue traversée du désert… Autrement, le western demeure un genre éminemment macho, à l'image sans doute de l'Histoire de la conquête de l'ouest américain…



* * *

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